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Port pétrolier à Cacouna : inquiétudes pour les bélugas

Port pétrolier à Cacouna: inquiétudes pour les bélugas

La construction d'un terminal maritime à Cacouna relance le débat sur la protection de cette zone critique de l'estuaire.

La chercheuse en écologie des écosystèmes marins, Lyne Morrissette est d'ailleurs formelle : « Dans le Saint-Laurent, c'est probablement là où il y a la plus grande biodiversité. »

TransCanada, qui projette de construire un oléoduc pour transporter le pétrole de l'Ouest canadien vers l'Est du Canada, pourrait aussi utiliser le port de Cacouna pour expédier le pétrole vers l'Europe. Des investissements de 300 millions de dollars seraient nécessaires pour réaliser un tel projet qui relancerait les activités du port en eaux profondes.

Le port de Cacouna est situé juste en face du parc marin du Saguenay/Saint-Laurent.

Béluga, une espèce en déclin

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La nouvelle fait frémir les scientifiques qui étudient le secteur, considéré comme très fragile. C'est surtout le cas de ceux qui comme le président du Groupe de recherche et d'éducation sur les mammifères marins (GREMM), Robert Michaud, se penchent sur la population de bélugas du Saint-Laurent.

Robert Michaud rappelle que les études compilées cet automne ont révélé que le déclin des bélugas s'est poursuivi au cours de la dernière décennie.Le chercheur se demande si la population, déjà très faible, pourra supporter le stress des travaux. Le déclin pourrait s'accélérer, croit-il.

Si ce n'était, relève Robert Michaud, de la lenteur du gouvernement fédéral à appliquer la Loi sur les espèces en péril, le secteur visé serait sans doute mieux protégé puisqu'il s'agit de ce que les chercheurs ont identifié comme l'habitat critique du béluga. C'est en effet là que se reproduit la petite baleine blanche. « Est-ce que cette désignation serait efficace? Je le souhaite, il faudrait que la loi soit testée », indique Robert Michaud.

En 2007, lors des études portant sur la construction d'un port méthanier, Pêches et Océans Canada recommandait de ne pas effectuer de travaux dans le secteur durant l'été qui est la période critique pour la reproduction du béluga. 

Zone de protection marine

« Toute la survie de la population dépend de ce secteur-là », renchérit Lyne Morrissette.

La construction élèvera le niveau sonore dans l'eau ce qui perturbe grandement les mammifères marins. Le transport maritime sera décuplé. « Et qui dit transport dit bruit, dérangement et collision avec les mammifères marins », commente la chercheuse.

Un tel projet, ajoute Mme Morrissette, va à l'encontre de tous les efforts de conservation en cours dans ce secteur. « La zone est un peu comme le garde-manger du Saint-Laurent », explique la scientifique.

D'ailleurs Pêches et Océans Canada étudie la possibilité de désigner le secteur comme Zone de protection marine. Ce type de désignation augmente la protection d'un site jugé important pour la survie de certaines espèces ou considéré comme étant un habitat unique.

Philippe Cannon, porte-parole de TransCanada, ne se dit pas surpris par la sortie des scientifiques. Il rappelle qu'à l'époque du projet de terminal méthanier, Énergie Cacouna avait travaillé en collaboration avec Pêches et Océans Canada.   « On va travailler avec la même rigueur, la même ouverture et en étroite collaboration avec les autorités », indique M. Cannon.

Pour sa part, le ministre de l'Environnement Yves-François Blanchet a indiqué par communiqué qu'il était hors de question de faire preuve d'imprudence dans l'étude de tout projet, en particulier s'il pose une menace documentée pour la diversité biologique du Saint-Laurent.

Le ministre rappelle que le projet de TransCanada Énergie n'a pas été officiellement déposé auprès du gouvernement.   

Le porte-parole de TransCanada, Philippe Cannon, confirme toutefois que l'utilisation du port de Cacouna comme terminal pétrolier est le scénario qui sera présenté à l'Office national de l'énergie lors du dépôt de l'ensemble du projet en 2014.

Économie