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Sécurité ferroviaire : hausse constante des infractions

Un train de marchandise à Burnaby en C.-B.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Des documents obtenus par CBC révèlent l'existence de problèmes dans l'application des règles de sécurité destinées à prévenir les collisions et à assurer la sécurité des travailleurs du rail.

Dans les bases de données du Bureau de la sécurité dans les transports (BST), obtenues en vertu de la Loi sur l'accès à l'information, on apprend qu'au cours des 13 dernières années, les irrégularités ou infractions liées au déplacement des trains n'ont cessé d'augmenter au pays.

Dans une section du document intitulée Mouvement qui dépasse sa zone de circulation autorisée, le BST consigne des cas où les règles de conduite des trains n'ont pas été respectées.

On y documente, entre autres, des cas où les trains excédaient la limite de vitesse permise, où des conducteurs n'ont pas respecté des panneaux d'arrêt ou sont entrés dans des tronçons où ils n'étaient pas autorisés à circuler.

Une hausse constante des infractions

Ces incidents n'ont cessé d'augmenter au cours des dernières années, atteignant même un record de 120 incidents rapportés l'an dernier, selon la base de données du BST.

Des conducteurs de trains ou des signaleurs ont commis de telles erreurs ou infractions au moins 1353 fois au Canada ces 13 dernières années, révèlent les documents.

« C'est comme quand vous conduisez et que vous ne vous arrêtez pas à un panneau d'arrêt ou à un feu rouge. Vous pouvez être chanceux. Il peut n'y avoir aucun autre véhicule, mais la possibilité de collision est toujours là », déclare David Jeanes, d'Action Transport Canada, un organisme citoyen qui s'intéresse au transport.

« Certains des accidents ferroviaires les plus catastrophiques, en particulier de trains de voyageurs, ont eu lieu lorsque les trains allaient trop vite ou lorsqu'ils ne respectaient pas les signaux d'arrêt », ajoute M. Jeanes.

Les trains de voyageurs ont été impliqués dans au moins 135 cas d'infractions depuis 2000, selon les données du Bureau de la sécurité dans les transports. L'année 2012 est celle où le plus grand nombre d'infractions a été rapporté, soit 120.

Des faits inquiétants

Déraillement d'un train à Burlington, Ontario

Déraillement d'un train à Burlington, Ontario

Photo : La Presse canadienne / Nathan Denette

Certains éléments rapportés dans la section Mouvement qui dépasse sa zone de circulation autorisée de la base de données du BST sont préoccupants. Notamment l'histoire d'un train qui a parcouru une distance de 20 kilomètres sur une voie principale où il ne devait pas se trouver avant que le conducteur ne constate l'erreur.

Parmi les raisons invoquées pour expliquer le non-respect par les conducteurs de la signalisation ou des consignes figurent, entre autres, la fatigue des membres d'équipage, des erreurs de signalisation ou la distraction des conducteurs causée notamment par les téléphones cellulaires.

D'autres incidents font état de trains qui ont été immobilisés plus d'un kilomètre au-delà de l'endroit prévu ou encore qui ont failli happer des équipes de travailleurs qui s'affairaient sur les rails.

Accidents récents impliquant des trains de passagers

  • 18 septembre 2013, six personnes sont tuées à Ottawa lors d'une collision entre un train de passagers et un autobus à deux étages d'OC Transpo. L'autobus se serait engagé dans un passage à niveau.
  • 26 février 2012, trois personnes sont tuées dans le déraillement d'un train de passagers à Burlington, en Ontario. Le train qui reliait Niagara Falls à Toronto roulait à 100 km/h dans une zone de 25 km/h.
  • 25 février 2010, sept personnes sont blessées à la suite du déraillement d'un train de passagers à Saint-Charles-de-Bellechasse, au Québec. Selon les experts, le train s'est engagé dans une voie d'évitement à grande vitesse, provoquant le déraillement du train.

Des appels répétés du BST au gouvernement fédéral

Pour améliorer la sécurité sur le réseau ferroviaire canadien, les experts du BST ont demandé à plusieurs reprises au gouvernement fédéral d'exiger l'installation de systèmes automatiques anticollision qui, par exemple, ralentissent les trains en excès de vitesse et aident à détecter les erreurs de conduite ou de signalisation.

Il y a quelques semaines, le BST a d'ailleurs critiqué publiquement Transports Canada pour son « manque de fermeté » dans l'application de recommandations que ses experts ont formulées à la suite du déraillement l'an dernier d'un train de passagers à Burlington, en Ontario, où trois personnes ont été tuées.

Les gens font des erreurs. Cela fait partie de l'être humain. Mais s'il existe quelque chose qui peut être acheté pour aider les gens à faire leur travail, surtout quand il s'agit de sécurité, le gouvernement, ou dans ce cas, la société Via Rail, doivent dépenser cet argent.

Wayne Easterbrook, gravement blessé le 26 février 2012 dans le déraillement d'un train de Via Rail à Burlington, en Ontario 

Le BST avait notamment demandé que le gouvernement exige des entreprises ferroviaires l'ajout de systèmes de contrôle qui peuvent arrêter les trains lorsque les signaux ne sont pas respectés ainsi que l'enregistrement audio et vidéo des conducteurs dans les locomotives. Une mesure réclamée par le BST depuis au moins une décennie.

Avec les informations de CBC News

Société