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Le Sénat n'a pas besoin de la permission de Harper, dit le sénateur Nolin

Le Sénat canadien

Le Sénat canadien

Photo : La Presse canadienne / Adryan Wyld

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2013 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le sénateur conservateur Pierre Claude Nolin revendique l'indépendance du Sénat face à l'ingérence politique et croit toujours à la pertinence de cette institution qui a été remise en question à maintes reprises au cours des derniers mois.

Il compte instaurer des changements grâce à son nouveau rôle de président intérimaire du Sénat, et ce, sans l'accord du bureau du premier ministre Stephen Harper. 

Je vais être brutal. Nous n'avons pas à attendre sa permission pour le faire.

Une citation de :Pierre Claude Nolin, sénateur conservateur

Dans une entrevue exclusive accordée à l'émission Les coulisses du pouvoir, Pierre Claude Nolin affirme que la plus récente crise causée par les dépenses inappropriées de trois sénateurs est « une tempête majeure » qui a grandement malmené l'autonomie de la Chambre haute.

Extrait de l'entrevue avec Pierre Claude Nolin

Des échanges de courriels révélés dans des documents de la GRC démontrent qu'il y a eu tentative de la part d'employés du bureau du premier ministre de camoufler les dépenses inappropriées du sénateur Mike Duffy. Dans des notes de service, les conseillers de Stephen Harper ont même revendiqué le droit de contrôler le comité sénatorial qui était chargé d'enquêter sur cette affaire.

Le scandale des dépenses au Sénat

« Le Sénat est ébranlé dans son indépendance. On n'a qu'à prendre à témoin les échanges de courriels qui ont été rendus publics par les autorités policières récemment pour comprendre que plusieurs des employés du premier ministre n'ont peut-être jamais compris l'histoire du Sénat, la raison d'être du Sénat ou le rôle du Sénat pour écrire ce qu'ils ont écrit. Alors, il y a définitivement un problème important. »

Pierre Claude Nolin

Nommé au Sénat par Brian Mulroney en 1993 après avoir occupé des fonctions importantes au sein de son cabinet et au sein du Parti progressiste-conservateur, Pierre Claude Nolin est devenu le président intérimaire de la Chambre haute le 20 novembre 2013.

Il aura la responsabilité de la réforme interne de la Chambre rouge près d'un mois après le dénouement de la crise causée par le scandale des dépenses avec la suspension des sénateurs Mike Duffy, Pamela Wallin et Patrick Brazeau.

Pierre Claude Nolin est atteint d'un cancer depuis trois ans. Il continue de suivre ses traitements tout en travaillant. « C'est le travail qui me permet d'envisager d'être capable de mener à bien ce combat », dit-il.

Pertinent sans partisanerie

Pierre Claude Nolin défend la pertinence du Sénat. Il soutient que la Chambre haute devrait revoir son mode de fonctionnement copié sur le modèle de la Chambre des communes qui oppose le gouvernement aux autres partis élus. Cette approche conflictuelle et partisane ne devrait pas orienter les débats des sénateurs, selon lui.

« Je pense que les Canadiens attendent un Sénat beaucoup moins partisan, donc plus indépendant, et qui justement est là pour examiner en priorité les propositions législatives du gouvernement, mais aussi le questionner sur sa gestion des politiques publiques et défendre les intérêts minoritaires. »

L'entrevue avec Pierre Claude Nolin sera diffusée aux Coulisses du pouvoir dimanche à 11 h sur Ici Radio-Canada Télé.

Premier geste concret

Le comité de régie interne du Sénat sera dorénavant dirigé par le président de la Chambre haute, Noël Kinsella à compter du 1er décembre.

Ce comité a été montré du doigt pour avoir cédé aux pressions du bureau du premier ministre pour avoir dilué les conclusions de l'enquête sur les dépenses du sénateur Mike Duffy.

Cette nomination est considérée comme un premier pas vers l'indépendance de cette institution. « Le premier ministre a fait appel à quelqu'un qui a beaucoup d'expérience et le travail se fera peut-être finalement sans trop de partisanerie puisque c'était ça en grande partie le problème », souligne la sénatrice libérale Céline Hervieux-Payette.

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