•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Mort de Fredy Villanueva : le SPVM fait amende honorable

Madeleine Goubau a recueilli des réactions à l'École nationale de police
Radio-Canada

Le directeur du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) accueille le rapport du coroner André Perreault sur la mort de Fredy Villanueva « avec beaucoup d'ouverture » et de « façon très favorable ».

Lors d'une conférence de presse tenue mardi midi, Marc Parent a déclaré sans détour qu'il entendait appliquer les quatre recommandations du rapport qui concernent le SPVM, soit : 

  • de veiller à ce que les policiers appelés à intervenir dans l'arrondissement de Montréal-Nord reçoivent une formation relative à l'intervention auprès de personnes issues de minorités ethnoculturelles et à leurs perceptions de la police;
  • d'examiner la possibilité de doter ses véhicules de systèmes de localisation de véhicule par satellites Global Positioning System (GPS);
  • d'examiner la possibilité de munir les policiers patrouilleurs de radios capables d'émettre et de recevoir en continu au moyen d'une action simple plutôt que de devoir sacrifier une main durant toute émission;
  • de rendre publics les indicateurs de performance de son Plan stratégique en matière de profilage racial et social (2012-2014), les résultats d'évaluations externes dudit plan et les nouvelles mesures mises en œuvre.

Le directeur du SPVM a par ailleurs assuré que son service allait étudier « avec beaucoup de sérieux » les recommandations du coroner sur les armes de service utilisées par les policiers. Il a cependant fait valoir que l'arme en question - un pistolet 9 millimètres semi-automatique à double action - était « relativement de dernier cri ».

M. Parent a par ailleurs refusé d'envisager des sanctions contre le policier Jean-Loup Lapointe, le policier qui a tiré sur Fredy Villanueva, et qui a depuis été transféré à l'escouade tactique du corps de police. Il a noté que le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) avait décidé de ne porter aucune accusation contre lui.

Le directeur du SPVM a aussi été interrogé sur les doutes que le coroner entretient quant à la peur d'être désarmé qu'a évoquée le policier Jean-Loup Lapointe pour expliquer l'utilisation de son arme. « Je ne crois pas [...] que la peur légitime qu'il a pu ressentir était liée à la perception qu'il allait être désarmé par Fredy Villanueva ou par quelqu'un d'autre », a-t-il écrit à ce sujet.

« Nous sommes des êtres humains et nous allons interpréter la menace de façon différente », a commenté Marc Parent. « Faut faire attention à la sévérité des propos sur l'intervention d'une personne en période de stress élevé ». Il a précisé que l'agent Lapointe a eu « un passé pas facile », mais qu'il était aujourd'hui « encadré » et « suivi de près en intervention ».

M. Parent a par ailleurs assuré qu'il y a eu « de grandes améliorations dans plusieurs quartiers » en matière de relations entre les policiers et les citoyens, et notamment à Montréal-Nord.

De son côté, la Fraternité des policiers et policières de Montréal estime que le rapport du coroner Perreault est « nuancé » et promet de l'analyser en profondeur. « Assumer le rôle de policier à Montréal demeurera toujours un défi majeur et les hommes et les femmes qui s'y consacrent veulent avant tout servir le public », conclut le président du syndicat des policiers, Yves Francoeur.

Québec réagit favorablement

Le ministre de la Sécurité publique, Stéphane Bergeron, accueille favorablement le rapport du coroner. Selon lui, il s'agit de recommandations pertinentes. Il a demandé « une étude détaillée du rapport afin d'évaluer les moyens qui pourraient être mis en place pour bonifier les interventions policières au Québec ».

Le maire Coderre salue le rapport

En conférence de presse, le maire de Montréal a promis de fournir aux policiers des outils supplémentaires de communication, comme le recommande le coroner Perreault.

Denis Coderre retient aussi que les policiers ont besoin de plus de formation. Dans l'ensemble, le rapport du coroner « fait œuvre utile », dit-il: « Il y a eu mort d'homme [...] On a tous des enseignements à tirer ».

Le maire de la métropole québécoise se dit sensible, par ailleurs, à la nécessité pour les citoyens de mieux se comprendre afin « qu'il y ait de moins en moins de personnes qui se sentent comme des citoyens de seconde classe ».

L'École nationale de police a dit accueillir les recommandations du coroner. Des membres de son personnel seront à pied d'oeuvre au retour des Fêtes pour étudier les sept recommandations. L'École estime que dans les cinq dernières années, le contenu des recommandations a déjà été appliqué. Elle regardera quand même ce qui peut encore être renforcé.

Grand Montréal

Société