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Enbridge fait face aux critiques à propos d'un déversement passé sous silence

La compagnie Enbridge souhaite inverser le flux de son pipeline 9B.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

La compagnie Enbridge a dû faire face à un scepticisme certain, mercredi, lors d'une rencontre avec les maires de la MRC de Vaudreuil-Soulanges, qui ont appris récemment qu'un déversement de pétrole survenu à Terrebonne en mai 2011 avait été passé sous silence jusqu'en novembre dernier.

Enbridge, qui propose d'inverser le flux de son pipeline entre North Westover, en Ontario, et Montréal, est responsable du déversement. Or, la compagnie n'a jamais contacté l'administration municipale pour l'en avertir.

Notre but, c'est de travailler en transparence, donner les faits et s'assurer que les gens sont rassurés. Notre priorité est la sécurité des personnes et de l'environnement et c'est ce à quoi nous travaillons chaque jour.

Éric Prud'homme, porte-parole d'Enbridge

La Ville de Terrebonne se dit surprise d'avoir appris si tard qu'un déversement de 4000 litres de pétrole est survenu près des installations d'Enbridge. Dans une lettre transmise à l'entreprise, l'administration affirme qu'un « tel débordement aurait dû faire l'objet d'une communication officielle d'Enbrige à l'endroit des services municipaux, à fortiori dans une période où la population est à juste titre préoccupée par les risques associés au transport pétrolier ».

Enbridge a parlé du déversement à Terrebonne comme d'une « fuite minime » qui n'a mis aucune vie humaine en danger. La compagnie, qui rencontrait les maires de la MRC de Vaudreuil-Soulanges pour leur présenter son plan dans l'éventualité d'un déversement, dit prendre bonne note de cet incident, mais persiste à affirmer qu'elle a respecté la loi.

Cette controverse survient alors que la semaine dernière, le gouvernement du Québec donnait son appui au projet d'inversion du flux pétrolier d'Enbrige. Bientôt, 300 000 barils pourraient circuler de l'Ouest canadien vers Montréal.

Malgré des garanties au sujet de l'état de l'équipement et d'une assurance à hauteur de 680 millions de dollars américains en cas d'incident sur le territoire de la MRC de Vaudreuil-Soulanges, les élus dénoncent la difficulté à communiquer avec Enbridge.

« Il n'y a pas un élu ici autour de la table qui va dire qu'Enbridge est un bon citoyen corporatif, affirme Marie-Claude Nichols, préfet de la MRC. On a de la misère à avoir de la collaboration. Oui, ils viennent ici nous donner de l'information, mais ce ne sont que des grandes lignes, il n'y a rien de précis. »

« Ils sont en forage à Sainte-Julie-de-Newton depuis des semaines et on ne sait même pas ce qu'ils font! On n'a pas d'information. (...) C'est inconcevable. »

Marie-Claude Nichols, préfet de la MRC de Vaudreuil-Soulanges

L'UMQ réagit

Le maire de Rimouski et président de l'Union des municipalités du Québec (UMQ), Éric Forest, est perplexe. Selon lui, Enbridge avait l'obligation morale et éthique d'avertir la Ville de Terrebonne d'un tel déversement. Le président de l'UMQ recommande aussi que les propriétaires d'oléoducs soient dans l'obligation de consulter les municipalités et d'offrir une compensation en cas de problème.

On ne doit pas attendre une autre tragédie comme celle de Lac-Mégantic avant de légiférer.

Éric Forest, président de l'Union des municipalités du Québec

Éric Forest croit aussi qu'il en va de la responsabilité des élus de mettre en place les moyens de sécuriser le transport des matières dangereuses.

Société