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Approbation de l'expansion de la mine Jackpine : les Autochtones ne décolèrent pas

L'aînée Alice Rigney au bord de la rivière Athabasca
L'aînée Alice Rigney au bord de la rivière Athabasca Photo: John Rigney
Radio-Canada

Le Conseil des aînés des Premières Nations d'Athabasca Chipewyan (ACFN) envisage d'intenter une poursuite pour contester le feu vert d'Ottawa à l'expansion de la mine Jackpine de Shell Canada dans leur région.

L'ACFN redoute les conséquences de ce projet qui permettra à Shell d'ajouter 13 000 hectares aux 7500 hectares que couvrent déjà les opérations de Jackpine, à 70 kilomètres au nord de Fort McMurray.

Les communautés autochtones de la région sont particulièrement inquiètes pour la rivière Athabasca qui sert déjà à de nombreux autres projets d'exploitation de sables bitumineux.

L'aînée Alice Rigney, qui a grandi au bord de cet important cours d'eau, a du mal à cacher sa consternation. « Cette rivière est notre vie depuis des milliers d'années. Elle nous a maintenus en nous donnant du poisson, de la nourriture, de l'eau, le moyen de nous déplacer, bref, tout », dit-elle.

S'ils détruisent cela, qu'adviendra-t-il de nous? Deviendrons-nous des réfugiés sur notre propre terre? Où irai-je?

Alice Rigney

Les promesses du promoteur

Shell assure que l'agrandissement de Jackpine pourra générer 17 milliards de dollars en redevances pour l'Alberta et le gouvernement fédéral, en plus de créer 750 emplois à temps plein.

La mine actuelle Jackpine de Shell dans les sables bitumineux au nord de Fort McMurray en Alberta.La mine actuelle Jackpine de Shell dans les sables bitumineux au nord de Fort McMurray en Alberta. Photo : North American Construction Group

La pétrolière assure, par ailleurs, avoir acheté 730 hectares d'une ancienne ferme d'élevage pour atténuer l'impact de la perte de 8500 hectares de milieu humide dans cette expansion.

Shell a également présenté des plans pour déplacer les caribous et les bisons vers une zone de conservation et pour créer un lac de compensation complète pour les poissons et la faune du secteur.

L'évaluation environnementale du projet estime cependant à 186 000 hectares le total des espaces qui seront perdus ou qui seront modifiés par la mise en œuvre de son projet et par d'autres activités industrielles.

Pas rassurés

Les communautés autochtones et les environnementalistes soutiennent que les retombées positives de Jackpine et les compensations prévues restent en deçà des dégâts provoqués par la mine à l'eau, la terre et la faune. « Ces choses inciteront Suncore, Teck et Total à venir ouvrir une nouvelle grande mine dans la même région. Ces entreprises vont non seulement nous perturber, mais aussi balayer l'habitat du bison des bois, les troupeaux du lac Ronald et les voies de migrations du caribou des bois », explique un autre aîné, Pat Marcel.

Il s'inquiète aussi de l'impact de ce genre d'initiative sur le Traité numéro 8 et sur les droits traditionnels des Dénés, des Cris et des Métis. D'autres représentants autochtones craignent aussi les dégâts de Jackpine sur la rivière Muskeg et sur leurs territoires traditionnels de chasse et de pêche. L'évaluation environnementale du projet de Shell anticipe une destruction pouvant s'étendre sur 21 kilomètres dans le secteur de la rivière Muskeg.

Une responsable des communications de Shell, Eriel Deranger, assure que la pétrolière a consulté largement les communautés autochtones et basé son initiative sur 20 000 pages résultant de nombreuses audiences.

À partir d'un reportage d'Angela Sterritt

Alberta

Ressources naturelles