ICI Radio-Canada

Vous naviguez sur le nouveau site

Aller au menu principalAller au contenu principalAller au pied de page
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Libéraux et solidaires rejettent le projet de charte, la CAQ plus conciliante

Le reportage de Michel Rochon
Radio-Canada

L'accueil réservé jeudi au projet de loi 60 sur la « Charte affirmant les valeurs de laïcité et de neutralité religieuse de l'État ainsi que d'égalité entre les femmes et les hommes et encadrant les demandes d'accommodements », déposé par le ministre responsable Bernard Drainville, laisse présager une adoption difficile à l'Assemblée nationale.

Le chef du Parti libéral du Québec, Philippe Couillard, a réitéré la position de son parti, s'insurgeant surtout contre l'interdiction du port de symboles religieux ostentatoires qui risque de mener à des congédiements.

« C'est un jour malheureux pour le Québec, c'est un jour de rupture profonde avec notre histoire de plus de 400 ans, une histoire d'ouverture, d'accueil et d'intégration », a déclaré M. Couillard, entouré par plusieurs députés, lors d'une conférence de presse à Québec. Le chef libéral déplore que le projet de loi du gouvernement instaure une discrimination à l'emploi, « notamment envers les femmes ».

C'est un projet de loi impraticable, illégal et inconstitutionnel.

Philippe Couillard

« Nous assistons aujourd'hui à une attaque frontale contre les droits et libertés de tous les Québécois et de toutes les Québécoises », déplore M. Couillard, qui prédit qu'une telle loi serait rapidement attaquée juridiquement. « Un geste qui nous divise, un geste qui fracture notre société, poursuit-il. Le PLQ défendra [...] les droits et libertés de tous les citoyens, jusqu'au bout. »

M. Couillard relève une différence de conception, entre le PLQ et le PQ, sur la neutralité de l'État. Il précise que la neutralité de l'État, pour son parti, consiste à ne favoriser ou ne défavoriser aucune religion tout en ne prétendant pas « effacer le phénomène religieux de la société québécoise ». « Ce projet de loi ne repose sur rien », poursuit M. Couillard en indiquant qu'aucune étude ou aucun fait ne démontre le caractère urgent de la question de la laïcité.

Quant au crucifix à l'Assemblée nationale, M. Couillard s'oppose à son retrait. Selon lui, le crucifix, un élément patrimonial, ne saurait être assimilé à un symbole uniquement religieux. Il souligne qu'une moulure, derrière le crucifix, comporte une gravure où l'on peut lire « Dieu et mon droit ». Il s'interroge sur le sort qui serait réservé à cette moulure tout comme à celui du drapeau québécois qui compte une croix en son milieu.

Le chef du PLQ souligne toutefois que son parti abonde dans le sens du projet de loi 60 au sujet de l'encadrement des accommodements religieux et sur la prestation des services publics qui doivent se dispenser, selon lui, à visage découvert.

Québec solidaire critique l'intransigeance du gouvernement

Françoise David, députée de Gouin et porte-parole de Québec solidaireFrançoise David, députée de Gouin et porte-parole de Québec solidaire

Pour Françoise David, porte-parole de Québec solidaire, le gouvernement « fonce dans le mur et refuse d'entendre les nombreuses voix qui l'invitent à la retenue et à la recherche du consensus ».

Ce projet de loi est plus intransigeant que ne l'était la charte des valeurs proposée en septembre dernier, notamment sur la transition, note la députée de Gouin.

Citant l'article 10 de ce projet de loi, Mme David souligne qu'il « ouvre la porte à interdire le port des signes religieux à des personnes ou à des organismes qui font affaire avec l'État » et bénéficiant de subventions de l'État.

« Le gouvernement est-il en train de nous dire qu'il veut inclure les organismes communautaires? » s'interroge-t-elle.

Plus conciliante, la CAQ déplore le processus

Nathalie Roy, députée de la CAQNathalie Roy, députée de la CAQ

La porte-parole de la Coalition avenir Québec en matière de culture, Nathalie Roy, s'est montrée beaucoup plus conciliante envers la charte de la laïcité mise de l'avant par le PQ. « Il faut une charte, les Québécois en veulent une », a-t-elle avancé en précisant que son parti souhaitait y travailler avec le gouvernement depuis longtemps.

Mme Roy déplore toutefois l'approche du PQ qui « se comporte comme un gouvernement majoritaire », et qui a refusé de travailler avec son parti afin de présenter un projet de loi consensuel.

« Avant de négocier quoi que ce soit, il aurait été intéressant d'avoir une main tendue, d'avoir une écoute, d'avoir une oreille, on n'a rien eu pour le moment », a affirmé Nathalie Roy. « Je vous dis qu'on a une position équilibrée et on va discuter au caucus de notre stratégie. »

La CAQ veut donc examiner en profondeur le projet de loi 60. Nathalie Roy a toutefois rappelé que son parti a déjà suggéré d'imposer l'interdiction des signes religieux seulement aux fonctionnaires en position d'autorité, comme les juges et les enseignants.

Pour la députée de Montarville, le gouvernement devra considérer le compromis offert par la Coalition avenir Québec pour adopter la charte.

Montréal ne bronche pas

À Montréal, le maire élu, Denis Coderre, a déclaré qu'il n'avait pas changé d'idée depuis la campagne électorale. Il demeure fortement opposé à la charte des valeurs. « Je n'ai pas changé ma position, j'ai voulu attendre le texte final », dit-il.

M. Coderre croit que la charte est « divisive » et que la neutralité de l'État est compatible avec la laïcité ouverte.

Le nouveau maire de Montréal a toutefois l'intention de jouer le jeu de la démocratie et de faire valoir ses arguments en commission parlementaire.

À Ottawa

Le projet de loi québécois sur la charte des valeurs a eu des échos jusqu'à Ottawa, où le projet a été décrié par le gouvernement, l'opposition officielle néo-démocrate et les libéraux.

La charte des valeurs, un débat de société

Avec les informations de La Presse canadienne

Grand Montréal

Politique