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L'ONU demande au Vatican d'agir contre ses membres pédophiles

Le pape François

Le pape François

Photo : AFP / ALBERTO PIZZOLI

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2014 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Les Nations unies, dans un rapport très sévère publié mercredi, demandent au Vatican le « renvoi immédiat » de tous les ecclésiastiques coupables ou soupçonnés d'actes pédophiles et leur remise aux autorités judiciaires.

Actuellement, le Vatican ne respecte pas la Convention sur les droits de l'enfant dans les affaires de sévices sexuels impliquant des prêtres, a déclaré mercredi la présidente du Comité des droits de l'enfant pour les Nations unies, Kristen Sandberg.

« Il y a une violation de la Convention jusqu'à maintenant parce qu'ils n'ont pas fait tout ce qu'ils auraient dû », a déclaré Mme Sandberg aux journalistes qui lui demandaient de préciser sa pensée.

La Convention internationale des droits de l'enfant (CIDE), dont le Vatican est signataire, a été adoptée aux Nations unies en novembre 1989. Le traité, juridiquement contraignant, oblige ses signataires à respecter et à faire respecter tous les droits des enfants inscrits dans la convention.

Dans son rapport, le Comité des droits de l'enfant (CRC) exhorte le Vatican à relever de ses fonctions toute personne suspectée d'agressions sexuelles au sein de son Église et d'envoyer tous ces cas devant la justice.

Le comité de l'ONU se dit également très préoccupé par le fait que l'Église catholique n'ait pas reconnu par le passé l'ampleur du problème dans ses rangs.

On reproche également au Saint-Siège de ne pas avoir pris les mesures nécessaires pour protéger les enfants qui étaient victimes de prêtres pédophiles et, plus encore, de ne pas avoir changé des politiques et pratiques qui permettaient l'impunité des agresseurs.

C'est pourquoi le comité réclame que le Vatican rende publiques ses archives sur les cas de sévices sexuels dans ses rangs afin que « ceux qui ont caché leurs crimes » soient appelés à rendre des comptes.

Selon le CRC, le Vatican n'a toujours pas pris de mesures concrètes pour endiguer et prévenir ce type d'agressions contre des enfants. L'Église chercherait davantage, selon le CRC, à protéger sa réputation au détriment des victimes.

Le Comité est gravement préoccupé de voir que le Saint-Siège n'a pas reconnu l'étendue des crimes commis, n'a pas pris les mesures nécessaires pour faire face à ces affaires de pédophilie et pour protéger les enfants et a adopté des politiques qui ont entraîné la poursuite de ces abus et l'impunité pour leurs auteurs.

Extrait du rapport du Comité des droits de l'enfant pour les Nations unies

Ce rapport du CRC a été rédigé à la suite de l'examen par 18 experts indépendants des droits de l'homme, en présence de représentants du Vatican, des positions de l'Église catholique sur les questions de pédophilie et de sévices sexuels contre des enfants.

Le Vatican accuse l'ONU de déformer les faits

Le Vatican a accusé mercredi l'ONU de « déformer » les faits dans un rapport publié à Genève. « On dirait quasiment que le rapport (du Comité du droit de l'enfant à l'ONU) était préparé à l'avance, avant la rencontre avec la délégation du Saint-Siège », s'est insurgé Mgr Silvano Tomasi, observateur près de l'ONU à Genève, dans une interview à Radio Vatican.

« Le document (de l'ONU) ne semble pas à jour », selon le prélat, qui a rappelé les mesures prises par l'Église catholique contre ces abus. « C'est une question de faits, d'évidence, qui ne peuvent pas être déformés! », ajoute-t-il.

Un peu plus tôt, le Saint-Siège a publié un communiqué dans lequel il disait « prendre acte » des critiques et des demandes formulées à son égard dans le document de l'ONU.

L'Église assure du même souffle qu'elle examinera « avec attention » les conclusions du rapport du CRC, sans en dire plus.

Le Saint-Siège prévient toutefois l'ONU contre toute tentative d'ingérence « dans l'enseignement de l'Église sur la dignité de la personne et l'exercice de la liberté religieuse ».

Cet avertissement porte notamment sur les critiques qu'adresse le CRC sur les positions traditionnelles du Saint-Siège contre l'avortement et la contraception.

Le Saint-Siège réitère son engagement dans la défense et la protection des droits de l'enfant, en accord avec les principes promus par la Convention sur les droits de l'enfant et en vertu des valeurs morales et religieuses offertes par la doctrine catholique.

Extrait du communiqué du Vatican
Avec les informations de Reuters, et Agence France-Presse

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