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JFK, entre commissions et complots

Reconstruction, par la commission Warren, de la vue qu’aurait eue l’assassin du président Kennedy, à travers une lunette téléscopique, à partir du 6e étage du Texas School Book Depository Building.

Reconstruction, par la commission Warren, de la vue qu’aurait eue l’assassin du président Kennedy, à travers une lunette téléscopique, à partir du 6e étage du Texas School Book Depository Building.

Photo : La Presse canadienne / AP/Commission Warren

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2013 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Les théories du complot se sont succédé depuis l'assassinat de John F. Kennedy. Et 50 ans plus tard, elles animent encore les esprits. On ne compte plus les livres et les films sur le sujet, qui semble inépuisable. Ces théories, qui remettent en question la version du tireur solitaire, se basent sur une série d'éléments troublants.

1. La commission Warren a conclu que Lee Harvey Oswald avait tiré trois balles : la première a complètement raté sa cible et a heurté un pont, tandis que la troisième, qui a touché le président à la tête, a été fatale. Mais c'est la trajectoire de la deuxième balle qui soulève bien des doutes.

En effet, elle serait rentrée dans le dos du président, en est sortie par sa gorge avant de frapper le gouverneur Connally au dos et de traverser son poignet et sa cuisse. On l'a ensuite retrouvée quasiment intacte. Ceux qui remettent en question la possibilité que la balle ait emprunté une telle trajectoire l'ont surnommée « la balle magique ».

La « balle magique », retrouvée sur une civière à l’hôpital Parkland.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La « balle magique », retrouvée sur une civière à l’hôpital Parkland.

Photo : La Presse canadienne / AP/Commission Warren

2. Plusieurs témoins rapportent avoir entendu plus que trois coups de feu. D'autres soutiennent que les coups de feu provenaient du tertre gazonné à droite du cortège présidentiel. Les gardes du corps ont raconté avoir eu l'impression que les balles qui ont touché le président venaient de sa droite et non de l'arrière, où se trouve l'immeuble d'où aurait tiré Oswald.

Selon une autre théorie, reprise dans un livre et un documentaire, la troisième balle a été tiré par un agent des services secrets, George Hickey, assis dans le véhicule qui suivait la limousine présidentielle et qui aurait déclenché son arme accidentellement, blessant le président.

3. Des médecins qui ont tenté de ranimer Kennedy à l'hôpital Parkland, à Dallas, ont affirmé qu'il présentait une blessure majeure au côté droit de la tête.

L'un d'entre eux, Charles Crenshaw, a soutenu qu'il était évident que Kennedy avait été touché par deux projectiles tirés de face. Selon lui, le cadavre du président a été modifié avant l'autopsie, qui a été pratiquée à l'hôpital naval de Bethesda, près de Washington, pour laisser croire que les balles sont entrées par derrière.

La partie arrière de la tête aurait été reconstituée et la blessure à la gorge, élargie. Qui plus est, le cerveau de JFK, rangé dans une boîte métallique dans les archives, a mystérieusement disparu, ainsi que les radiographies, plusieurs photos et des prélèvements de tissus. Il n'a jamais été retrouvé.

La commission de 1979 a critiqué le travail des médecins responsables de l'autopsie, notamment parce qu'ils n'avaient pas toutes les compétences nécessaires pour examiner une personne tuée par balle, n'ont pas reconstruit le crâne et ont omis certaines vérifications.

Un vendeur tient une publication intitulée « JFK : la preuve du complot », le 8 novembre 2003, au centre-ville de Dallas.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Un vendeur tient une publication intitulée « JFK : la preuve du complot », le 8 novembre 2003, au centre-ville de Dallas.

Photo : La Presse canadienne / AP/Donna McWilliam

4. Plusieurs s'interrogent aussi sur le fait que des tests à la paraffine auxquels Oswald s'est soumis après son arrestation n'ont révélé aucune trace de poudre, ce qui tendrait à démontrer qu'il n'avait pas utilisé une arme ce jour-là. Le FBI a également tardé à trouver ses empreintes sur le fusil. Ce n'est qu'après l'avoir envoyé à Washington, et une fois Oswald mort, qu'elles ont été découvertes.

Qui voulait tuer Kennedy?

