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Le CN aurait passé sous silence plus de 1800 déraillements et collisions

Un déraillement de train du CN à Landis, en Saskatchewan, le 25 septembre 2013.

Photo : La Presse canadienne / Liam Richards

Radio-Canada

Une enquête menée par CBC révèle que le CN n’a pas rapporté aux autorités quelque 1800 incidents, soit des déraillements ou des collisions, échelonnés sur une période de six ans se terminant en 2006.

C'est ce qui ressort d'une enquête en plusieurs volets menée par CBC, qui rapporte que 48 de ces 1800 incidents s’étaient produits sur des artères clés du réseau ferroviaire.

Le réseau anglais de Radio-Canada s'appuie sur des données cumulées par le Bureau de la sécurité dans les transports (BST) du Canada. Des données qui, dans un premier temps, n'avaient pas été transmises par le CN aux autorités.

Le CN, qui est le plus gros transporteur de marchandises au pays, se défend d’avoir voulu camoufler ou sous-estimer le nombre de collisions et de déraillements survenus sur son réseau. Selon le porte-parole du CN, Mark Hallman, c’est un désaccord entre le transporteur et le Bureau de la sécurité dans les transports, portant sur le type d’incident devant être rapporté aux autorités, qui est à l’origine de la situation.

En 2005, le Bureau de la sécurité des transports a eu la puce à l'oreille relativement à cette situation après avoir observé que les compétiteurs du CN rapportaient un nombre beaucoup plus élevé d'incidents que ne le faisait ce dernier. En juin 2006, le BST, qui agit à titre de chien de garde en matière de transports pour le gouvernement fédéral, a pris une mesure sans précédent : il a cité le CN à comparaître. Le but? Obliger le CN à remettre l'intégralité de ses rapports d'incidents.

Nous avons besoin d'information sur les circonstances entourant un incident, même s'il ne s'est pas produit de dommages substantiels ou qu'il n'y a pas eu de blessés ou de pertes de vie. Ainsi, nous pouvons déceler les tendances et adopter les mesures appropriées relativement à la sécurité dans les transports ferroviaires.

David Kinsman, du Bureau de la sécurité dans les transports du Canada, le 20 juin 2006

Ian Naish, un ancien dirigeant du Bureau de la sécurité dans les transports qui agit désormais à titre de consultant, avance l'hypothèse que le régime de bonus et de récompenses, instauré par le CN à l'égard de ses employés, puisse avoir incité ces derniers à ne pas rapporter certains incidents. 

À titre d'exemple, le CN avait tu un déraillement en 2005 à Fort Langley, en Colombie-Britanique. L'incident avait notamment entraîné le bris de 11 rails et d'un dispositif d'aiguillage.

Le CN a également eu maille à partir avec les autorités américaines relativement à des questions de sécurité. En 2010, le Bureau de la sécurité dans les transports des États-Unis (Federal Railroad Administration) avait obligé le CN à signer une entente de conformité de deux ans afin que le CN accroisse la formation de son personnel et ajoute plus de ressources, le tout en portant une attention particulière à la sécurité.

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