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La démence retardée par le bilinguisme : la piste se confirme

Une femme parle au téléphone

Photo : iStockphoto

Radio-Canada

Le fait de parler une deuxième langue retarde l'apparition de certaines formes de démence chez les personnes âgées, montre une autre étude, la plus étendue sur ce sujet menée jusqu'à aujourd'hui.

Cette recherche montre que le bilinguisme retarde de quatre ans et demi trois formes de démence, comparativement à des individus ne parlant qu'une langue.

Selon Suvarna Alladi, de l'Institut Nizam des sciences médicales à Hyderabad en Inde, ces travaux sont les premiers à montrer que les personnes parlant deux langues et incapables de lire (illettrées) sont aussi bénéficiaires, ce qui laisse à penser que le niveau de formation n'est pas suffisant pour expliquer cette différence.

Parler plus d'une langue paraît induire un meilleur développement de la zone du cerveau responsable du raisonnement et de l'attention, qui pourraient contribuer à protéger (l'individu, NDLR) de la démence.

Suvarna Alladi

Les auteurs de ces travaux publiés dans la revue Neurology ont suivi 648 personnes, dont 14 % étaient analphabètes, toutes indiennes, de 66 ans de moyenne d'âge, et ayant reçu des diagnostics de diverses formes de démence. Parmi elles, 391 parlaient au moins deux langues.

Dans le groupe, 240 personnes souffraient de la maladie d'Alzheimer, 189 de démence vasculaire et 116 de démence fronto-temporale, une affection rare. Les autres étaient atteintes de différentes autres formes de démence et de la démence dite « à corps de Lewy », qui partagent des caractéristiques avec les maladies d'Alzeimer et de Parkinson.

Constat :

  • Les personnes bilingues ont développé l'alzheimer et des démences fronto-temporales ou vasculaires quatre ans et demi plus tard que celles qui ne parlaient qu'une seule langue.
  • La même différence a été constatée chez celles qui étaient analphabètes, ont constaté les auteurs, soulignant qu'il n'y avait pas un avantage supplémentaire à cet égard à parler plus de deux langues.

De plus, l'effet bénéfique du bilinguisme sur l'âge d'apparition de la démence a été observé indépendamment d'autres facteurs, comme le niveau de formation, le sexe, la profession, ou si les participants vivaient dans une ville ou en zone rurale.

Le saviez-vous?

Déjà, en 2010, des chercheurs torontois de l'Institut Rotman de Toronto montraient que les personnes qui parlent quotidiennement deux langues ou plus retardent de plusieurs années l'apparition des symptômes de la maladie d'Alzheimer.

Science