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Les inhalothérapeutes : les meilleurs amis des poumons

Annie Bisson, inhalothérapeute au CHUS, au coeur de sa pratique

Annie Bisson, inhalothérapeute au CHUS, au coeur de sa pratique

Photo : Martin Labbé

Prenez note que cet article publié en 2013 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Armée de son stéthoscope et de son saturomètre, Annie Bisson parcourt les étages du CHUS Fleurimont afin d'apporter des bouffées d'oxygène frais aux nombreux patients de l'établissement qui cherchent leur air.

« Je voulais être dans le feu de l'action. Quand on travaille comme inhalothérapeute, on ne sait jamais comment la journée se passera. Au départ, je voulais être ambulancière. J'ai réalisé que l'inhalothérapeute, c'est un peu l'ambulance de l'hôpital », explique, d'entrée de jeu, Annie Bisson.

Elle n'a pas tort celle qui roule sa bosse au CHUS, depuis dix ans maintenant, entre la néonatologie, les accouchements et les soins intensifs. « Nous faisons de tout! Nous ne donnons pas que des pompes de Ventolin. C'est comme de dire qu'un policier ne fait que donner des contraventions! Ils font beaucoup plus que ça! », compare-t-elle.

Ainsi, bien que les inhalothérapeutes soient les spécialistes de la respiration en situation critique, ils sont appelés à oeuvrer dans de nombreuses autres situations. « Nous allons au bloc opératoire, nous faisons des tests cliniques et de la recherche aussi », donne en exemple Annie Bisson.

Les inhalothérapeutes utilisent une panoplie d'accessoires et de matériel dans l'exercice de leur métier.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Les inhalothérapeutes utilisent une panoplie d'accessoires et de matériel dans l'exercice de leur métier.

Photo : Martin Labbé

Chaque jour, elle récupère l'une des six pagettes qui correspond à un secteur de l'hôpital (urgence, chirurgie, soins intensifs, etc.) et voit à donner des soins aux patients qui s'y retrouvent. Les inhalothérapeutes s'occupent de maximum six personnes qui sont placées sous respirateur.

Parfois, elle ira même donner des soins en dehors du centre hospitalier. « Par exemple, quand un bébé prématuré naît ailleurs sur notre territoire et qu'il a besoin d'assistance respiratoire, nous allons le chercher pour le rapporter à notre unité néonatale. » De Lac-Mégantic à Cowansville, en passant par Thetford Mines, Annie Bisson en a roulé des kilomètres en supportant de minuscules poumons dans leur quête d'oxygène.

Les inhalothérapeutes sont habiletés à lire des radiographies de poumons. Ils sont les seuls, avec les médecins et résidents, à pouvoir le faire.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Les inhalothérapeutes sont habiletés à lire des radiographies de poumons. Ils sont les seuls, avec les médecins et résidents, à pouvoir le faire.

Photo : Martin Labbé

Des connaissances impressionnantes

Leur vaste champ d'expertise est impressionnant. De la lecture des radiographies de poumons à l'intubation de patients jusqu'à l'enseignement de l'art de bien respirer lorsque l'on est victime d'une maladie pulmonaire, rien ne doit échapper aux connaissances des inhalothérapeutes.

« C'est difficile parce que rien n'est jamais pareil. Il faut être capable d'intuber un homme de 40 ans comme un bébé de 500 grammes. Puis, même deux patients du même âge n'auront pas la même physionomie, la même mâchoire. Il faut être à son affaire! »

Oui, il faut être à son affaire lorsqu'on est inhalothérapeute parce qu'une réanimation peut survenir à tout moment. Quand le code bleu -un code qui annonce qu'un patient est en arrêt cardio-respiratoire- est déclenché dans l'hôpital, Annie Bisson doit être performante et en selle pour venir en aide à cette personne que l'on veut ramener à la vie.

L'adrénaline dans le tapis, il faut savoir bien coordonner les forces de chacun dans cette équipe de réanimation.

« Nous avons des formations, avec de faux cas sur des mannequins, pour apprendre à gérer son stress et pour apprendre à bien communiquer entre nous. Qui sera le leader? Qui fera quoi? C'est essentiel de savoir quoi faire quand il est question de sauver des vies. »

Annie Bisson programme un respirateur de transport. Cet appareil est utilisé pour transférer les patients intubés en ambulance ou pour les patients intubés qui doivent aller en examen à l'intérieur de l'hôpital.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Annie Bisson programme un respirateur de transport. Cet appareil est utilisé pour transférer les patients intubés en ambulance ou pour les patients intubés qui doivent aller en examen à l'intérieur de l'hôpital.

Photo : Martin Labbé

L'envers de la médaille

Quand cette personne, qui avait arrêté de respirer, reprendra son souffle, tous soupireront de soulagement. D'autres fois, le boulot à accomplir est plus pesant, plus difficile, plus émotif. Ce sont les inhalothérapeutes qui ont la lourde tâche de procéder à l'extubation des patients lorsque les traitements sont cessés.

« C'est difficile, parce que les gens, la famille, se souviendront que c'est elle qui a débranché mon père. Nous sommes la dernière personne qu'ils voient. On s'habitue à tout sauf au débranchement. Même si on sait que c'est la suite des choses, on ne peut pas rester insensible. Il faut rester professionnel, il y a une famille autour », dit-elle.

Mais jamais Annie Bisson ne laissera un patient partir seul. « Même si ce n'est jamais facile, je ne peux pas laisser cette personne décéder toute seule. Ce n'est pas un chien! C'est un humain. Ces moments sont vraiment difficiles. »

Par contre, elle reprendra rapidement ses esprits pour soulager ce petit garçon qui combat une vilaine pneumonie. Pour aider cette grand-maman qui doit apprendre à vivre avec l'emphysème. Pour donner un coup de main en salle d'opération à cet homme qui subira un pontage. Pour redonner la vie à cette maman dont le coeur avait cessé de battre.

Quelques-uns des respirateurs disponibles pour les patients du CHUS.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Quelques-uns des respirateurs disponibles pour les patients du CHUS.

Photo : Martin Labbé

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