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Au moins 17 morts dans un attentat en Russie

Les secouristes et les responsables de la sécurité constatent les dommages dans la gare de Volgograd.

Photo : AFP / STRINGER

Radio-Canada

À moins de six semaines de l'ouverture des Jeux olympiques de Sotchi, un attentat-suicide a fait au moins 17 morts et des dizaines de blessés dimanche dans une gare de Volgograd, près de la région instable du Caucase russe. C'est la deuxième attaque en trois jours à survenir dans le sud du pays, ce qui ravive les craintes entourant la sécurité des activités olympiques. 

L'auteur de l'attaque de Volgograd serait un homme, dont la bombe cachée dans son sac à dos a explosé devant le détecteur de métal, à l'entrée principale de la gare. 

Selon le correspondant de Radio-Canada en Russie, Jean-François Bélanger, les enquêteurs ont pu déterminer le sexe du kamikaze en étudiant les vidéos de surveillance. Les policiers suspectaient au départ la femme qui se trouvait à ses côtés, qui a elle aussi été tuée lors de l'explosion. L'auteur de l'attentat-suicide avait en sa possession une grenade et un pistolet.

J'ai entendu l'explosion et j'ai couru pour voir. J'ai vu du métal fondu, tordu, de la vitre brisée et des corps gisant dans la rue.

Un témoin, en entrevue à la chaîne de télévision Rossiya-24

Le président russe Vladimir Poutine a ordonné aux forces de l'ordre de prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer la sécurité dans le pays, selon un porte-parole.

Le secrétaire général de l'OTAN, Fogh Rasmussen, a réagi à cet attentat en affirmant que l'Alliance atlantique continuerait à combattre le terrorisme aux côtés des autorités russes.

« Il ne peut y avoir aucune justification à de tels attentats barbares », a ajouté M. Rasmussen dans un communiqué.

De son côté, le ministre canadien des Affaires étrangères, John Baird, a qualifié l'attaque de « crime haineux ». Il souhaite que les responsables soient identifiés et traînés en justice.

Même si l'attentat-suicide n'a pas été revendiqué, la thèse islamiste n'est pas encore écartée, souligne le collaborateur de Radio-Canada à Moscou, Pierre Ludvig.

Où se trouve Volgograd?

Volgograd, anciennement Stalingrad, compte 1 million d'habitants. La ville est située à 900 kilomètres au sud de Moscou et à 700 kilomètres au nord-est de Sotchi, une ville touristique nichée entre la mer Noire et les montagnes du Caucase du Nord.

L'attentat a eu lieu à Volgograd, dans le sud-ouest de la Russie.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

L'attentat a eu lieu à Volgograd, dans le sud-ouest de la Russie.

Des Jeux sous haute surveillance

L'attentat de dimanche est le plus meurtrier dans le pays, à l'extérieur du Nord-Caucase, en près de trois ans. Il est le deuxième attentat en moins de trois jours en Russie. Vendredi, l'explosion d'une voiture piégée a fait trois morts à Piatigorsk, toujours dans le sud du pays.

En octobre, un attentat-suicide a fait six morts à bord d'un autobus de Volgograd. Il avait été commis par une femme originaire du Daguestan. Cette république russe autonome, située dans le Nord-Caucase, lutte contre une insurrection islamiste. Entre 200 et 300 personnes meurt chaque année dans cette région à cause d'un attentat terroriste. 

En juillet dernier, le chef de cette insurrection, le Tchétchène Dokou Oumarov, a appelé ses militants à recourir à « la force maximale » pour empêcher la tenue des Jeux olympiques.

Le gouvernement russe a déployé des dizaines de milliers de soldats, policiers et membres des forces de sécurité afin de protéger ces Jeux olympiques. Les organisateurs ont promis de faire des Jeux de Sotchi les « Olympiques les plus sécuritaires de l'histoire ».

On parle de dizaines de milliers de militaires, des drones qui vont survoler la zone en permanence, un système d'écoute électronique extrêmement sophistiqué qui a été mis en place, des caméras avec reconnaissance faciale.

Jean-François Bélanger, correspondant à Moscou, Radio-Canada

Néanmoins, les terroristes risquent de trouver un moyen de déjouer les autorités russes, croit Jean-François Bélanger. « L'attentat de Volgograd le montre bien, il est très facile de contourner ce dispositif sécuritaire en frappant tout simplement ailleurs et ça attire tout autant l'attention. Ça montre tout autant la vulnérabilité de la Russie », explique-t-il. 

Jean-François Bélanger parle de la vie en Russe, à l'aube des Olympiques.

Avec les informations de Agence France-Presse, Reuters, et Associated Press

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