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Pas de tchador pour les enseignantes et les éducatrices, dit le PLQ

Marc Tanguay, porte-parole de l'opposition officielle pour la Charte de la langue française

Radio-Canada

Au pouvoir, le Parti libéral du Québec refuserait que les enseignantes et les éducatrices en garderie portent le tchador, tandis qu'il adopterait une approche de cas par cas pour les autres employés qui relèvent de l'État.

Au deuxième jour des audiences publiques sur la charte des valeurs, qui se poursuivent à Québec, les libéraux ont précisé leur position sur le port du tchador - un vêtement islamique long constitué d'un tissu coupé en demi-cercle drapé autour de la tête, laissant le visage à découvert.

« On a toujours été très clair depuis le début, et même depuis 2010, sur l'importance d'avoir des balises aux accommodements. Il est important, pour qu'un accommodement soit reçu, qu'il respecte l'égalité homme-femme, la mission de l'institution et la fonction de la personne. Ces balises-là font en sorte de venir encadrer les demandes d'accommodements », a expliqué Marc Tanguay, porte-parole de l'opposition officielle pour la Charte de la langue française et en matière de laïcité.

Le PLQ défend le principe de la totale liberté du port de signes religieux si le visage est découvert, mais affirme qu'une femme portant le tchador ne pourrait pas être candidate libérale.

En novembre dernier, Marc Tanguay avait d'abord affirmé que « le Parti libéral accueillerait sans problème parmi ses élus une femme portant le tchador ». Sa déclaration avait soulevé la colère de sa consoeur libérale Fatima Houda-Pepin, qui avait exhorté son parti à revoir sa position. Le chef du PLQ, Philippe Couillard, avait ensuite affirmé qu'il n'accepterait pas qu'une candidate libérale porte le tchador, mais il avait ouvert la porte au fait qu'une employée de l'État puisse le porter.

« Les éducatrices en garderie, les enseignantes et les candidates libérales ne pourront pas porter le tchador, mais les infirmières, les policières et les fonctionnaires pourront continuer de porter le tchador. Alors je ne comprends pas la logique de Philippe Couillard et de Marc Tanguay », a réagi le ministre responsable des Institutions démocratiques et du projet de charte des valeurs, Bernard Drainville.

« On tombe dans l'arbitraire. On n'est plus dans l'égalité des personnes. Ce sont Philippe Couillard et Marc Tanguay qui, au cas par cas, vont décider qui peut porter un tchador », a soutenu M. Drainville, ajoutant que « le tchador n'est pas un accommodement », mais plutôt « un symbole de l'intégrisme, et c'est Mme Houda-Pepin elle-même qui l'a reconnu ».

Les cas de fonctionnaires québécoises portant le tchador ne sont pas recensés; aucun cas précis n'a été évoqué depuis qu'il en a été question dans le cadre des débats sur la charte des valeurs.

Québec solidaire critique la fermeté de Drainville

Depuis mardi, plusieurs organismes ont exprimé leurs positions sur le projet de loi 60 du gouvernement Marois, qui reste ferme sur ses objectifs.

La députée de Québec solidaire a d'ailleurs critiqué mercredi la fermeté de Québec à ce sujet. « L'interdiction du port des signes religieux est le seul point qui divise profondément la population et c'est justement là-dessus que le ministre Drainville ne veut pas négocier. Comment peut-il prétendre rechercher un consensus? », s'interroge-t-elle.

Mme David invite le ministre Bernard Drainville à se montrer plus ouvert aux débats afin de parvenir à un consensus sur la poursuite de la laïcisation de l'État québécois avant les prochaines élections.

La députée de Gouin estime qu'« une campagne électorale, avec toute sa charge partisane, n'est pas le forum approprié pour débattre de sujets aussi complexes et émotifs. Je m'attends donc à ce que le ministre agisse en homme d'État, se place au-dessus de la mêlée, loin du populisme et d'un électoralisme ostentatoire ».

La charte des valeurs, un débat de société

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