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« Mad Dog » n'est plus

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Mad dog Vachon

Mad dog Vachon

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2013 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

L'une des plus grandes icônes de la lutte québécoise s'est éteinte. Maurice « Mad Dog » Vachon est mort dans son sommeil, jeudi matin, à l'âge de 84 ans.

Originaire de Ville-Émard, Vachon a connu une carrière fulgurante dans le monde de la lutte professionnelle grâce à son style peu orthodoxe, sa barbe légendaire et son humeur massacrante.

« C'est le lutteur québécois le plus connu à l'extérieur du Québec. Une légende, avance Pat Laprade, auteur d'un livre sur le monde québécois de la lutte.

Il a d'ailleurs attiré la plus grande foule de la province pour un combat de lutte. Le 14 juillet 1973, 29 127 spectateurs s'entassaient au parc Jarry pour assister à un affrontement entre « Mad Dog » et son grand antagoniste, Wladek « Killer » Kowalski.

« Il a été non seulement un lutteur professionnel, mais également un des grands sportifs du Québec », ajoute Laprade.

Véritable athlète, il a pris part aux Olympiques de Londres en 1948, où il a terminé au 7e rang.

Le vilain

Dans les années 1960, sa carrière a pris son envol lorsqu'il met la main sur le titre des poids lourds de l'American Wrestling Association. Il a été champion à cinq reprises.

Maurice « Mad Dog » VachonAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Maurice « Mad Dog » Vachon

Photo : Facebook

Reconnu pour son mauvais caractère, il a utilisé toutes sortes de ruses pour vaincre ses adversaires.

« Il est le méchant que les gens ont aimé détester pendant des années, souligne Laprade. Il vous aurait dit : "J'ai passé ma vie à vouloir me faire détester, mais je réalise que j'ai manqué mon coup." »

« Sa voix, c'était naturel, ajoute l'ancien lutteur Gino Brito. Il en a pris avantage de ça. Il donnait beaucoup de lui-même dans l'arène. Il avait une réputation aussi, il avait gagné des médailles en lutte olympique.

« C'est sûr que quand vous luttiez contre Maurice Vachon, la place était pleine. »

Brito souligne que Mad Dog n'avait pas de prise de soumission caractéristique, contrairement à plusieurs lutteurs : « Une chaise pouvait suffire! »

Pour Jacques Rougeau, toujours associé au monde de la lutte, c'est le style de Maurice Vachon qui lui a valu une si grande popularité : « Je pense que j'ai jamais connu un gars dans la business, depuis 38 ans que je fais ça et même avant quand je la suivais, qui était aussi intimidant. On dirait qu'il ne connaissait pas la peur.

« Tout le monde en avait peur. Même quand il a fait sa tournée d'adieu, il avait peut-être 55 ans, et dans ce temps-là j'étais beaucoup plus jeune, j'avais 23-25 ans, j'en avais peur un peu aussi (rires)! J'ai lutté en équipe avec lui une fois ou deux, mais pas contre lui, il était rendu un "bon" à la fin. »

D'ailleurs, à l'extérieur du ring, il s'est fait aimer de tous... comme la majorité des « méchants » dans ce monde de divertissement.

« Il était reconnu pour aider les autres. Il recommandait les lutteurs à de nouveaux promoteurs. Il leur trouvait un nouveau nom, un nouveau personnage qui relançait leur carrière. Il avait l'œil pour ça », conclut Laprade.

Il a pris sa retraite en 1986 après une carrière de 46 ans dans les cordes et au tapis.

L'année suivante, on lui a amputé une jambe après qu'il eut été heurté par une voiture. Il a perdu l'usage de son autre jambe vers la fin de sa vie à cause du diabète.

Vachon, la terreur d'autrefois, a dû se déplacer en fauteuil roulant jusqu'à sa mort.

« Mad Dog » s'est éteint auprès des siens à Omaha, sa ville d'adoption du Nebraska.

(Avec la collaboration d'Olivier Arbour-Masse)

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