•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

« Colosse » Plamondon libéré, en attente de la suite des procédures

Ce lien entre nous : émission spéciale du jeudi 15 août au Congrès mondial acadien

Radio-Canada

Après 28 ans de prison, Yves « Colosse » Plamondon a retrouvé sa liberté jeudi après-midi, en attendant la suite des procédures judiciaires. Son nouveau procès pour trois meurtres, qui a été ordonné par la Cour d'appel, a été fixé au mois d'avril. 

Les avocats de la Couronne et de la défense se sont entendus sur les conditions à lui imposer. Il ira vivre dans le quartier Saint-Sauveur, dans un appartement voisin de celui de son frère, lequel a dû verser une caution de 10 000 $. Yves Plamondon devra également se rapporter une fois par semaine à la Sûreté du Québec et il ne pourra pas communiquer avec les témoins potentiels du procès.

Même s'il était reconnu pour être un détenu très influent au pénitencier de Donnacona, Yves Plamondon affirme que la population n'a rien à craindre de lui.

« Je vois pas, voyons donc! Pas d'affaire à craindre. À part de ça, j'ai 64 ans. Tsé, dans le fond, c'est moi qui devrait avoir peur, non? », a répondu l'accusé aux journalistes à sa sortie du palais de justice de Québec.

En cherchant ses proches à l'extérieur de l'édifice, il s'est laissé filmer par les caméras en répondant aux questions des journalistes. Il n'avait pas élaboré de grands projets pour souligner sa libération. « La seule affaire que je vais faire, peut-être pas à soir, mais demain, je vais aller au cimetière voir ma famille, parce que j'ai perdu ma mère, toute ma famille. »

Son avocat, Me Daniel Rock, qui s'est dit satisfait de la décision du juge Richard Grenier, croit que son client respectera ses conditions de remise en liberté.

« Il va s'encadrer. Qu'est-ce que vous voulez qu'il fasse? Il vient de sortir de 28 ans de prison. Il a des condtions. Il réalise très bien qu'il n'a aucun intérêt à briser aucune condition », souligne Me Rock.

Suite des procédures

Yves Plamondon a toujours plaidé son innocence depuis qu'il a été déclaré coupable de trois meurtres en 1986. C'est pour cette raison qu'il n'a jamais demander de libération conditionnelle. « Quand tu demandes ça, il faut que tu admettes les meurtres, pis moi, je l'admettrai jamais parce que c'est pas moi », a-t-il répété jeudi.

En novembre dernier, la Cour d'appel du Québec a ordonné la tenue d'un nouveau procès à la lumière d'éléments de preuve qui n'avaient pas été divulgués au moment du premier procès. La date de ce procès a été fixée jeudi au 28 avril prochain.

Toutefois, Me Daniel Rock a toujours bon espoir que la Couronne abandonne les accusations d'ici là. « On est très confiant pour la suite des procédures », dit-il.

Le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) a nommé deux procureurs pour évaluer la faisabilité de juger de nouveau Yves Plamondon 28 ans plus tard, alors qu'au moins un témoin important est mort. Mais pour l'instant, il s'en tient au fait qu'un nouveau procès a été ordonné.

« Il y a une date de procès qui a été fixée, donc on prend pour acquis qu'il va y avoir un procès. C'est ce qu'il faut comprendre », indique Me René Verret, porte-parole du DPCP.

Plus tôt, jeudi, le juge Richard Grenier a rejeté sans délibérer la requête en abus de procédures déposée par Me Daniel Rock. Il souhaitait que les accusations contre son client soient abandonnées.

Québec

Justice et faits divers