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Marois nie l'existence d'un « deal » avec la FTQ

Pauline Marois et son mari Claude Blanchet

Pauline Marois et son mari Claude Blanchet

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2014 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Depuis Davos, où elle participe au Forum économique mondial, la première ministre Pauline Marois a tenu à affirmer qu'il n'y avait pas de « deal » entre la FTQ et son mari Claude Blanchet.

Dans un enregistrement effectué par la police et diffusé mardi à la commission Charbonneau, l'ex-président de la FTQ, Michel Arsenault, dit vouloir discuter avec Mme Marois, tout en parlant d'un « deal » passé avec son mari, Claude Blanchet, qui a dirigé le Fonds de solidarité de la FTQ de 1983 à 1997.

En réaction à ces révélations, Pauline Marois affirme que l'unique relation qu'avait le fonds et son mari en était une d'affaires.

Mme Marois a martelé lundi que son parti n'était pas sous l'influence de la FTQ, ni d'aucune autre centrale syndicale.  « Il n'a pas eu de deal, il n'y a pas de deal.  », a-t-elle affirmé.

S'ils nous ont parlé - et ils nous parlent régulièrement - ça ne doit pas avoir donné les résultats escomptés, puisque nous avons demandé la commission d'enquête et j'en ai informé Michel Arsenault assez rapidement. C'est sûr qu'il n'était pas d'accord, mais il n'a pas fait de pression.

Une citation de :Pauline Marois

En conférence de presse mercredi après-midi, le ministre responsable de l'Administration gouvernementale, Stéphane Bédard, a soutenu comme Mme Marois que les faits démontrent qu'il n'y a pas eu d'entente, puisque les péquistes ont fréquemment réclamé une enquête publique, parfois même, dit-il, au péril de leur sécurité.« Pour ceux qui ne s'en souviendrait pas, à l'époque, Nicolas Girard a eu ses vitrines fracassées, Bernard Draiville a fait l'objet de menaces directes sur sa personne et moi-même j'avais été l'objet de menaces », a dit M. Bédard.

Le ministre soutient que le Parti québécois, à l'époque où les libéraux étaient au pouvoir, était un fervent partisan d'une commission d'enquête. « Nous avons été le parti politique qui avons réclamé à grands cris qu'il y ait une commission d'enquête », a-t-il insisté.

Le PQ n'est toutefois pas le premier parti à avoir réclamé une enquête publique sur l'industrie de la construction. Le premier parti à le faire a été l'ADQ, en avril 2009. Le PQ a attendu 6 mois, jusqu'en septembre, avant de faire la même chose. Or, la conversation entre l'ex-président de la FTQ-Construction, Jean Lavallée, et le président de la FTQ Michel Arsenault, date du 20 avril 2009, donc bien avant la première demande du PQ pour réclamer une enquête publique.

« On va parler à Pauline »

Jean Lavallée et Michel ArsenaultAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Jean Lavallée et Michel Arsenault

« S'ils veulent faire une enquête sur les syndicats, va falloir que tous les deux on s'assoie, pis parler à nos amis du PQ », a lancé Jean Lavallée, ex-président de la FTQ-Construction, au président de la FTQ Michel Arsenault dans la conversation enregistrée du 20 avril 2009.

« Faut pas que le PQ embarque dans ça à cause que s'ils embarquent dans ça, ils vont se faire ramasser eux aussi », a ajouté M. Lavallée, à qui M. Arsenault répliqué : « Ben, ils sont mal pris en ostie, parce qu'on a un deal avec Blanchet ». Jean Lavallée a confirmé qu'il s'agit de Claude Blanchet, ex-PDG du Fonds et époux de Pauline Marois, alors chef de l'opposition péquiste.

« Les libéraux n'embarqueront pas dans une affaire d'enquête avec les syndicats, y'a rien pour une enquête dans ça », poursuit Jean Lavallée, ce à quoi répond Michel Arsenault : « Le PQ touchera pas à ça non plus [...] On va parler à Pauline ».

Toutefois, l'histoire en décidera autrement, puisque le PQ prendra finalement position en 2009 pour une commission d'enquête sur l'industrie de la construction, dont la création sera finalement annoncée par le gouvernement libéral en 2011.

De quel deal parle-t-on?

L'émission Enquête avait diffusé en novembre dernier un reportage sur une rencontre privée entre Mme Marois et Michel Arsenault, au club privé 357c à Montréal, rappelle le journaliste et animateur d'Enquête, Alain Gravel.

« Cette rencontre a eu lieu quelques mois après une entente entre M. Blanchet et le Fonds de solidarité FTQ, pour un investissement de 3 millions de dollars dans une compagnie dirigée par M. Blanchet et où se retrouvait aussi le frère de Pauline Marois et le fils du couple Blanchet-Marois, la compagnie Capital BLF », rappelle-t-il.

« Et pendant cette période, il y a eu des discussions au Fonds de solidarité pour voir si on devait réinvestir dans cette compagnie, étant donné la chute de la valeur de l'action. On sait qu'il y a eu des réticences de dirigeants du Fonds. Est-ce de cela dont on parle, cet investissement du Fonds, quand on dit qu'il y a eu un deal avec Claude Blanchet? », se demande Alain Gravel, ajoutant qu'il reste beaucoup de questions à éclaircir.

L'opposition demande des explications

La réponse de Pauline Marois ne satisfait pas les partis d'opposition, qui veulent entendre la version des faits de Claude Blanchet et de Michel Arsenault.

« Je ne veux pas douter de la parole [de Mme Marois]. Cependant, ses explications sont insuffisantes. On a besoin de plus de détails », a dit le chef libéral, Philippe Couillard, en entrevue mercredi à Radio-Canada.

« Quelle a été la nature des relations entre la FTQ, le Fonds de solidarité et le PQ? Ce qu'on a entendu [mardi] est inquiétant. Ce sont deux personnes de très haut niveau dans l'organisation qui font planer le soupçon d'une relation entre les investissements et les orientations politiques, essentiellement. Je pense que d'autres questions doivent être posées », ajoute-t-il.

« Ce que ça pose comme questionnement, c'est qui dirige au Québec? Est-ce que c'est Mme Marois comme première ministre, est-ce que c'est son mari qui dirige et qui tire les ficelles ou bien c'est la FTQ? », a dit pour sa part la députée libérale et ancienne ministre du Travail, Lise Thériault, à Québec.

« Je suis obligée de prendre ce que [Mme Marois] dit pour acquis. Par contre, son mari pourrait peut-être nous expliquer ce que ça veut dire ce deal-là », affirme de son côté la députée caquiste Sylvie Roy.

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