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L'ONU redoute une aggravation de la crise aux Philippines

Une femme marche dans un champ de débris.

Photo : AFP / NOEL CELIS

Radio-Canada

L'ONU craint une aggravation de la crise aux Philippines en raison de l'inaccessibilité de certaines régions enclavées du pays, dix jours après le passage du typhon Haiyan qui a fait plus de 3900 morts.

Selon Bernard Kerblat, représentant du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) pour les Philippines, la circulation restreinte dans certains endroits complique la coordination des secours.

« À ce jour, je ne suis pas personnellement certain que nous ayons eu accès à toutes les parties du territoire où les gens ont besoin d'aide, a-t-il déclaré. En fait, je ne serais pas surpris que malheureusement, au moment où je vous parle, au 11e jour du désastre, il reste probablement des îles très isolées. »

Il y a maintenant 4 millions de personnes déplacées en raison des dégâts laissés par le typhon, selon les dernières estimations. Ce nombre s'élevait à 900 000 en fin de semaine dernière.

La porte-parole du Bureau des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires, Orla Fagan, a qualifié de « cauchemar logistique » l'acheminement de l'aide aux sinistrés.

« L'ampleur et le nombre de personnes qui ont été affectées sont énormes. Entre 10 et 12,9 millions de personnes ont besoin d'assistance. C'est absolument gigantesque. C'est comme s'il fallait essayer de secourir toute la Belgique », a-t-elle affirmé.

Décor d'après-guerre

L'envoyée spéciale de Radio-Canada aux Philippines, Sophie Langlois, qui se trouve depuis lundi matin à Tacloban, l'agglomération la plus touchée, en rapporte des images apocalyptiques.

Se rappelant le tsunami qui a frappé l'Indonésie et d'autres pays d'Asie du Sud-Est en décembre 2004, Sophie Langlois reconnaît qu'il y avait alors eu plus de morts, mais affirme que l'ampleur de la dévastation aux Philippines est « indescriptible », la zone touchée étant beaucoup plus étendue.

Elle fait état de scènes de destruction sur des centaines de kilomètres. La plupart des bâtiments ont été touchés et il ne reste à présent que des amas de débris.
Des quartiers entiers ont tout simplement disparu, raconte notre envoyée spéciale à Tacloban.

Même si on ne voit plus autant de corps de victimes, l'odeur de putréfaction est forte dans ce qui reste de la ville.

Les survivants sont toujours en état de choc et arrivent difficilement à raconter ce qui leur est arrivé pendant plus de six heures lors du passage du typhon.

Des abris de fortune en attendant l'arrivée de l'aide

Le typhon a fait plus de 4 millions de sans-abri, mais aucun camp de déplacés formel n'a encore été mis sur pied.

Les sinistrés n'ont bénéficié pour le moment que de quelques bâches pour se protéger de la pluie. Des abris de fortune ont fait leur apparition dans différents endroits.

Des familles y vivent dans des conditions d'hygiène insoutenables. Les enfants jouent dans des amas de détritus près de flaques d'eau stagnante et contaminée.

La question de la mise en place de camps pour les déplacés n'est pas simple. L'ONU attend la décision du gouvernement des Philippines, explique Matthew Cochrane du Bureau onusien de la coordination des affaires humanitaires. Il s'agit de donner aux sinistrés des tentes et des trousses de réparation.

Il ne peut pas se prononcer sur le temps que ces sinistrés devront encore attendre.

De passage dans la ville de Palo, située au sud de Tacloban, le président philippin Benigno Aquino a estimé que « cela [incitait] au désespoir ». « Mais si je commence à désespérer, cela va provoquer une réaction en chaîne et ralentir les efforts de tout le monde », a-t-il ajouté.

La Banque mondiale a annoncé qu'elle consentirait un prêt d'urgence de 500 millions de dollars pour aider à construire des immeubles capables de résister à des vents de 250 km/h à 280 km/h et aux inondations.

Le typhon Haiyan, avec des vents de 314 km/h, a frappé les Philippines et a englouti Tacloban, où vivaient quelque 220 000 personnes. La presque totalité des personnes tuées par Haiyan étaient dans les provinces de Leyte et de Samar.

Quant au coût de la reconstruction, « cela dépassera largement les 500 millions de dollars [de la Banque mondiale] et même les 500 millions additionnels de l'ADB [Banque asiatique de développement] qui a promis de nous aider », a estimé le ministre philippin du Budget, Florencio Abad.

Avec des informations de Sophie Langlois

Avec les informations de Reuters

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