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Collège Night Hawk de Gatineau : 34 étudiants floués obtiennent une remise de dette

Le ministre Duchesne a fait l'annonce au Carrefour Jeunesse-Emploi de l'Outaouais.

Le ministre Duchesne a fait l'annonce au Carrefour Jeunesse-Emploi de l'Outaouais.

Photo : René Hardy

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2013 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Les anciens étudiants floués du Collège informatique privé Night Hawk de Gatineau obtiennent une remise de dette. C'est ce qu'a annoncé, vendredi matin, le ministre de l'Enseignement supérieur, Pierre Duchesne.

Le ministre a utilisé son pouvoir discrétionnaire pour offrir une remise de dette à 34 étudiants qui avaient contracté des prêts auprès du gouvernement pour payer leurs droits de scolarité pour fréquenter le collège. Ces dettes totalisent plus de 360 000 $.

Il faut enlever l'épée de Damoclès au-dessus de la tête de ces jeunes-là qui se sont endettés en raison d'une magouille.

Une citation de :Pierre Duchesne, ministre de l'Enseignement supérieur

Il s'agit d'une « mesure exceptionnelle pour une situation exceptionnelle », a précisé le ministre.

En 2006, ces étudiants s'étaient inscrits au Collège Night Hawk afin d'obtenir en un an une attestation d'études collégiales reconnue par le ministère de l'Éducation du Québec. Avec les droits de scolarités et les frais afférents, certains avaient contracté des dettes allant jusqu'à 30 000 $.

Au cours de l'année scolaire 2006-2007, les étudiants se sont inquiétés de la piètre qualité de la formation et de la gestion douteuse. Ils ont alors porté plainte au ministère de l'Éducation du Québec, qui a fermé le collège le 30 juin 2007.

En tout, environ 150 personnes ont fréquenté l'établissement, mais la plupart d'entre elles étaient en fait de faux étudiants recrutés par le collège qui ont réclamé des prêts et bourses au gouvernement à l'aide de documents contrefaits. Ils ont ensuite partagé l'argent avec l'administration du collège.

« C'est la première fois qu'il y a une magouille aussi sophistiquée avec une organisation dans le but de corrompre et d'aller chercher des prêts auprès du ministère », a soutenu le ministre, qui a assuré travailler pour que de tels événements ne se reproduisent pas.

« On va s'assurer que la brèche qui pouvait exister, qui a permis de mettre en place cette terrible machine, ne puisse plus s'exercer », a-t-il déclaré.

Du côte des étudiants

Les étudiants qui obtiendront une remise de dette seront avisés par écrit. D'autres étudiants pourraient être indemnisés dans cette affaire.

De son côté, Mélanie Cloutier, une des étudiantes flouées, se réjouit en partie que sa dette soit finalement annulée après des années d'attente.

Toutefois, elle déplore que cette remise pour les prêts ne soit qu'une partie des dettes qu'elle a contractées dans cette affaire. « On va encore travailler ensemble pour essayer d'obtenir encore plus de dédommagements », précise-t-elle. « Ça fait sept ans qu'on retient nos impôts », ajoute-t-elle.

Des mesures avaient été prises au printemps

En juin dernier, le ministre Duchesne avait déjà pris des mesures afin d'aider les étudiants dans ce dossier. Il avait annoncé qu'il gelait les intérêts sur les dettes de prêts et bourses pendant la durée de l'enquête.

Parmi les autres mesures temporaires, Revenu Québec avait cessé les retenues à la source sur les versements de TPS et les remboursements d'impôt des étudiants. Ces derniers pouvaient aussi être de nouveau admissibles aux programmes de prêts et bourses.

Trente mois de prison

Récemment, au début novembre, l'ancien propriétaire du Collège Night Hawk a été condamné à 30 mois de détention pour une fraude de 850 000 $ et à 12 mois pour avoir contrefait des documents.

Selon le jugement, Mark Cohen était l'instigateur de la fraude et il a fait durer cette situation pendant plusieurs mois.

Les deux complices de Mark Cohen ont pour leur part écopé de 27 mois de prison, une peine qu'ils ont déjà purgée.

Avec les informations de Marc Gauthier et de René Hardy

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