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Traitement de l'hyperactivité : mise en garde

Ritalin
Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2013 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La définition étendue de l'hyperactivité et des troubles du déficit d'attention chez les enfants risque de conduire à un surdiagnostic et à un surtraitement qui peut être dangereux, préviennent des experts dans un article publié dans le British Medical Journal.

Cette mise en garde intervient alors que le nombre de personnes traitées pour ces troubles a très fortement augmenté ces dernières années dans la plupart des pays occidentaux.

À travers le monde

Selon les auteurs de l'étude, le nombre de diagnostics a doublé chez les enfants et quadruplé chez les adolescents au Royaume-Uni entre 2003 et 2008, et a augmenté de 73 % en Australie entre 2000 et 2011.

Il a également doublé aux Pays-Bas entre 2003 et 2007 et augmenté de façon continue aux États-Unis entre 1996 et 2008, particulièrement chez les adolescents de 13 à 18 ans.

Un traitement aux effets méconnus

Les troubles du déficit d'attention sont largement traités avec le méthylphénidate (Ritaline, Concerta, Quasym...), un médicament proche des amphétamines, dont les effets à long terme restent mal connus.

Il pourrait, notent les auteurs, avoir un effet toxique sur le foie et engendrer des pensées suicidaires, de l'anorexie, et provoquer des retards de croissance au moment de la puberté.

Un diagnostic large

Peu de patients souffrent d'un déficit de l'attention avec hyperactivité (ou TDAH) sévère. Par exemple, ils représentent moins de 14 % des cas aux États-Unis. La plupart d'entre eux souffrent d'un TDAH « léger ou modéré », dont la définition a évolué ces dernières années pour inclure de plus en plus de cas.

« Ces changements sont préoccupants parce qu'ils augmentent le risque de confondre des cas de TDAH avec des processus de développement normaux, tels que l'agitation ou un manque de concentration dus à la puberté. »

— Une citation de  Rae Thomas, coauteure

Le saviez-vous?
Au Québec, la consommation de Ritalin connaît une croissance importante depuis les années 90. Selon la Régie de l'assurance maladie du Québec, entre 1997 et 2007, le nombre de personnes qui prennent du Ritalin est passé de 13 700 à 26 700.

Certains professionnels de la santé s'inquiètent du risque de dépendance chez l'humain, d'autant plus qu'il vient d'être démontré chez le rat.

Une récente étude montre en effet que l'administration de méthylphénidate aux rongeurs provoquait une augmentation de l'activité de la dopamine, un neurotransmetteur directement impliqué dans les comportements de dépendance, et que celle-ci était liée à une plus grande dépendance face à la molécule ainsi qu'aux amphétamines.

Les auteurs estiment donc que d'autres recherches doivent encore être effectuées sur l'homme pour confirmer ce résultat.

Avec les informations de Agence France-Presse

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