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Quatre ex-hauts gradés de la SQ accusés de fraude

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Jean Audette, Steven Chabot et Richard Deschênes

Jean Audette, Steven Chabot et Richard Deschênes

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2014 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Quatre anciens hauts gradés de la Sûreté du Québec (SQ) seront formellement accusés de fraude. Le Directeur des poursuites pénales et criminelles devrait rendre les accusations publiques au cours de la journée.

Les quatre policiers retraités sont Richard Deschenes, l'ancien directeur général de la SQ, Jean Audette, Steven Chabot et Alfred Tremblay.

Ils auraient utilisé une caisse secrète, un fonds entre autres destiné aux enquêtes criminelles, pour payer des indemnités de départ.

Or, l'argent de cette caisse de 26 millions de dollars doit servir aux enquêtes policières. Il peut par exemple être utilisé pour payer des informateurs et d'autres éléments liés aux enquêtes criminelles.

Lors des premières révélations sur cette enquête, le ministre de la Sécurité publique du Québec, Stéphane Bergeron, avait expliqué qu'aucune indemnité de départ ne pouvait être versée à un membre de la SQ, et que le fonds secret devait servir exclusivement à financer des opérations policières.

Qui sont-ils?

Richard Deschenes : directeur général de la SQ de 2008 à 2012; relevé de ses fonctions dès que Mario Laprise a alerté le ministre Bergeron des allégations qui pesaient contre lui

Steven Chabot : directeur adjoint aux enquêtes criminelles jusqu'au moment de sa retraite en 2010

Jean Audette : directeur adjoint aux enquêtes criminelles de 2010 à 2012; a remplacé Steven Chabot à sa retraite; relevé de ses fonctions dès que Mario Laprise a alerté le ministre Bergeron des allégations qui pesaient contre lui

Alfred Tremblay : première mention publique de son nom dans cette affaire

Réponse de Steven Chabot

Un avocat, Me Jean-Claude Hébert, a confirmé à Radio-Canada que son client, Steven Chabot, a bel et bien été accusé de fraude, de vol de plus de 5000 $ et d'abus de confiance.

Steven Chabot crie haut et fort que cette histoire est fausse, que tout ce qui a été écrit dans les médias sur cette affaire est également faux.

M. Chabot a répliqué en lançant une poursuite de 1,5 million de dollars contre l'actuel directeur général de la SQ, Mario Laprise. M. Chabot soutient que les informations révélées aux médias ont détruit sa vie.

Après l'élection du PQ

L'enquête sur ces anciens hauts gradés a été lancée au lendemain d'un changement de garde à la tête de la police provinciale. Ce changement a été provoqué par l'arrivée au pouvoir du Parti québécois, en septembre 2012.

Lors du remplacement de Richard Deschenes, le Parti québécois s'était défendu de le désavouer ou d'avoir procédé à une nomination partisane. Il avait été nommé par les libéraux en 2008 pour un mandat de cinq ans.

C'est le nouveau directeur général de la SQ, Mario Laprise, qui avait ordonné une enquête spéciale. On soupçonnait trois des quatre ex-policiers d'avoir utilisé la caisse en question pour des raisons non justifiées.

Le ministre de la Sécurité publique avait alors mis sur pied une équipe d'enquêteurs civils, assermentés à titre de constables spéciaux. Cette équipe était composée d'anciens enquêteurs aguerris et d'un procureur spécial.

« Considérant la nature des allégations, l'identité des personnes concernées ainsi que pour assurer la transparence du processus, il a été convenu que l'enquête ne pouvait pas être confiée à un corps de police », avait dit le ministre Stéphane Bergeron à l'époque.

L'indépendance de cette enquête avait toutefois été remise en question lorsqu'on a découvert qu'un des amis de Mario Laprise, un de ses partenaires d'affaires, était un des enquêteurs qui travaillaient au dossier.

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