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Duceppe juge que la charte des valeurs va trop loin

Gilles Duceppe

Radio-Canada

L'ancien chef du Bloc québécois Gilles Duceppe considère que la charte des valeurs que veut faire adopter le Parti québécois (PQ) est trop restrictive.

M. Duceppe est sorti du devoir de réserve qu'il s'était imposé pendant son mandat de coprésident de la Commission nationale d'examen sur l'assurance-emploi en accordant plusieurs entrevues lundi. Il affirme en substance que l'interdiction de porter des signes religieux ostentatoires devrait concerner uniquement les employés de l'État qui représentent l'autorité, comme les juges ou les policiers.

Selon M. Duceppe, une kippa ou un foulard portés par un médecin, une éducatrice en garderie ou un professeur ne contreviennent pas au principe de neutralité de l'État, puisqu'ils ne le représentent pas directement.

Travailler à visage découvert est toutefois essentiel aux yeux de l'ancien politicien. L'État ne devrait pas accorder de permis de garderies là où des gens travaillent à visage voilé, croit-il, même si ce sont des établissements privés non subventionnées.

En cela, il suit la ligne des anciens premiers ministres Jacques Parizeau, Lucien Bouchard et Bernard Landry, qui disaient la même chose en octobre, après la présentation du projet par le PQ. C'est également la position défendue par le Bloc québécois devant la commission Bouchard-Taylor en 2007.

Cette position est aussi partagée par Maria Mourani, députée fédérale expulsée du Bloc après avoir brisé la ligne de parti en s'opposant au projet de charte. Sur ce sujet, M. Duceppe estime qu'il est légitime que son ancienne formation politique change d'idée, même s'il n'est pas d'accord. Il trouve toutefois inacceptables les propos de Mme Mourani associant le projet de charte à du nationalisme ethnique.

Par ailleurs, Gilles Duceppe pense également que le gouvernement québécois devrait se questionner sur les subventions qu'il accorde à certaines écoles confessionnelles, comme les écoles juives et musulmanes.

Il est cependant catégorique : le Québec a le droit de prendre des mesures pour assurer la laïcité de l'État. Il pense que la province devra utiliser la clause dérogatoire si les tribunaux affirmaient que l'interdiction du port de signes religieux ostentatoires pour les employés de l'État représentant l'autorité contrevient à la Charte canadienne des droits et libertés.

Malgré ses critiques de la charte, Gilles Duceppe tient à féliciter le PQ d'avoir lancé ce « débat nécessaire » et souligne qu'une grande partie du projet de loi fait consensus.

La charte des valeurs, un débat de société

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