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Des questions pour Michel Arsenault

Michel Arsenault
Michel Arsenault Photo: La Presse canadienne / JACQUES BOISSINOT
Radio-Canada

L'ex-président de la FTQ et ex-président du Fonds de solidarité FTQ Michel Arsenault, qui entame son témoignage devant la commission Charbonneau, devra notamment s'expliquer sur ses relations avec la chef du Parti québécois, Pauline Marois, et sur l'existence d'une présumée entente conclue avec le mari de la première ministre. 

Dans un enregistrement effectué au printemps 2009 par la police et diffusé à la commission Charbonneau la semaine dernière,  Michel Arsenault, a dit vouloir discuter avec Mme Marois, tout en parlant d'un « deal » passé avec son mari, Claude Blanchet, qui a dirigé le Fonds de solidarité FTQ de 1983 à 1997.

« S'ils veulent faire une enquête sur les syndicats, va falloir que tous les deux on s'assoie, pis parler à nos amis du PQ », a lancé Jean Lavallée, ex-président de la FTQ-Construction, au président de la FTQ Michel Arsenault dans la conversation enregistrée le 20 avril 2009.

« Faut pas que le PQ embarque dans ça à cause que s'ils embarquent dans ça, ils vont se faire ramasser eux aussi », a ajouté M. Lavallée, à qui M. Arsenault répliqué : « Ben, ils sont mal pris en ostie, parce qu'on a un deal avec Blanchet ». Jean Lavallée a confirmé qu'il s'agit de Claude Blanchet, ex-PDG du Fonds et époux de Pauline Marois, alors chef de l'opposition péquiste.

La diffusion de ces échanges entre MM. Arsenault et Lavallé a suscité de vives réactions de l'opposition à Québec, et la première ministre Pauline Marois a dû réagir pour nier l'existence de tout « deal » avec la FTQ.  Le Fonds a démenti par communiqué avoir offert un traitement particulier à Claude Blanchet.

Michel Arsenault a également été sur la sellette en novembre dernier après que Radio-Canada eut révélé qu'il avait participé à des rencontres privées avec la chef du Parti québécois, Pauline Marois à l'époque où elle était chef de l'opposition, et que le Fonds de solidarité de la FTQ investissait dans Capital BLF, l'entreprise que dirigeait alors M. Blanchet. 

Une de ces rencontres a eu lieu alors que Michel Arsenault faisait l'objet d'une filature policière.

Un pot- de-vin de 300 000 $?

Michel Arsenault devra en outre s'expliquer sur une tentative de pot-de-vin dont il a été l'objet à la fin de l'été 2009, de la part d'un homme lié à la société de décontamination Carboneutre, dirigée par Raynald Desjardins et Domenico Arcuri, avec l'appui de l'ex-directeur général de la FTQ-Construction, Jocelyn Dupuis. 

L'ex-président de la FTQ a toujours nié que cet épisode, révélé au départ par l'ex-syndicaliste ken Pereira, a eu lieu. Jean Lavallée a cependant admis la semaine dernière qu'il avait bel et bien entendu cette histoire, et que le bureau de Michel Arsenault lui a demandé de signer un affidavit pour la démentir, ce qu'il n'a pas fait.

Une écoute électronique dévoilée cet automne a d'ailleurs montré que Michel Arsenault a continué d'appuyer le projet Carboneutre jusqu'au printemps 2009, soit jusqu'à ce que Ken Pereira lui montre une carte d'affaires prouvant que le mafieux Raynald Desjardins était un des dirigeants de la compagnie. 

De nombreuses conversations téléphoniques captées par la Sûreté du Québec dans le cadre de l'opération Diligence soulèvent par ailleurs des questions sur la façon dont Michel Arsenault a géré le cas des « dossiers toxiques », comme les a appelés le PDG du Fonds, Yvon Bolduc.

L'ex-président de la FTQ devrait aussi apporter son éclairage sur la guerre de pouvoir que se sont livrés Jean Lavallée et Jocelyn Dupuis, à la fin de 2008. Dans une écoute électronique, on pouvait notamment entendre M. Arsenault dire que Richard Goyette a demandé la permission du mafieux Raynald Desjardins avant de se briguer la succession de Jocelyn Dupuis. 

Analysez les liens entre la FTQ, les Hells et la mafia

Arsenault échoue à empêcher la diffusion des écoutes électroniques

Michel Arsenault s'annonce comme un témoin récalcitrant pour la commission Charbonneau. 

Il a vivement dénoncé l'utilisation d'enregistrements faits à son insu par la police dans le cadre des travaux de la commission Charbonneau. Il a tenté, sans succès, d'empêcher la diffusion de ces enregistrements, mais en vain.

M. Arsenault arguait que la commission Charbonneau n'est pas un procès, et n'avait, par conséquent, pas l'autorité d'utiliser ces enregistrements qui relèvent exclusivement, selon lui, du processus judiciaire criminel. 

Soutenant que les procureurs qui ont écouté ces enregistrements n'ont jamais porté aucune accusation à son égard, Michel Arsenault a aussi déploré qu'il ne puisse avoir lui-même accès au contenu de ces enregistrements pour se défendre. Il s'agit, selon lui, ni plus ni moins qu'une violation de ses droits fondamentaux.

En finir avec la pression médiatique

Dans la foulée du scandale qui secoue la FTQ, Michel Arsenault a annoncé le 4 novembre dernier qu'il ne sollicitait pas de nouveau mandat à la présidence de la centrale syndicale. Il a évoqué son désir de prendre sa retraite et d'en finir avec la pression médiatique que subissent les membres de sa famille depuis plusieurs mois.

Depuis le 29 novembre dernier, c'est Daniel Boyer qui occupe la présidence de la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ). 

Société