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De grandes ambitions, mais peu d’argent pour l’emploi

Des travailleurs de la construction à Montréal.

Des travailleurs de la construction à Montréal.

Photo : La Presse canadienne / Ryan Remiorz

Radio-Canada

Le gouvernement Harper promettait un budget axé sur l'emploi et les opportunités. Or, il semble que la prudence l'ait emporté encore cette année dans cet exercice budgétaire, où l'investissement et la création d'emplois sont très souvent évoqués, mais bien peu financés.

Un texte de Stéphane BordeleauTwitterCourriel

Dans les documents budgétaires déposés mardi par le ministre des Finances, Jim Flaherty, le mot « emploi » se retrouve partout, de la couverture à la dernière page.

Trop d'emplois vacants

Soulignant avec fierté que l'emploi a crû de 9,8 % au Canada depuis 2006, soit la meilleure performance des pays du G7, le ministre déplore toutefois qu'un grand nombre de Canadiens n'aient pas de travail alors que des milliers de postes demeurent vacants au pays, faute de travailleurs qualifiés.

« Il y a actuellement trop d'emplois sans travailleurs et trop de travailleurs sans emploi », n'a pas manqué de rappeler le ministre des Transports, Denis Lebel, en conférence de presse.

Or, pour pourvoir tous ces postes vacants, le gouvernement Harper investira cette année 66 millions de dollars de plus dans les programmes de formation de la main-d'œuvre.

Quarante-trois millions de dollars seront consacrés au renforcement du marché du travail. Sept millions supplémentaires serviront à s'assurer que la formation des travailleurs corresponde mieux aux besoins du marché du travail.

Ce qui représente un investissement total de 116 millions de dollars dans la formation de la main-d'œuvre.

Une somme plutôt modeste compte tenu des ambitions en matière d'emploi exprimées par le gouvernement Harper dans ce budget.

Commerce extérieur et innovation

À ces 116 millions s'ajoutent 624 millions de dollars de mesures destinées à stimuler les échanges commerciaux (195 M$) et 423 millions de dollars pour développer la recherche de pointe et l'innovation dans les entreprises, deux secteurs générateurs d'emplois au pays.

Ce qui constitue un total de 740 millions d'investissements directs pour stimuler l'emploi et le marché du travail.

En tenant compte de toutes les mesures budgétaires qu'il estime susceptibles de créer de l'emploi et de favoriser la croissance, c'est environ 1,4 milliard de dollars que le gouvernement Harper consacrera cette année au principal objectif de son budget.

Combien d'emplois espère créer le gouvernement par ces mesures? Le ministre des Transports, Denis Lebel, est plutôt évasif. « Le chiffre formel est difficile à fournir. La réponse facile c'est : le plus possible », a lancé M. Lebel aux journalistes.

Une chose est certaine, les sommes engagées en 2014 sont plutôt modestes surtout lorsqu'on tient compte de la progression plutôt timide de l'emploi au Canada en 2013.

Au cours des 12 derniers mois, il s'est créé 146 000 emplois au Canada, soit une augmentation 0,8 % alors que le taux de chômage, lui, est demeuré pratiquement inchangé (7 %) par rapport aux données de janvier 2013. Au cours de la dernière année, la création d'emplois est demeurée juste assez soutenue pour suivre la croissance de la population active.

En dépit du bilan économique enviable qu'affiche le gouvernement conservateur dans les médias, les chiffres, implacables, nous rappellent qu'il y a encore du pain sur la planche en matière d'emploi au pays.

Toujours pas d'entente avec les provinces

Qui plus est, le gouvernement conservateur ne s'est toujours pas entendu avec les provinces sur l'importante refonte de la formation de la main-d'œuvre qu'il a annoncée l'an dernier.

Lors du dépôt du budget 2013, le gouvernement a annoncé qu'il allait assujettir à de nouvelles conditions les millions qu'il transfère chaque année aux provinces pour financer la formation de la main-d'œuvre.

Ottawa prévoit en effet instaurer une nouvelle formule où le fédéral, les provinces et les employeurs partageraient à trois les coûts de formation des travailleurs. Le fédéral entend aussi ajuster son financement des programmes en fonction du marché du travail.

Jusqu'ici, aucune des provinces ne s'est entendue avec le fédéral sur la question. Les provinces et territoires, sauf le Québec, ont cependant déposé une contre-proposition à Ottawa la semaine dernière.

Budget fédéral 2014. Notre dossier

Économie