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Mort de Michael Eligon : les policiers seraient mal formés

Sept policiers entouraient Michael Eligon.
Sept policiers entouraient Michael Eligon. Photo: CBC
Radio-Canada

L'agent Andrew Boyd a affirmé jeudi à l'enquête du coroner sur la mort de Michael Eligon que les policiers ne reçoivent aucune formation sur les façons d'intervenir auprès d'une personne atteinte de troubles mentaux.

C'est lui qui a donné l'ordre d'ouvrir le feu sur Michael Eligon le matin du 3 février 2012. L'homme de 29 ans a été tué au moment où il brandissait des ciseaux en direction des sept agents qui l'entouraient.

Il venait de quitter l'Hôpital East General, où il avait été admis trois jours plus tôt parce qu'il entendait des voix. Michael Eligon n'était d'ailleurs vêtu que d'une chemise de nuit et titubait, l'air hagard, sans chaussures.

L'agent Boyd a affirmé à la barre que la vie de ses hommes était en danger lors de l'opération.

« Il était menaçant et nous devons nous fier à notre jugement. »

Les policiers montrés du doigt

L'avocat de la famille Eligon, Peter Rosenthal, blâme quant à lui la formation des policiers pour le dénouement tragique de l'opération.

« Je ne m'en prends pas à un agent en particulier, mais il est incroyable que la police n'apprenne rien de ses erreurs compte tenu de toutes les enquêtes du coroner sur les personnes atteintes de maladie mentale », dénonce-t-il.

Andrew Boyd reconnaît que lui et ses hommes n'ont reçu aucune formation spécifique sur la façon de désamorcer une crise lorsqu'ils sont confrontés à une personne en détresse.

On nous apprend à utiliser une force raisonnable dans de telles situations, mais nous ne faisons aucune différence entre un suspect ou un malade qui est armé

Andrew Boyd

Cinq autres policiers doivent encore témoigner à l'enquête. L'agent qui a fait feu sur Michael Eligon doit comparaître la semaine prochaine.

Vidéo troublante

Les jurys à l'enquête du coroner ont visionné mercredi la vidéo troublante de la mort de Michael Eligon. Sur la bande vidéo, on aperçoit sept policiers, l'arme à la main, en train de reculer à moins de deux mètres du suspect.

Michael EligonMichael Eligon Photo : CBC

On entend les agents qui lui ordonnent, sans succès, de lâcher ses ciseaux qu'ils confondent avec des couteaux.

Andrew Boyd a affirmé que Michael Eligon avait transgressé la distance sécuritaire de six mètres par rapport aux policiers.

« Il aurait pu se jeter sur l'un d'eux et le poignarder à la nuque », a-t-il justifié.

Il souligne que la situation était confuse, que le niveau de stress élevé et qu'il fallait agir vite.

La matraque et le poivre de Cayenne auraient été inutiles et personne ne possédait un pistolet Taser selon l'agent Boyd.

Les avocats de l'enquête estiment que les ordres des policiers auraient pu être contradictoires.

« Il est clair que la victime se protégeait contre une éventuelle agression, puisque vous veniez de donner l'ordre de tirer sur elle », allèguent les avocats des parties
représentées.

Andrew Boyd s'est défendu en expliquant que lui et ses agents ne connaissaient pas l'état d'esprit dans lequel se trouvait Michael Eligon.

Avec les informations de Jean-Philippe Nadeau

Ontario

Justice