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Des milliers de migrants africains manifestent en Israël

Des milliers de demandeurs d'asile africains qui sont entrés illégalement en Israël via l'Égypte manifestent à Tel-Aviv le 5 janvier 2014.
Des milliers de demandeurs d'asile africains qui sont entrés illégalement en Israël via l'Égypte manifestent à Tel-Aviv le 5 janvier 2014. Photo: AFP/JACK GUEZ
Associated Press

Environ 10 000 immigrants africains sont descendus dans le centre financier de Tel-Aviv, dimanche, et se sont rassemblés devant l'hôtel de ville dans le cadre de la plus importante manifestation, jusqu'à maintenant, pour réclamer des conditions de travail plus avantageuses et un meilleur traitement de la part du gouvernement israélien.

Au cours des huit dernières années, environ 60 000 immigrants africains, majoritairement originaires du Soudan et de l'Érythrée, sont entrés en Israël à partir de l'Égypte pour échapper à la guerre, ou pour chercher du travail. Cet afflux a placé l'État hébreu dans une situation difficile, plusieurs personnes croyant qu'Israël, fondé en partie pour servir de refuge aux survivants de la Shoah après la Deuxième Guerre mondiale, a une responsabilité d'aider les démunis, tandis que d'autres craignent qu'accueillir tant d'Africains ne menace le caractère juif de la nation.

Scandant « nous sommes des réfugiés, nous voulons l'asile », les protestataires ont demandé au gouvernement de leur permettre de rester. Les organisateurs ont annoncé le début d'une grève de trois jours pour protester contre des opérations de sécurité envers les immigrants, et ont appelé l'État à leur permettre de travailler légalement.

« Cette manifestation concerne nos droits en tant qu'êtres humains. Nous ne sommes pas traités comme des humains », a déclaré Muttasem Ali, originaire du Darfour, au Soudan, lors d'une entrevue télévisée.

Plusieurs immigrants se sont installés dans les quartiers pauvres du sud de Tel-Aviv. Cette zone compte tant d'immigrants que les Israéliens l'ont renommée « Petite Afrique », et cet afflux de gens a provoqué des tensions avec des résidents locaux qui les accusent d'être responsables de la hausse du taux de criminalité.

Le gouvernement a tenté de mettre fin au flux migratoire en construisant une barrière le long des 220 kilomètres de frontière partagée avec l'Égypte, en plus d'un imposant centre de détention en plein désert. L'État a aussi offert des incitatifs pour faire rentrer les migrants chez eux, mais n'est pas en mesure de déporter la majorité d'entre eux, puisqu'ils risqueraient des sévices corporels s'ils rentraient dans leurs pays d'origine.

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