•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Pornographie juvénile : vaste coup de filet de la SQ

Le reportage de Jacques Bissonnet
Radio-Canada

La Sûreté du Québec (SQ) dévoile « la plus importante opération policière » en matière de pornographie juvénile au Québec, qui s'est soldée par 28 arrestations et 31 perquisitions dans chacune des régions de la province.

Une quarantaine de victimes ont été identifiées, dont un garçon de 5 ans. Ce dernier a été retiré de sa famille et remis à la Direction de la protection de la jeunesse.

Les suspects appréhendés sont quant à eux âgés de 21 à 68 ans et proviennent de différentes régions du Québec. Parmi eux figure François Bourdon, directeur du centre de désintoxication de l'organisme Portage à Prévost. Il est accusé de distribution et de possession de matériel de pornographie juvénile.

La direction générale du Portage l'a démis de ses fonctions, qu'il occupait depuis 10 ans.

Pour le moment, les enquêteurs n'ont pas établi de liens entre les suspects dans cette affaire, précise la SQ. L'étude du matériel saisi pourrait cependant conduire les enquêteurs à découvrir des réseaux ou des liens entre les prévenus, a expliqué en conférence de presse Jean Lafrenière, responsable de l'équipe d'enquête sur l'exploitation sexuelle des enfants sur Internet.

Fait à noter, l'un des suspects arrêtés dans cette affaire était l'un des plus importants, sinon le plus important distributeur de pornographie juvénile sur Internet au Québec. L'homme distribuait des fichiers partout dans le monde, selon la SQ.

Selon le lieutenant Lafrenière, 330 policiers ont pris part à l'opération pour exécuter les 31 mandats de perquisition émis dans la cadre de ce projet baptisé « Mainmise », initié conjointement en juin dernier par la Sûreté du Québec et la Gendarmerie royale du Canada.

En plus de permettre l'identification et l'arrestation de suspects sur Internet, l'opération a permis la saisie de matériel informatique contenant des centaines de milliers de fichiers, de vidéos et de photos.

Bien qu'ils soient issus de différents groupes d'âge, de différentes professions, de différents groupes sociaux et matrimoniaux, les hommes arrêtés ont une caractéristique commune, ils sont tous des prédateurs sexuels potentiels ou réels agissant envers les enfants... nos enfants.

responsable de l'équipe d'enquête sur l'exploitation sexuelle des enfants sur Internet de la SQ

La plupart des suspects arrêtés ont déjà comparu au tribunal. D'autres seront conduits jeudi après-midi au palais de justice de leur district judiciaire. « Ils pourraient faire face à diverses accusations reliées à l'exploitation sexuelle des enfants, telles que production, possession, distribution de pornographie juvénile, avoir accédé à de la pornographie juvénile, et, dans certains cas, agression sexuelle », précise la SQ dans un communiqué.

Ce coup de filet a mobilisé les services de police des villes de Montréal, Québec, Gatineau, Laval, Longueuil, Saguenay, Sherbrooke, Lévis, Trois-Rivières, Terrebonne, Saint-Jean-sur-Richelieu et Saint-Jérôme.

L'Équipe d'enquêtes sur l'exploitation sexuelle des enfants sur Internet (ESEI) a été créée en 2003 et elle regroupe des enquêteurs de la Sûreté du Québec ainsi que de la Gendarmerie royale du Canada. Depuis la création de cette équipe, plus de 250 arrestations ont été réalisées en lien avec l'exploitation sexuelle des enfants.

Société