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Audiences sur la charte : le grain de sel d'un ex-élu d'Hérouxville

Audiences sur la charte : le grain de sel d'un ex-élu d'Hérouxville

Les audiences de la commission parlementaire sur la charte de la laïcité se poursuivent à l'Assemblée nationale, à Québec. Trois citoyens de la Mauricie, dont un ex-élu d'Hérouxville, André Drouin, ont présenté leur mémoire.

André Drouin a rédigé le controversé « code de vie » d'Hérouxville. Il cosigne le mémoire avec Louise Hubert, qui avait milité pour empêcher le maire de Trois-Rivières de réciter la prière au conseil municipal. Le professeur en sciences de l'éducation à l'UQTR Ghyslain Parent endosse aussi le mémoire. C'est lui qui en fait la présentation à la commission.

Les accommodements pour les religions, c'est une façon de mélanger démocratie et théocratie ; c'est de la dynamite.

André Drouin, ex-élu d'Hérouxville

Le mémoire de 45 pages des trois citoyens porte surtout sur la neutralité de l'État dans l'éducation, plus particulièrement dans les écoles et les garderies. Il fait notamment valoir que le Québec a choisi de bannir l'enseignement religieux et que, selon ses signataires, il faut aller jusqu'au bout.

Les signataires sont en faveur d'interdire le port de signes religieux ostentatoires dans les écoles, y compris aux niveaux collégial et universitaire.

« Parce que les enseignants sont des figures d'autorité, qui peuvent influencer des personnes jeunes et très influençables, il est important qu'il y ait une véritable neutralité », soutient Ghyslain Parent. « On ne peut porter de signes ou de costumes religieux. »

Dans sa courte allocution, Louise Hubert a confié avoir entrepris sa croisade contre la prière à l'hôtel de ville parce qu'elle se sentait « menacée par une personne qui porte un signe ostentatoire et qui suit un dogme différent du mien. »

Un peu exaspéré, André Drouin a dit répéter son message depuis sept ans. « C'est la quatrième fois que je suis assis ici et j'entends encore exactement les mêmes phrases : on a besoin de balises. Il n'y en a pas plus aujourd'hui qu'il y en avait il y a sept ans. À force de tourner en rond, on creuse un trou duquel on ne pourra plus sortir. »

L'ex-élu a aussi fait valoir que le manque de balises en lien avec les accommodements religieux fait craindre à plusieurs de faire l'objet de poursuites.

Le mémoire présenté par les trois Mauriciens énumère aussi 14 conditions pour assurer le succès de la laïcité au Québec. Du nombre, la moitié porte sur des moyens positifs d'intégrer les nouveaux arrivants, entre autres sur le plan de l'éducation.

La sexualité et la charte

Mercredi avant-midi, un regroupement de syndicalistes proches du Parti québécois s'est livré à une attaque en règle contre le député de Québec solidaire Amir Khadir,en l'accusant d'avoir cautionné la ségrégation homme-femme lors d'une assemblée musulmane.

Devant la commission parlementaire, des représentants des Syndicalistes et progressistes pour un Québec libre (SPQ-Libre) ont déposé une photo de M. Khadir alors qu'il participait à un rassemblement d'une association musulmane où les hommes et les femmes étaient assis séparément. Le député de Québec solidaire s'est par la suite défendu, expliquant qu'il avait accepté une invitation lancée par des jeunes.

En présentant son mémoire, le SPQ-Libre a affirmé qu'il était en faveur du projet de loi 60 sur la laïcité, considérant ses dispositions comme un point de départ pour affirmer la laïcité de l'État.

La sexologue Jocelyne Robert a pour sa part soutenu devant la commission que la sexualité est éminemment politique et qu'elle fait partie du débat entourant la charte, en prenant comme exemple le principe d'égalité des sexes. Elle fait valoir que les éducatrices et enseignantes ne devraient pas porter le voile, pas plus que tout autre signe religieux.

« Les lieux d'éducation sont névralgiques pour les enfants, qui y apprennent et découvrent les rôles des femmes et des hommes », explique-t-elle. Selon Jocelyne Robert, « le voile est un symbole religieux qui envoie un message d'inégalité entre les hommes et les femmes dans une société qui prône l'égalité entre les hommes et les femmes. »

Le maire de Louiseville « ébranlé »

Le débat qui entoure le projet de charte fait fortement réagir le maire de Louiseville, Yvon Deshaies. Ce dernier se dit ébranlé par toute cette question, par les consultations que l'on mène actuellement au sujet de la charte de la laïcité.

Yvon Deshaies porte une croix en pendentif. Il récite aussi la prière avant les séances du conseil municipal de Louiseville. Un crucifix se trouve d'ailleurs dans la salle du conseil.

Il a des convictions religieuses fortes et se dit très touchés par le débat sur la charte de la laïcité. « Moi, ça me bouleverse. Ce sont nos racines! J'aurais à dire à monsieur, madame qui sont présents : je me souviens. Je me souviens c'est quoi le Québec. »

Le maire Deshaies a d'ailleurs envoyé de l'argent, à titre personnel, au maire de Saguenay Jean Tremblay pour qu'il poursuive sa croisade pour pouvoir réciter la prière à l'hôtel de ville.

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