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Un caucus du PQ teinté de rumeurs d'élections

Le ministre Bernard Drainville questionné par les journalistes.

Radio-Canada

C'est dans une atmosphère que d'aucuns qualifient de préélectorale que se déroule le caucus du Parti québécois, à Shawinigan, mercredi. La rumeur va bon train concernant un déclenchement d'élections imminent, d'autant plus que la première ministre Pauline Marois et ses troupes ont, en ce moment, la faveur des sondages.

Cette rumeur d'élections ce printemps, les députés péquistes ont mollement tenté de l'affaiblir. À l'entrée du caucus, Bernard Drainville, pressé de questions par les journalistes au sujet de ce possible scrutin, a déclaré qu'il n'avait pas de contrôle là-dessus. « J'ai un travail à faire : faire adopter la charte », dit-il.

Le vice-premier ministre du Québec, François Gendron, qui disait à l'automne dernier que ce n'était pas un bon moment pour déclencher des élections, tient aujourd'hui un discours un peu différent.

Moi, je pense qu'un gouvernement minoritaire doit toujours être prêt pour cette réalité-là, parce qu'on ne sait pas à quel moment les deux autres formations politiques pourraient déposer une motion de confiance. Donc, c'est légitime, à ce moment-ci, d'être prêt.

Le vice-premier ministre François Gendron, au sujet de la pertinence de déclencher, dans un avenir rapproché, des élections

Un budget en mars?

Plutôt que de confirmer les rumeurs d'élection, les élus péquistes ont plutôt mis l'accent sur le prochain budget, qu'ils disent sans ambages être en train d'établir. Car, dans les coulisses de l'Assemblée nationale, il est envisagé qu'un budget soit déposé avant le déclenchement des élections. Cette perspective permettrait à Pauline Marois de partir ensuite en campagne électorale en se basant sur le cadre financier du budget.

« Mme Marois a annoncé qu'on prépare un budget; on le prépare, c'est ça qui est important », a déclaré Stéphane Bédard, président du Conseil du trésor et député de Chicoutimi.

Un budget pour lequel l'enjeu consiste à maintenir le déficit de la province à ce qui avait été annoncé par le ministre des Finances, Nicolas Marceau, en novembre, soit 2,5 milliards de dollars.

Mercredi, la possibilité que ce déficit s'avère plus élevé a plané, ce qui a fait pousser les hauts cris à l'opposition, notamment les libéraux.

« Il y a une perte de contrôle des dépenses », a dénoncé Jean-Marc Fournier, whip en chef de l'opposition officielle et député de Saint-Laurent.

M. Fournier a accusé de surcroît le gouvernement Marois d'utiliser de « faux prétextes » et de faire preuve de « pseudo véracité », notamment en ce qui a trait à la croissance des dépenses de la province.

Du côté de la Coalition avenir Québec (CAQ), le député de Nicolet-Bécancour, Donald Martel, a déclaré qu'il n'avait jamais vu « un gouvernement se comporter de cette façon-là avec les fonds publics ». Pour sa part, le député de Lévis, Christian Dubé, s'est dit « dépassé par la situation », s'insurgeant du fait que les prévisions relatives au déficit ne cessent d'être revues à la hausse. Et, dans cette ère d'austérité, dit Christian Dubé, comment se fait-il que « Pauline Marois arrive en hélicoptère [au caucus du PQ] et distribue les cadeaux? »

Lesdits « cadeaux » étant ces investissements que le gouvernement Marois a annoncés, l'automne dernier (Nouvelle fenêtre), d'abord, puis dans les récentes semaines.

Mardi, Pauline Marois s'était défendue, en termes voilés, de tout mettre en branle pour déclencher des élections bientôt.

Relativement aux dizaines d'annonces d'investissements et à d'autres faites par son gouvernement ces derniers temps, Mme Marois a déclaré qu'il s'agissait de projets qui étaient depuis longtemps dans les cartons du gouvernement.

La première ministre, Pauline Marois, et le député de Laval-des-Rapides, Léo Bureau-BlouinAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La première ministre, Pauline Marois, et le député de Laval-des-Rapides, Léo Bureau-Blouin

La première ministre a cité en exemple le livre blanc sur la jeunesse, rendu public mardi. « En mai 2013, c'est un mandat que j'avais confié à Léo Bureau-Blouin », a dit Pauline Marois.

Au caucus, comme autres sujets de discussion, les députés péquistes doivent débattre :

  • de l'arrivée du chef du Parti libéral du Québec, Philippe Couillard, à l'Assemblée nationale le 11 février;
  • des rencontres prébudgétaires orchestrées par le ministre Marceau dans le but d' élaborer son budget;
  • de la charte des valeurs, à propos de laquelle le ministre Bernard Drainville fera le point.

En soirée, la première ministre doit participer à un rassemblement militant au Musée québécois de culture populaire de Trois-Rivières.

Réactions défavorables de Québec solidaire

De l'avis de la députée de Québec solidaire Françoise David, tout indique que le gouvernement péquiste se dirige vers un scrutin. Mme David rappelle qu'une loi pour des élections à date fixe a été adoptée par le gouvernement qui « mène une opération planifiée, afin de provoquer des élections en cours de mandat », dit-elle.

Québec solidaire tient son caucus, jeudi, à l'Assemblée nationale. Mardi, Québec solidaire avait dénoncé la multiplication des annonces d'investissement par le PQ. Une façon de faire qu'Amir Khadir, député de Québec solidaire dans Mercier, qualifie « d'électoralisme de bas étage ».

Avec les informations de Sébastien Bovet

Politique