Ces éléments alimentent diverses théories mettant en cause toutes sortes d'acteurs. Selon les conspirationnistes, voici quelques personnes qui pouvaient souhaiter la mort de Kennedy :

  • Fidel Castro. Au cours de sa présidence, Kennedy aurait autorisé plusieurs tentatives d'assassinat contre le président cubain, dans lesquelles son frère Robert, le ministre de la Justice, aurait été très impliqué. Fidel Castro aurait donc voulu se venger.
  • La mafia de Chicago. Le rôle joué par Jack Ruby, un gangster notoire, conforte les partisans de cette hypothèse. Ils pensent que les chefs mafieux en voulaient à Kennedy, qu'ils avaient contribué à faire élire, et qui maintenant leur serrait la vis. Robert Kennedy menait une croisade contre les organisations criminelles, notamment contre Sam Giancana, Carlos Marcello et Santo Trafficante Jr.
  • L'URSS. Lee Harvey Oswald a vécu trois ans en Union soviétique, il était d'ailleurs marié avec une Russe et se déclarait marxiste.
  • Les exilés cubains. Les anticastristes ne lui auraient pas pardonné l'échec de l'invasion de la baie des Cochons, en 1961, qui a entraîné la mort d'une centaine d'entre eux.
  • Le complexe militaro-industriel. La droite redoutait un désengagement américain du Vietnam et reprochait au président sa proximité avec le mouvement des droits civiques.
  • Lyndon B. Johnson, de mèche avec les pétroliers texans. Le vice-président, sur qui pesaient des soupçons de corruption, avait organisé la tournée de Kennedy au Texas, d'où il était lui-même originaire. Selon cette thèse, c'est Malcolm « Mac » Wallace, un proche de Johnson, qui aurait tiré sur John Kennedy.
  • LA CIA. Les responsables de l'agence de renseignements en auraient voulu à Kennedy pour la tentative ratée de la baie des Cochons. Le directeur de l'Agence, Allen Dulles, avait été renvoyé par Kennedy et aurait cherché à se venger. Il a ensuite été nommé par Johnson à la commission d'enquête Warren chargée de faire la lumière sur l'assassinat.
Fidel Castro, premier secrétaire du Parti communiste cubain, avec le dirigeant soviétique Nikita Khrouchtchev, à Moscou, le 6 mai 1963.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Fidel Castro, premier secrétaire du Parti communiste cubain, avec le dirigeant soviétique Nikita Khrouchtchev, à Moscou, le 6 mai 1963.

Photo : AFP / TASS

La commission Warren

Le 29 novembre 1963, le nouveau président Lyndon B. Johnson crée une commission d'enquête spéciale, dirigée par le juge en chef de la Cour suprême, Earl Warren, pour tenter d'élucider les circonstances de l'assassinat de John F. Kennedy.

Les six autres membres de la commission sont Richard B. Russell, sénateur démocrate de la Georgie, John Sherman Cooper, sénateur républicain du Kentucky, Hale Boggs, sénateur démocrate de la Louisiane, Gerald Ford, républicain et futur président des États-Unis, Allen Dulles, ancien directeur de la CIA, et John J. McCloy, banquier et conseiller en désarmement du président Kennedy.

La commission Warren remet au président son rapport de 888 pages le 24 septembre 1964. Elle conclut que c'est Lee Harvey Oswald qui a tué le président Kennedy.

« Il est indiscutable [...] que tous les coups de feu qui ont occasionné les blessures du président Kennedy et du gouverneur Connally ont été tirés depuis la fenêtre du sixième étage du Texas School Book Depository. »

— Une citation de  Auteur

La commission dit n'avoir trouvé « aucune preuve » qui accréditerait la thèse d'un complot et s'emploie à démolir les ouï-dire et les spéculations sur les circonstances de l'attentat.

Elle écarte toutefois les éléments et les témoignages qui n'appuient pas sa version sans tenter d'explication. Les incohérences du rapport conduisent à de nombreuses enquêtes dans les années suivantes et contribuent à la prolifération de théories remettant en question la version officielle.

Commission sur les assassinats de la Chambre des représentants

Rencontre des membres de la Commission sur les assassinats de la Chambre des représentants, le 22 décembre 1978.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Rencontre des membres de la Commission sur les assassinats de la Chambre des représentants, le 22 décembre 1978.

Photo : Dennis Cook

Invitée à se pencher à nouveau sur l'assassinat du président Kennedy, suite aux pressions de l'opinion publique, une commission du Congrès conclut, en 1979, qu'Oswald a bel et bien tué Kennedy, mais qu'il n'était pas seul.

La commission déduit, sur la base d'un enregistrement audio, que quatre coups de feu ont été tirés. La quatrième balle, qui provenait du talus herbeux à l'avant de la limousine présidentielle, aurait manqué son but.

« La commission croit [...] que le président John F. Kennedy a probablement été assassiné à la suite d'un complot. La commission est incapable d'identifier l'autre tireur ou l'ampleur du complot. »

— Une citation de  Extrait du rapport

Sans identifier les coupables, la commission exclut la CIA, le FBI et les services secrets, et prétend que les gouvernements cubains et russes, tout comme les groupes anticastristes aux États-Unis, ne sont pas impliqués. Elle blâme les services secrets qui n'ont pas protégé adéquatement le président.

Au début des années 80, une analyse de l'enregistrement utilisé par la commission du Congrès conclut qu'il n'est pas fiable et réfute la validité des résultats. En 1988, le département de la Justice clôt l'enquête et affirme qu'il n'y a pas de preuve convaincante de l'existence d'un complot.

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