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« Je ne connais que deux villes au monde : Jacmel et Amos »

Ulrich Chérubin, maire d'Amos, avec sa famille
Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2014 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Je suis arrivé à Amos en juillet 1973 avec une femme à mes côtés et un enfant de cinq mois dans les bras. Je ne connaissais personne et la communauté haïtienne n'était pas nombreuse. On était à peine cinq.

Un texte d'Ulrick Chérubin

Par le passé, dans les années 1967 me dit-on, il y avait quelques professeurs qui étaient venus enseigner, mais qui sont tous repartis laissant de très bons souvenirs, et on me parle encore de certains d'entre eux.

En 1973, on était cinq, comme je l'ai dit, mais ils ne sont pas restés longtemps. Moi aussi, je devais rester deux ans, mais j'y suis encore, car nous avons trouvé une population accueillante, hospitalière, avec qui nous avons tissé des liens d'amitié très forts.

Nous avons décidé de nous y établir définitivement. Un deuxième enfant est né.

En 1977, nous avons acheté notre première maison et, petit à petit, nous prenons racine et nous élargissons notre réseau de contacts et d'amis.

Ma femme, après un recyclage en sciences infirmières, commence à travailler à l'hôpital Hôtel-Dieu d'Amos pendant que j'enseigne la catéchèse à l'école St-Viateur et à l'école secondaire La Calypso de la Commission scolaire Harricana.

Quant aux enfants, ils grandissent en sagesse et en âge. Le plus vieux, son secondaire V terminé, a pris le chemin de Montréal pour commencer son cégep à Brébeuf. Mon deuxième, après son secondaire, a préféré rester à Amos pour ses cours collégiaux, mais après son cégep, c'est à Trois-Rivières qu'il va commencer son université.

Les deux enfants partis de la maison et ma femme travaillant le soir de 16 h à minuit, j'étais pas mal tout seul à la maison à regarder la télévision et à lire.

C'est à ce moment que l'idée de faire de la politique municipale m'est venue. J'en ai parlé à ma femme, qui m'a donné sa bénédiction. J'ai consulté quelques amis, qui ont trouvé l'idée intéressante et m'ont accordé leur appui.

Je me suis présenté en novembre 1994 à un poste de conseiller et j'ai été élu avec une majorité de 500 voix.

Comme conseiller municipal, le maire m'a confié le dossier des groupes socio-communautaires. Je me suis impliqué dans toutes les activités communautaires et sociales, ce qui m'a permis de rencontrer un nombre impressionnant de gens et de groupes et de faire avancer certains projets structurants pour la ville.

Aux élections de 2002, j'ai décidé de briguer les suffrages à la mairie, où j'ai été élu avec une faible majorité de 52 voix. Un recomptage judiciaire a eu lieu, et j'ai été confirmé maire de la ville d'Amos avec une majorité de 50 voix. C'est avec force et détermination que j'ai amorcé mon mandat avec pour objectif de faire autrement et d'apporter les changements que j'avais mis de l'avant pendant la campagne électorale. Le temps passe vite. Je suis encore maire de cette belle ville.

En ce Mois de l'histoire des Noirs, je peux vous dire que je ne regrette pas d'avoir choisi Amos pour réaliser ma vie, car entre Amos et moi, c'est une histoire d'amour, ce qui me porte à dire que je ne connais que deux villes au monde, Jacmel et Amos, pour parodier un éminent Jacmélien, le professeur Jean Claude.

Je souhaite à tous un excellent Mois des Noirs.

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