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Un lien entre l'exposition au DDT et l'apparition de l'alzheimer?

Radio-Canada

L'exposition à l'insecticide DDT, interdit au Canada depuis 1972, augmenterait le risque de développer la maladie d'Alzheimer, montre une étude américaine.

Le dichlorodiphényltrichloréthane, également interdit dans la plupart des pays, est capable de subsister longtemps dans l'environnement et dans l'organisme humain.
Le Dr Allan Levey et ses collègues du Centre de recherche sur la maladie d'Alzheimer à l'Université Emory ont constaté que la teneur de DDE (l'un des composants actifs du DDT) était près de quatre fois plus élevée dans le sang des personnes atteintes d'Alzheimer que dans celui des personnes saines du groupe témoin.

Les auteurs de ces travaux publiés dans la revue Neurology ont étudié des dossiers médicaux de 86 patients de plus de 60 ans avec l'alzheimer et 79 personnes en bonne santé.

C'est l'une des premières études à établir un lien entre un risque environnemental et l'alzheimer. [...] L'ampleur de l'effet du DDT est importante, comparable au facteur génétique le plus courant prédisposant à la maladie d'Alzheimer.

Dr Allan Levey

 La recherche montre également que les participants porteurs de cette mutation ayant également des niveaux sanguins élevés de DDE avaient des symptômes encore plus prononcés d'alzheimer.

Selon le Pr Jason Richardson de l'Université Rutgers, qui a participé à l'étude, le DDE pourrait directement contribuer à la formation de plaques de bêta amyloïdes.

Les chercheurs ont aussi découvert un mécanisme potentiel par lequel le DDE agit sur les cellules cérébrales pour induire cette dégénérescence.

Les niveaux de DDT et de DDE ont fortement diminué en Amérique du Nord depuis 30 ans, mais le pesticide est encore détecté dans 75 % à 80 % des échantillons de sang collectés dans la population.

Les Canadiens sont encore exposés au DDT parce qu'ils consomment des fruits, des légumes et des céréales importés de pays qui utilisent encore cet insecticide, mais aussi parce qu'il persiste longtemps dans l'environnement.

Le DDT peut rester dans l'organisme de huit à dix ans et le DDE, son métabolite, s'accumule dans les tissus alors que les personnes vieillissent. Cela pourrait aider à expliquer le fait que l'âge est le plus grand facteur de risque d'Alzheimer.

Un lien, mais pas une cause

Les niveaux de DDE ne sont pas le seul facteur déterminant pour expliquer à eux seuls l'alzheimer, affirment les auteurs. Dans certains échantillons sanguins de personnes atteintes d'alzheimer, le DDE n'était pas détectable tandis que des participants sains avaient des teneurs assez élevées du pesticide.

Selon eux, les facteurs génétiques combinés à une exposition à cet insecticide pourraient cependant contribuer à déclencher la maladie.

D'autres travaux doivent maintenant être réalisés sur un grand nombre de sujets pour confirmer les résultats.

Le saviez-vous?

Dans les années 1940, le DDT a été homologué pour la première fois comme pesticide en vertu de la Loi sur les produits antiparasitaires (LPA). S'il n'a jamais été fabriqué au Canada, il a été largement utilisé dans les produits antiparasitaires et pesticides dans les années 1960. Au début des années 70, plus d'un milliard de kilogrammes de DDT avaient été disséminés dans l'environnement.

Science