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Une experte répond à vos questions sur la grippe aviaire

Les autorités chinoises investissent un marché de volailles à Hong Kong après la découverte du virus H5N1.

Les autorités chinoises investissent un marché de volailles à Hong Kong après la découverte du virus H5N1.

Photo : AFP / ANDREW ROSS

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2014 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Quels sont les risques ?Quel est l'état de la situation? La Dre Caroline Quach a répondu à vos questions. Elle est microbiologiste et infectiologue pédiatrique à l'Hôpital de Montréal pour enfants et épidémiologiste à l'Institut national de santé publique du Québec.

-Comment peut-on l'attraper? Des animaux ou des humains?

Pour le moment, les cas de grippe aviaire n'ont été transmis que par contact direct avec de la volaille contaminée. La transmission a lieu lors de contacts avec de la volaille vivante, la plupart du temps dans des exploitations agricoles ou lors de l'abattage.

- Comment le virus pourrait-il devenir transmissible entre humains?

La crainte est qu'un humain développe au même moment une grippe aviaire et une grippe humaine. On sait que ces virus d'influenza sont très bons pour se recombiner. Il s'agit qu'une influenza aviaire se lie à une influenza humaine et adopte ses capacités à se transmettre entre humains pour que la transmission puisse avoir lieu. Pour que ces deux souches d'influenza humaine et aviaire se recombinent, il faut donc que les deux virus soient présents au même moment dans le même hôte.

Plus le nombre de contacts entre les deux virus est grand (plus d'individus co-infectés), plus le risque statistique de recombinaison augmente. D'où l'importance de se faire vacciner contre la grippe saisonnière afin de ne pas permettre aux deux virus d'être présents en même temps dans le même individu.

- Dans l'éventualité d'une mutation du virus par contact avec la souche humaine, serions-nous en mesure de réagir assez rapidement pour freiner la contagion ?

Les autorités de santé publique, de concert avec l'Organisation mondiale de la santé, se préparent depuis bien longtemps à une telle éventualité. Nous avons des plans de pandémie qui devraient permettre de freiner la transmission. Le plus important, toutefois, est de maintenir un niveau de vigilance assez élevé afin de détecter les premiers signes d'un tel changement dans la transmission.

- Comment savoir si on a la grippe aviaire et que ce n'est pas une grippe normale? Est-ce qu'il y a des symptômes particuliers?

Le seul moyen de différencier une grippe aviaire d'une grippe normale est par un diagnostic en laboratoire. Toutefois, nous ne procéderons pas à une telle analyse si vous n'avez pas eu de contact avec de la volaille, dans un des pays touchés par les cas. D'un point de vue clinique : une grippe aviaire est impossible à différencier d'une grippe saisonnière sévère. Elle est parfois même difficile à différencier d'une infection respiratoire causée par un autre virus.

Influenzavirus A H5N1 Grippe aviaire
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Influenzavirus A sous-type H5N1 Influenzavirus A sous-type H5N1 Influenzavirus A H5N1 Grippe aviaire

Photo : Cynthia Goldsmith

- Est-ce que ce virus est mortel?

Le taux de mortalité - au moment actuel - est d'environ 59 %. Ceci veut dire que sur 100 cas, 59 mourront. Toutefois, les cas testés et rapportés à la santé publique sont, bien sûr, les plus sévères. Ceci peut contribuer à surévaluer la mortalité.

- J'ai été vacciné dans la dernière grande campagne contre le H1N1. Est-il encore actif?

Le virus de l'influenza H1N1 qui a causé la dernière pandémie est différent de l'influenza aviaire (H5N1). Les vaccins actuellement disponibles ne protègent pas contre le virus de l'influenza aviaire. Toutefois, des études cliniques sont en cours afin de développer de nouveaux vaccins.

- Un vaccin ne sera pas prêt cette année? S'il y a pandémie, quels sont les médicaments?

Il y a présentement un vaccin en développement - phase 3 par une compagnie du Québec. Ce vaccin a été administré à plusieurs volontaires. S'il y a pandémie, il y a un vaccin potentiel qui est presque prêt.

- Est-ce que tout le monde doit se faire vacciner?

Les recommandations actuelles de vaccination contre la grippe au Québec ont été émises pour diminuer le risque de complication chez les gens qui seraient à risque de grippe sévère. En conséquence, le vaccin contre la grippe est disponible et gratuit pour les enfants âgés de 6 à 23 mois, les enfants et les adultes avec des maladies chroniques (ex. diabète, asthme, etc.) et les gens avec un système immunitaire faible. On vaccine aussi les personnes âgées de 60 ans et plus et tous ceux qui ont un contact avec des personnes à risque. Les autres sont, bien sûr, invités à se faire vacciner, mais le vaccin n'est pas offert gratuitement dans les cliniques.

- Les enfants de moins de 5 ans sont-ils plus à risque?

Les enfants de moins de 5 ans sont, de par leurs activités, plus à risque d'attraper tous les virus respiratoires. Toutefois, dans le cas actuel, puisque le facteur de risque principal est un contact avec de la volaille vivante et malade, les enfants de 5 ans sont peu touchés. Quelques cas pédiatriques ont été rapportés en Asie, toujours après contact avec de la volaille. Ces cas ont été associés avec des maladies graves.

- Les médias et les autorités publiques en font-ils trop avec la grippe aviaire?

C'est sûr qu'un cas isolé n'est qu'un cas isolé... La saison de la grippe au Canada semble suivre les tendances normales. Les médias en font-ils trop? Ça, il faudrait le demander aux médias qui ont un devoir d'information. Pour ce qui est des autorités de santé publique, elles ont le devoir de prévenir et donc d'informer, elles aussi, face à d'éventuels problèmes. Pour que le réseau de la santé sache quoi surveiller, les autorités publiques nous tiennent au courant. Je pense que, récemment, les autorités de santé publique ont été plutôt rassurantes qu'alarmistes.

Dre Caroline Quach
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Dre Caroline Quach

Photo : Radio-Canada

Qui est Dre Caroline Quach?

Elle travaille comme consultante en matière de maladies infectieuses pédiatriques et comme médecin microbiologiste à l'Hôpital de Montréal pour enfants. Son expertise relève du domaine de la prévention des infections, à la fois pour les infections nosocomiales comme le C. difficile, et les maladies évitables par vaccination.

*** Pour consulter le clavardage sur votre appareil mobile, cliquez ici (Nouvelle fenêtre)

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