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Complicité douteuse entre l'ex-PDG de la SOLIM et Denis Vincent, un proche des Hells

Denis Vincent

Denis Vincent

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2013 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Les écoutes électroniques présentées par l'enquêteur de la commission Michel Comeau démontrent que Denis Vincent, un individu considéré comme proche des Hells Angels de Trois-Rivières, avait une grande complicité avec l'ex-PDG de la SOLIM, Guy Gionet. Elles tendent aussi à démontrer que Jean Lavallée, alors président du CA de la SOLIM et présumé proche de M. Vincent, n'en ignorait rien.

Un texte de Bernard Leduc et François Messier

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Les écoutes présentées ont été enregistrées lors de l'opération Foudre, entre janvier et mai 2009, qui visait notamment MM. Guy Gionet et Denis Vincent, et dans lesquelles il est question de dossiers financés par la SOLIM, soit le projet TIPI de Laurent Gaudreau et celui de Place Telus.

M. Vincent, a précisé l'enquêteur, n'a aucune fonction connue à la SOLIM, malgré sa grande influence auprès de Guy Gionet, comme en font foi les écoutes. Selon l'enquêteur Comeau, il paraît de fait agir « comme un décideur » pour la SOLIM.

Les écoutes permettent notamment de saisir l'emprise de M. Vincent sur le projet TIPI, entreprise avortée qui visait la construction d'une salle de spectacle multimédia au pied des chutes Montmorency. Le projet va finalement avorter. M. Vincent était un partenaire de M. Gaudreau : il possédait 33 % des parts dans TIPI par l'entremise d'un holding.

L'enquêteur Comeau a confirmé notamment que Denis Vincent a effectivement demandé 250 000 $ à son promoteur Laurent Gaudreau en 2007 pour Jean Lavallée, président de la FTQ-Construction, afin que son projet puisse se poursuivre.

À la même époque, La SOLIM va faire savoir à Laurent Gaudreau qu'il doit désormais passer par Denis Vincent pour traiter avec elle. « M. Gaudreau voulait parler à la SOLIM, mais il s'est fait dire que : ''Non, faut que tu passes par Denis Vincent. Faut qu'il soit confortable dans tout. Tu passes pu par nous autres, tu nous appelles pu, tu passes par Denis Vincent" », a expliqué l'enquêteur.

Quoique M. Vincent soit en théorie un partenaire de M. Gaudreau, il paraît avant tout près de la SOLIM, puisque dans les écoutes de 2009, MM. Gionet et Vincent discutent à de nombreuses reprises de la meilleure façon de neutraliser M. Gaudreau.

À cette époque, Laurent Gaudreau se battait contre la SOLIM, qui avait retiré à son insu de son compte chez Desjardins, avec la complicité du directeur de la caisse de Loretteville Marcel Champagne, les 2,6 millions de dollars qu'elle lui avait pourtant accordés deux ans plus tôt pour son projet. Les écoutes démontrent aussi la proximité entre MM. Champagne et Vincent.

Les conversations entre MM. Gionet et Vincent montrent aussi qu'ils entendent récompenser M. Champagne pour la façon dont il a traité à leur avantage le dossier TIPI.

Les écoutes démontrent aussi que M. Vincent a d'autres projets en cours avec le PDG de la SOLIM, dont celui des Laboratoire Fernand Labrie et de la Place Telus. Ce dernier dossier avait été évoqué dans une autre écoute du 25 mars 2009 entre Yvon Bolduc, PDG de la SOLIM, et Guy Gionet.

Les deux hommes discutent alors de dossiers que M. Bolduc qualifie de toxiques et dont le Fonds souhaite se débarrasser, ce qui concerne, semble-t-il, tous les dossiers liés à M. Vincent, y compris Place Telus, qui est explicitement nommé.

Plusieurs conversations entre MM. Gionet et Vincent, mais aussi avec le promoteur de Place Telus Pierre Deschênes, ont été présentées par l'enquêteur Comeau et portent sur les difficultés de trouver une institution prêteuse, la filière Caisse populaire, passant par M. Champagne, risquant de paraître maintenant suspecte en raison du contentieux avec M. Gaudreau.

Une conversation du 30 mars 2009 entre MM. Lavallée et Gionet indique que le président de la FTQ-Construction est bien au courant de la gestion des dossiers TIPI et Telus par Guy Gionet, et de la présence de Denis Vincent.

L'enquêteur Comeau a, en passant, défendu l'intégrité de Richard Gagnon, à l'époque responsable du compte d'entreprise de TIPI chez Desjardins, venu témoigner mardi à la commission.

Retour sur TIPI

La commission avait entendu mardi le témoignage de Richard Gagnon, ex-directeur de comptes à la caisse Desjardins et responsable du compte de l'entreprise TIPI, qui suivait à la barre Guy Thériault, l'ancien directeur de l'investissement de la SOLIM.

MM. Thériault et Gagnon ont tous été tous deux interrogés sur le projet TIPI, dans le cadre duquel la SOLIM et le promoteur Laurent Gaudreau prévoyaient investir conjointement dans la construction d'une salle de spectacles au pied des chutes Montmorency.

L'émission Enquête a déjà révélé que l'affaire a avorté après que Denis Vincent, un homme considéré comme proche des Hells Angels et de l'ex-président de la FTQ-Construction Jean Lavallée, eut exigé 250 000 $ de M. Gaudreau vers 2007.

Richard Gagnon a confirmé mardi que Laurent Gaudreau lui a révélé que Denis Vincent lui avait bel et bien demandé une telle somme et une participation en actions dans son projet à la fin de 2007. Le projet s'est effondré peu après. 

M. Gagnon a confirmé qu'il avait subi des pressions pour que la SOLIM puisse récupérer les 2,6 millions de dollars qu'elle avait déposés à l'été 2006 dans le compte de Productions TIPI à la caisse populaire de Loretteville, malgré un avis juridique de la Fédération des caisses Desjardins, qui jugeait la manoeuvre illégale.

Il a également dit que l'affaire s'est réglée au terme d'une rencontre à laquelle il assistait en compagnie de son patron, Marcel Champagne, de Denis Vincent et de Guy Gionet, alors PDG de la SOLIM. Ce dernier intéresse beaucoup la commission depuis quelques semaines.

M. Gaudreau a d'ailleurs entrepris une poursuite contre la FTQ et le Fonds de solidarité FTQ en 2011 relativement à cette affaire. Il a allégué que Denis Vincent exerçait un pouvoir « occulte » auprès de la direction du Fonds et qu'il avait dû lui céder une partie de ses actions pour que la SOLIM maintienne son soutien financier dans le projet.

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