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Mort de Fredy Villanueva : le policier Lapointe éclaboussé

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2013 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le jugement du policier Jean-Loup Lapointe est mis à mal dans le rapport d'enquête du coroner André Perreault sur la mort de Fredy Villanueva, estime Rémi Boivin, de l'École de criminologie de l'Université de Montréal.

Le coroner souligne que la résistance offerte par le frère de la victime, Dany Villanueva, lors de l'intervention policière a certainement joué un rôle dans le drame du 9 août 2008, note-t-il, mais le jugement du policier du SPVM qui l'a abattu est également mis en doute.

« On reconnaît que l'escalade de force qui a eu lieu était une interaction entre la résistance de Dany Villanueva et l'intervention de M. Lapointe. »

— Une citation de  Rémi Boivin, criminologue

Le coroner croit que l'agent Lapointe « a eu effectivement peur au niveau de l'intervention, mais que ce n'était pas à cause du désarmement », résume M. Boivin. « Il semble y avoir [...] une perception erronée de M. Lapointe, qui s'est senti menacé ou qu'il y ait eu une menace sérieuse à sa vie ».

« Le coroner semble dire que ce n'est pas évident, que les témoins de la scène n'en ont pas eu conscience, que sa partenaire, Mme Pilotte, n'en a pas eu conscience non plus. Donc, il y a une certaine part du jugement de M. Lapointe qui est remis en cause. »

Le criminologue note que le coroner a de bons mots au contraire pour Stéphanie Pilotte. « Le coroner la félicite presque. Il dit que si tout le monde avait réagi comme Mme Pilotte lors de l'intervention, M. Villanueva ne serait pas décédé », note-t-il.

« Donc, M. Lapointe est un peu plus éclaboussé. Certainement pas Mme Pilotte, qui en ressort assez positivement de ce rapport. »

— Une citation de  Rémi Boivin, criminologue

Une responsabilité partagée, dit un autre criminologue

François Bérard, un criminologue qui dirige une maison de transition à Montréal-Nord, souligne pour sa part que le rapport  est « nuancé » et « factuel ». Les termes employés par le coroner dans son rapport, dit-il, permettent de conclure à une « responsabilité partagée ».

« Dans ce rapport-là, il y a un côté un peu équilibré, où le juge finalement passe un message aux deux parties, que ce soit du côté des policiers ou des jeunes en général. »

— Une citation de  François Bérard

Il accueille favorablement l'idée de former les jeunes afin qu'ils réagissent mieux lors d'une intervention policière. « Je pense que ça pourrait être une bonne chose, dans un contexte où, dans le quartier, par exemple, où est survenu l'évènement, et également l'émeute, il y avait chez plusieurs jeunes une forme d'irrespect à l'égard du travail policier. »

« Faut dire que c'était pas toujours évident non plus à cette époque là comment certains policiers intervenaient », ajoute-t-il du même souffle, en précisant que la situation s'est améliorée depuis le drame. « Les policiers ont fait beaucoup d'efforts depuis cinq ans pour modifier leur manière d'intervenir », souligne-t-il. « La façon dont les policiers entrevoient ce quartier-là est assez différente. »

Le criminologue note par ailleurs que l'idée d'améliorer les interventions des policiers auprès des communautés culturelles « a déjà en partie été fait », mais qu'il faut continuer de s'y pencher.

« C'est un travail de longue haleine, poursuit-il, parce que dans la façon d'intervenir auprès des minorités ehtnoculturelles, il y a des sensibilités, et de faire en sorte que les policiers soient à l'écoute et prêt à prendre en considération ces sensibilités, ça peut prendre peut-être un certain laps de temps. »

La méfiance à l'égard des forces de l'ordre « existe encore chez certains jeunes », observe-t-il néanmoins.

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