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Cimenterie de Port-Daniel : les écologistes veulent une étude indépendante

Mise à jour de l'Étude des répercussions sur l'environnement du projet de cimenterie à Port-Daniel-Gascons

Mise à jour de l'Étude des répercussions sur l'environnement du projet de cimenterie à Port-Daniel-Gascons

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2013 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Des environnementalistes de la Gaspésie estiment que l'étude environnementale produite par Ciment McInnis sur son projet de cimenterie à Port-Daniel-Gascons est incomplète. Ils réclament une étude indépendante.  Ils rappellent que la cimenterie de Port-Daniel est le plus important projet du genre au Québec.

Les porte-parole des groupes Environnement Vert plus et Éco-vigilance Baie-des-Chaleurs, Bilbo Cyr et Michel Goudreau, jugent que la sortie de cette étude financée par le promoteur ne répond aucunement aux exigences d'examen des projets soumis au processus d'audiences publiques.

« Il faut un regard indépendant sur les impacts de ce projet », soutient le porte-parole de la Coalition Éco-Vigilance BDC, Michel Goudreau.

Québec a permis à Ciment McInnis de déposer une mise à jour de l'étude environnementale du premier projet porté en 1995 par Cimbec.  Le gouvernement n'a pas voulu imposer la tenue d'un BAPE au projet poursuivi maintenant par Ciment McInnis.

MIchel Goudreau continue de croire qu'une analyse du Bureau d'audiences publiques en environnement aurait été la chose à faire. « Le droit du public gaspésien d'être consulté a été bafoué dans ce dossier », croit Michel Goudreau.

Ce dernier indique que la production sera plus du double de celle prévue en 1995. « Le gouvernement va soumettre des projets éoliens au BAPE, des projets de petite envergure et on a la plus grosse cimenterie du Québec qui va venir s'installer en Gaspésie et on n'a pas de BAPE », relève Michel Goudreau.

Michel Goudreau et Bilbo Cyr font valoir qu'une partie importante de l'étude n'aurait pas été rendue publique.

Ainsi, rapporte Bilbo Cyr, l'entreprise n'a pas jugé bon de rendre publiques les questions posées par le ministère de l'Environnement et la Direction de la santé publique. « On n'a pas vraiment le moyen de savoir ce qui a été examiné et quelles questions ont été posées et quelles réponses ont été données à ces questions ».

M. Cyr estime que si les environnementalistes doivent faire confiance aux promoteurs, ces derniers doivent faire preuve de plus de transparence. « On a accès à l'information au compte-goutte, celle-là comme bien d'autres », poursuit M. Cyr.

Le président et directeur général de Ciment McInnis, Christian Gagnon, se montre rassurant. « Une cimenterie comme celle proposée, avec les normes, les standards comme y met, montre que les impacts qu'elle aura sont assez minimes et s'inscrivent dans une perspective de développement durable », soutient M. Gagnon.  

Les environnementalistes demandent aussi à Ciment McInnis de fournir en continu les données sur les polluants atmosphériques. Environnement Vert plus et Écovigilance Baie-des-Chaleurs explique que le promoteur pourrait installer des capteurs dont les données seraient disponibles en tout temps sur Internet. « Quand le promoteur a été approché avec cette idée, il a dit que cela pouvait se faire si le gouvernement le demandait. Autant que je sache, ça n'a pas été demandé », raconte Bilbo Cyr.

« Le suivi environnemental sera en continu, entre autres, sur les portions émissions atmosphériques », rétorque M. Gagnon. Des instruments de mesure en continu seront installés et pourront détecter les variations hors normes. Périodiquement, ces résultats seront rendus publics, assure le PDG de Ciment McInnis.

M. Cyr se montre très critique envers le gouvernement qui étudie la possibilité d'accorder un prêt ou une garantie de prêt de 350 millions de dollars à Ciment McInnis. Le dossier est d'ailleurs toujours à l'étude à Investissement Québec. 

Le gouvernement se ramasse dans une position où il est juge et partie. On l'interpelle pour être un partenaire financier au moment où il devrait être un législateur. Il se retrouve en conflits d'intérêts. Ça rend toute cette opacité d'autant plus inquiétante parce qu'on n'a plus vraiment de recours. 

Une citation de :Bilbo Cyr, porte-parole d'Environnement Vert plus.

Pour Michel Goudreau, la pertinence de soumettre le projet au BAPE n'est plus à démontrer puisque Ciment McInnis confirme que la cimenterie pourrait rejeter près de 2 millions de tonnes de gaz à effet de serre (GES) dans l'atmosphère. « Et il n'y a aucun engagement de la part du promoteur dans l'étude pour atténuer l'émission de GES », ajoute l'environnementaliste.

Selon les dirigeants de Ciment McInnis, l'usine de Port-Daniel entraînera la fermeture d'une autre cimenterie au Québec, plus polluante, ce qui, à terme, diminuera les émissions de GES.  « Il faut regarder ça dans le cadre de la production globale des cimenteries, fait valoir le PDG de Ciment McInnis, ultimement, la venue des normes et d'une usine comme la nôtre va amener une diminution des GES »

Les porte-parole des deux groupes écologistes estiment qu'il y a tout de même un bon côté à la publication de cette étude. « À partir du moment où les Gaspésiens, les gens de la Baie-des-Chaleurs vont connaître le prix environnemental à payer pour ce projet, on espère qu'il va y avoir un certain éveil », lance Michel Goudreau.

Pour sa part, la Chambre de commerce de la MRC de Rocher-Percé publie vendredi les résultats d'une courte enquête réalisée auprès de 75 personnes au cours des derniers jours. La majorité, soit 95 %, s'est dite favorable au projet. Un sondage réalisé par Léger Marketing en 2012 à la demande du promoteur avait démontré des résultats similaires.

Les groupes environnementaux entendent continuer de demander au gouvernement du Québec la tenue d'un BAPE.

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