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Le budget fédéral déçoit à Ottawa-Gatineau

Larry Rousseau, vice-président exécutif régional de l'AFPC.
Radio-Canada

Le plus important syndicat représentant les fonctionnaires fédéraux accuse le gouvernement conservateur de réduire son déficit en puisant dans les poches des retraités de l'État.

Selon le budget 2014, publié mardi, les fonctionnaires fédéraux à la retraite devront payer deux fois plus pour leurs cotisations au Régime de soins de santé de la fonction publique (RSSFP).

L'Alliance de la fonction publique du Canada (AFPC) qualifie cette mesure de « lamentable ».

On est en train d'aller chercher dans les poches des gens qui sont souvent les plus démunis, qui ont besoin d'aide de notre gouvernement, pour aller chercher des contributions encore plus élevées. Ça, c'est absolument inacceptable.

Larry Rousseau, vice-président exécutif régional de l'AFPC

L'AFPC déplore aussi le fait que le ministre des Finances n'ait pas écouté la population canadienne qui, selon elle, souhaite obtenir plus de services, après des années de compressions.

« Est-ce que c'est ça qu'on veut, une société où l'économie et les comptables vont avoir [...] le mot final sur la qualité de vie des Canadiens? [...] On aurait pu chercher d'autres revenus, par exemple, de la part des grosses compagnies qui ont fait 100 milliards de profit en 2012. »

L'Association nationale des retraités fédéraux (ANRF) renchérit, soulignant que les retraités fédéraux ne peuvent pas tous compter sur des revenus généreux.

« La moyenne de pension au fédéral est de 27 000 $, en général, pour les hommes et de 21 000 $ pour les femmes. Alors, peu importe le montant, que ce soit 10 $ par mois, 15 $, 20 $, tout ce qui est prélevé automatiquement sur le chèque de pension a un impact évidemment direct », soutient le directeur national, Gérald Denis.

Pour la députée néo-démocrate de Gatineau, Françoise Boivin, il s'agit d'une très mauvaise nouvelle pour la région de la capitale nationale.

C'est une entente conclue avec des gens, qui sont maintenant dans une autre situation, qui n'ont plus le même rapport de force [...] et tu leur dis: "Ça va te coûter plus cher pour avoir tel service."

Françoise Boivin, députée néo-démocrate de Gatineau

« Les fonctionnaires vont encore faire les frais, pas au niveau de leur poste cette fois-ci [...] mais au niveau de leurs conditions de travail. Et encore pire, d'après moi, avec les conditions de travail de nos retraités de la fonction publique fédérale », soutient la députée Boivin.

Ottawa et Gatineau insatisfaites

Les maires d'Ottawa et de Gatineau sont également déçus du peu de mesures prévu dans le budget pour les infrastructures municipales.

Le maire d'Ottawa, Jim Watson (à g.) et son homologue de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin (archives).Le maire d'Ottawa, Jim Watson (à g.) et son homologue de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin.

Jim Watson affirme toutefois qu'il sera le premier en ligne pour demander de l'argent du plan Chantiers Canada, annoncé dans le budget de 2013.

La somme de 53 milliards de dollars sera disponible dès avril prochain pour financer des projets d'infrastructures publiques.

Le maire Watson ne met pas non plus de côté le plan d'assainissement de la rivière des Outaouais.

Il espère obtenir les sommes nécessaires d'ici l'automne, soit 65 millions de dollars de la province et du fédéral, afin lancer les appels d'offres. Les travaux pourraient ainsi commencer l'année prochaine.

De son côté, le maire de Gatineau Maxime Pedneaud-Jobin, juge le budget décevant pour les Municipalités, puisque rien de plus n'a été annoncé pour les infrastructures et le logement social.

« Les Villes continuent de percevoir 8 % des taxes et impôts, mais d'être obligées d'entretenir 58 % des infrastructures publiques. C'est pour ça qu'on n'y arrive pas. [...] On a un rattrapage à faire », a-t-il lancé.

Par ailleurs, le Front d'action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU) est outré que le budget fédéral n'ait pas annoncé la prolongation immédiate des subventions qu'Ottawa verse depuis des décennies à 586 000 logements sociaux existants au Canada, dont 126 000 au Québec.

« Le ministre Flaherty vient carrément de laisser tomber 14 000 logements sociaux qui seront privés, dès 2014, de ce financement permettant d'offrir des logements à bas loyer à des locataires à très faible revenu », a déclaré le coordonnateur du FRAPRU, François Saillant.

Ottawa-Gatineau

Politique fédérale