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Libre-échange avec l'Europe : Marois défend les fromagers québécois

La première ministre du Québec, Pauline Marois, devant la Chambre de commerce Canada-Belgique-Luxembourg, à Bruxelles

Radio-Canada

La première ministre du Québec poursuit à Bruxelles sa tournée européenne, lundi, accordant une attention particulière à l’accord de libre-échange entre le Canada et l’Europe.

Cet accord de principe, auquel Québec dit ne pas s'opposer, comporte néanmoins un volet qui inquiète le gouvernement de Pauline Marois, soit celui touchant les producteurs de fromage de la province.

À cet égard, Pauline Marois a envoyé à ses interlocuteurs européens le message suivant, lundi : « Je me suis engagée auprès de M. Harper à présenter l'accord devant l'Assemblée nationale une fois qu'Ottawa aura eu une entente avec nos producteurs de fromage pour une compensation. Tant que nous n'aurons pas cette entente, je ne présenterai pas l'accord et il ne sera pas applicable ».

La première ministre a fait cette déclaration devant quelque 150 représentants des milieux d'affaires, réunis par la Chambre de commerce Canada-Belgique-Luxembourg.

Rappelons qu'en vertu de cet accord, le Canada a consenti que soit doublé le quota sur les fromages de l'Union européenne exportés vers le Canada en échange d'un accès accru au marché européen pour les producteurs canadiens de boeuf et de porc.

Plateau de fromages

Plateau de fromages

Photo : iStockphoto

L'Union des producteurs agricoles (UPA) et la Fédération des producteurs de lait du Québec (FPLQ) dénoncent cet accord.Comme l'explique le président de l'UPA, Marcel Groleau,l'Europe appuie ses producteurs laitiers à l'aide de subventions, qui représentent, selon lui, plus de 60 % du revenu de ces producteurs.

Par conséquent, l'UPA plaide pour l'établissement d'un soutien financier pour les fromagers québécois. Le gouvernement du Québec estime, lui aussi, que cette entente éventuelle devra prévoir des compensations pour les producteurs de fromages québécois.

Techniquement, légalement, le Canada pourrait signer même si on est en désaccord. Mais, il faut qu'on modifie nos lois pour permettre que ces marchés publics là soient ouverts. Alors, le poids politique du Québec fait en sorte que, sans notre signature, ce serait un accord vide de sens.

Le ministre des Relations internationales et du Commerce extérieur, Jean-François Lisée, lors d'une entrevue à RDI Économie, le 12 février 2013

L'accord de libre-échange entre le Canada et l'UE a été conclu cet automne, et il doit entrer en vigueur d'ici 18 à 24 mois. Les tenants et les aboutissants de cet accord demeurent inconnus. Le gouvernement canadien a promis de se pencher sur le sort des producteurs de fromages, mais n'a pas précisé en quoi consistera l'aide qui pourrait leur être apportée.

Le dieu des médias 2 (Nouvelle fenêtre), un blogue de Sébastien Bovet, qui suit Pauline Marois en Europe.

Une mission plus diplomatique qu'économique 

À la troisième étape de sa mission européenne, lundi, la première ministre québécoise  a bénéficié d'une rencontre avec le commissaire en charge du  marché intérieur et des services de la Commission européenne, Michel Barnier. Mardi, il est prévu qu'elle s'entretienne avec le président français, François Hollande. 

Il s'agit d'une mission plus diplomatique qu'économique, en ce sens que Pauline Marois n'est pas accompagnée par des membres du milieu des affaires québécois. Aucune annonce de projet ou d'investissement n'est attendue, Mme Marois déployant plutôt son énergie à nouer des contacts et à expliquer les desseins du Québec. 

« Le mouvement souverainiste n'est pas protectionniste », affirme Pauline Marois aux Européens

Dimanche, à Monaco, la première ministre Marois avait expliqué devant une assemblée de politiciens, d'ambassadeurs et d'universitaires que le mouvement souverainiste n'était pas protectionniste mais, au contraire, libre-échangiste. À la question d'un participant qui demandait à Mme Marois pourquoi elle voulait « détruire le Canada », la première ministre a répondu que le gouvernement du parti québécois ne voulait pas détruire mais « assumer [ses] responsabilités ».

Avec les informations de La Presse canadienne

Économie