•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Un compromis sur le climat permet d'éviter l'impasse à Varsovie

Des participent assistaient à la 19e conférence des Nations Unies sur le climat à Varsovie, vendredi

Photo : AFP / JANEK SKARZYNSKI

Radio-Canada

Les diplomates réunis à Varsovie sont finalement arrivés à un consensus samedi, établissant les fondations d'un futur traité mondial sur la lutte contre le réchauffement climatique.

L'accord a été adopté à la suite de plusieurs jours de négociations parfois difficiles entre les représentants de plus de 190 pays. Cette entente permet de mettre la table pour le rendez-vous crucial de Paris en 2015, où l'on souhaite conclure l'accord le plus ambitieux jamais scellé pour limiter le réchauffement planétaire à 2 degrés Celsius.

« Juste à temps, les négociateurs à Varsovie ont fait juste ce qu'il fallait faire pour que ce processus continue d'avancer », a commenté Jennifer Morgan, directrice du Centre de recherches World Resources Institute (WRI).

Les pays riches et les pays pauvres se sont entendus sur le fait qu'ils devront partager les efforts nécessaires afin de lutter contre les changements climatiques. Il s'agissait d'un des principaux points en litige.

La dernière grande entente sur le climat, le protocole de Kyoto, précisait que seuls les pays développés avaient l'obligation de diminuer leurs émissions de gaz à effet de serre, ce qui avait notamment poussé les États-Unis à la rejeter. Washington jugeait que les pays émergents devaient aussi participer à l'effort.

Ce à quoi la communauté internationale s'engage :

  • Adopter, dans deux ans à Paris, un accord de réduction des gaz à effet de serre qui entrera en vigueur dès 2020
  • L'accord qui sera adopté à Paris devra être suffisamment contraignant et ambitieux pour limiter le réchauffement planétaire à 2 degrés Celsius par rapport au niveau de l'ère préindustrielle.
  • Les États doivent préparer des « contributions » sur ce qu'ils entendent faire pour lutter contre les changements climatiques. Le terme « contribution » est plus faible que le terme « engagement », qui se trouvait dans le texte initial et auquel s'étaient opposées, entre autres, la Chine et l'Inde.

Les négociations à ce sujet se poursuivront ensuite à Lima en 2014, puis à Paris en 2015 pour la signature finale du traité.

Aide financière

Un autre texte portant sur l'aide financière des pays du Nord aux pays du Sud a été adopté. L'aide doit permettre aux pays en développement de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre et de s'adapter aux changements climatiques.

Les négociations ont également permis d'arriver à un compromis concernant un mécanisme de « pertes et dommages ». Ce mécanisme vise à dédommager les pays en développement, principales victimes du réchauffement planétaire, contre les évènements climatiques extrêmes qu'il engendre.

Négociations difficiles

Les deux semaines de négociations ont été difficiles notamment à cause de la mésentente entre les pays du Nord et du Sud. Ces derniers considèrent que les pays occidentaux devraient assumer une plus grande part de l'effort étant donné leur responsabilité historique.

Jusqu'à samedi, la seule entente concrète entre les délégués concernait la protection des forêts tropicales.

Déjà jeudi, de nombreuses associations environnementales avaient claqué la porte des discussions afin de dénoncer le peu d'avancement dans les négociations.

Le Canada critiqué

L'Assocition québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique (AQLPA) a d'ailleurs critiqué le rôle qu'a joué le Canada au cours des deux dernières semaines, l'accusant d'être un des responsables de l'échec de plusieurs séances de négociations.

« Le Canada fait partie de ceux qui ont fait dérailler toutes les discussions et les travaux, a affirmé le président de l'AQLPA, André Belisle, samedi matin sur les ondes de RDI. Le Canada a carrément tourné le dos aux négociations en disant qu'il n'entendait pas consentir d'autres engagements financiers. C'est le contraire de ce qu'il avait pris comme engagement. »

« Les positions du Canada participent du blocage des négociations en refusant de bouger sur des points clés. Ceci altère la confiance des parties et n'incite pas à ce que d'autres pays s'engagent », a pour sa part indiqué Alain Brunel, le directeur climat-énergie de l'AQLPA dans un communiqué samedi matin.

« Non seulement le Canada refuse de hausser ses objectifs de réduction d'émissions avant 2020, mais il n'atteindra même pas ses propres maigres cibles », a ajouté M. Brunel.

Avec les informations de Agence France-Presse, Associated Press, et Reuters

Environnement