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Assurance-emploi : la réforme décourage le travail saisonnier, selon une entrepreneure

Huguette Doucet, propriétaire de Doucet Evergreen

Huguette Doucet, propriétaire de Doucet Evergreen

Photo : Marilyn Marceau/Radio-Canada

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2013 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La catastrophe annoncée par les opposants à la réforme de l'assurance-emploi ne semble pas s'être concrétisée, mais une entrepreneure au Nouveau-Brunswick affirme que certains travailleurs commencent à délaisser les emplois saisonniers.

L'entreprise saisonnière Doucet Evergreen, au Nouveau-Brunswick, attribue à la réforme de l'assurance-emploi ses difficultés à recruter des travailleurs cette année.

Doucet Evergreen emploie une quarantaine de personnes qui fabriquent des couronnes de sapin à Allardville. Pour la plupart, ces travailleurs occupent des emplois saisonniers, comme Lyette Doucet. « Avant les couronnes, on va aux patates dans le bout de Fredericton », dit-elle.

Il y a 25 ans qu'elle confectionne des couronnes de Noël. Comme plusieurs personnes dans la région, elle cumule divers emplois saisonniers.

« Cette année, j'ai perdu huit filles », déplore Huguette Doucet, propriétaire de l'entreprise. Elle jette un blâme sur la réforme pour la perte de ses employées qui ont trouvé un emploi à longueur d'année ou qui sont retournées aux études.

« Si ce n'avait été de la réforme, elles auraient continué à travailler à temps partiel à d'autres endroits et revenir ici finir. C'est vraiment à cause de cela qu'elles sont parties », affirme Mme Doucet.

Couronnes de NoëlAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Des couronnes de Noël fabriquées par les employés de Doucet Evergreen et destinée au marché américain.

Photo : Marilyn Marceau/Radio-Canada

Huguette Doucet a eu du mal à remplacer ces travailleuses d'expérience. La réforme n'a donc rien eu d'avantageux pour elle.

Lyette Doucet connaît des travailleurs qui ont préféré partir dans l'Ouest canadien. « Oui, il y en a qui ont fait cela à cause de la réforme », dit-elle.

L'hiver dernier, les travailleurs saisonniers manifestaient contre les changements apportés à l'assurance-emploi. Des chômeurs fréquents craignaient d'être forcés d'accepter un emploi plus loin de leur domicile et à un moindre salaire. Certains prédisaient une pénurie de main-d'oeuvre dans les industries saisonnières et le dépeuplement des régions rurales. Mais pour l'instant, les effets de la réforme sont peu perceptibles.

Réactions politiques

Le député Yvon GodinAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le député Yvon Godin (archives)

Le député fédéral néo-démocrate, Yvon Godin, déplore le départ de certains travailleurs d'expérience qui ont préféré s'expatrier ou changer d'emploi plutôt que de rester dans l'industrie saisonnière.

Selon lui, cela cause des maux de tête aux entrepreneurs.

« Vous ne devenez pas pêcheurs dans deux semaines, vous ne devenez pas pêcheur dans une semaine. Ils ont perdu des personnes d'expérience. Vous ne devenez pas un employé d'usine dans deux semaines. Un employé d'usine, c'est un emploi qui est très difficile, qui est dur et ça ne s'apprend pas dans une semaine », ajoute-t-il.

Le ministre Jason Kenny en 2012, lors de la période de questions à la Chambre des communes, à Ottawa.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le ministre Jason Kenny en 2012, lors de la période de questions à la Chambre des communes, à Ottawa.

Photo : La Presse canadienne / Fred Chartrand

Le gouvernement conservateur, de son côté, continue d'affirmer que le NPD mène une campagne de peur et affirme que les changements apportés à l'assurance-emploi ont causé très peu de remous.

Le ministre fédéral de l'Emploi, Jason Kenney, affirme que les personnes qui ne peuvent pas se permettre d'occuper un emploi plus loin de leur domicile, par exemple parce qu'elles ne possèdent pas d'auto, ne seront jamais forcées de le faire.

« Si vous ne pouvez pas voyager, si vous n'avez pas un char, si c'est un emploi qui n'est pas à votre niveau, il y a toutes sortes de flexibilités. C'est la raison pour laquelle presque personne au Nouveau-Brunswick, par exemple, n'ont perdu leurs prestations à cause de ces changements-là. Très, très peu de gens ne se sont pas qualifiés à l'assurance-emploi à cause de ces changements-là », explique M. Kenny.

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