•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Subvention à l'emploi : Ottawa n'exclut pas un droit de retrait pour le Québec

La première ministre Pauline Marois, à Québec, le 12 février
La Presse canadienne

Ottawa change de ton envers Québec au sujet de la Subvention canadienne à l'emploi. Après que le ministre des Finances du Canada, Jim Flaherty, eut signifié à la première ministre Pauline Marois qu'elle n'avait pas à dire à son gouvernement comment gérer son argent, le ministre de l'Emploi, Jason Kenney, dit maintenant que le fédéral est ouvert à la demande québécoise de se retirer du programme, avec compensation.

Mardi, en présentant son budget, le gouvernement fédéral a annoncé que la subvention pour la formation de la main-d'oeuvre serait en place le 1er avril, avec ou sans l'accord des provinces. Mme Marois s'est s'insurgée contre cette annonce, accusant le gouvernement Harper, comme son ministre des Finances, Nicolas Marceau l'avait fait la veille, d'agir « comme un vrai prédateur » à l'égard des compétences des provinces.

« Je suis outrée de ce qu'il y a dans le budget fédéral. Ils sont entêtés comme ce n'est pas possible, ils font payer le prix aux Québécois », a pesté la première ministre en point de presse, au lendemain du dépôt du budget.

Mme Marois a reproché au fédéral de dilapider des ressources pour des mesures de formation, alors que le Québec exerce déjà cette responsabilité et tient à conserver la gestion de ses programmes.

Mercredi, Jason Kenney a déclaré qu'il avait pris note de la préférence de Québec pour le droit de retrait. « Je n'ai pas exclu certaines possibilités », a-t-il dit lorsque les journalistes l'ont interrogé à ce sujet.

M. Kenney a admis que le programme de formation québécois était un bon modèle « près des résultats que nous voulons avec une participation des employeurs ».

Québec a un bon modèle.

Jason Kenney

Flaherty s'impatiente

Plus tôt dans la journée, informé de la réaction indignée de Mme Marois, le ministre Flaherty lui avait signifié sans trop de ménagement de se mêler de ce qui la regarde. « L'argent investi dans la formation de la main-d'œuvre, ce n'est pas de l'argent qui vient de l'impôt des provinces, c'est de l'argent qui vient de l'impôt fédéral. Ce n'est pas à un gouvernement provincial de dire comment dépenser l'argent qui vient de l'impôt fédéral », a répliqué sèchement le ministre.

Plus encore, le ministre a dit croire être en mesure de faire mieux que les provinces, y compris le Québec, pour former adéquatement la main-d'œuvre.

« Nous avons versé des milliards de dollars - pas des millions, des milliards - aux provinces pour qu'elles parviennent à former la main-d'œuvre pour les emplois. Certaines provinces ne nous rendent même pas de comptes, nous ne savons même pas ce qu'elles font avec l'argent. Alors on va faire mieux, on aura des résultats », a-t-il tranché.

Plus diplomate, Jason Kenney a précisé plus tard que cela signifiait qu'Ottawa pouvait « exprimer des préférences » puisqu'il verse les fonds.

Politique