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Le typhon aux Philippines ébranle la conférence de l'ONU sur le climat

Les délégués ont observé une minute de silence à la mémoire des victimes du super-typhon Haiyan aux Philippines. À gauche, le délégué des Philippines Naderev Sano.

Les délégués ont observé une minute de silence à la mémoire des victimes du super-typhon Haiyan aux Philippines. À gauche, le délégué des Philippines Naderev Sano.

Photo : AFP / JANEK SKARZYNSKI

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2013 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La conférence annuelle des Nations unies sur les changements climatiques s'est ouverte lundi en Pologne avec, en filigrane, la dévastation des Philippines après le passage de l'un des plus violents typhons de l'histoire.

La communauté internationale tente de s'entendre sur un nouveau traité de réduction des gaz à effet de serre pour faire suite au protocole de Kyoto, après l'échec de la réunion de Copenhague

Les délégués de près de 200 pays tiendront des discussions durant deux semaines.

En ouverture, il ont observé une minute de silence à la mémoire des milliers de victimes du typhon Haiyan.

Très émotif, le chef de la délégation philippine à Varsovie, Naderev Sano, a indiqué qu'il s'abstiendrait de manger jusqu'à la fin de la réunion, le 22 novembre, pour protester contre l'inaction de la communauté internationale face au réchauffement climatique, responsable, selon lui, du typhon Haiyan. « Nous pouvons prendre des mesures fortes dès maintenant pour garantir que les supertyphons ne deviennent pas monnaie courante », a-t-il plaidé.

Y a-t-il un lien entre les changements climatiques et le typhon aux Philippines? La réponse d'Étienne Leblanc (Nouvelle fenêtre)

La secrétaire exécutive de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC), Christiana Figueres, a lancé les travaux en déclarant qu'il était temps de garantir une plus grande sécurité climatique aux générations à venir. Elle a appuyé ses propos en évoquant la tragédie aux Philippines, bien que les scientifiques ne s'entendent pas sur le lien existant entre les changements climatiques et l'activité des ouragans.

En revanche, la hausse du niveau des mers de 20 centimètres ces 100 dernières années rend certains pays plus vulnérables aux cyclones, selon le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat.

Sprint de deux ans

La rencontre de Varsovie lance un sprint de deux ans de négociations dans le but de parvenir à un accord qui succédera au protocole de Kyoto, à Paris en 2015. Le nouvel accord de réduction des gaz à effet de serre (GES) devrait être légalement contraignant et entrer en vigueur en 2020.

Le protocole de Kyoto est le seul texte international qui limite l'émission des GES, mais il ne concerne plus que 15 % des émissions totales. Le Canada s'en est retiré (Nouvelle fenêtre) en 2011. 

Le prochain accord doit inclure les deux plus grands pollueurs de la planète, les États-Unis et la Chine, qui n'ont jamais ratifié l'accord de Kyoto.

La communauté internationale s'est fixé comme objectif de limiter le réchauffement de la planète à 2 degrés Celsius par rapport à l'ère préindustrielle. Les experts estiment que la température pourrait croître de 5 degrés d'ici la fin du siècle si rien n'est fait pour contrer le réchauffement climatique.

L'Organisation météorologique mondiale rapportait la semaine dernière que la teneur de l'atmosphère en gaz à effet de serre a atteint un niveau record.

Une déléguée des Philippines, Alicia Ilaga, a quant à elle établi un lien direct entre le réchauffement climatique et la multiplication des catastrophes naturelles. « Chaque fois que je viens à ces conférences [sur le climat] nous faisons face à une nouvelle catastrophe  », a lancé Mme Ilaga. La précédente conférence sur le climat de l'ONU, qui s'était tenue à Doha en décembre 2012, avait été marquée par le passage du typhon Bopha, de catégorie 5. Ce dernier avait laissé plus d'un millier de morts dans son sillage.

« Je demande à nos dirigeants du monde entier de passer à l'action à Varsovie », a lancé la déléguée philippine, Alicia Ilaga. « Que pouvons-nous demander de plus à cette conférence que de transformer ces négociations et ces engagements en action? Mon pays vient juste d'être frappé par un autre typhon de catégorie 5 et nous comptons nos morts. Ils ont été emportés par cette abomination qui n'est pas de notre fait. »

Les résultats des discussions à Varsovie constitueront un indicateur sur les chances de la communauté internationale de parvenir à un accord en 2015.

Avec les informations de Agence France-Presse, Associated Press, et Reuters

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