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Gaz de schiste : la Pennsylvanie se diversifie

Les Américains sont victimes de leur succès
Radio-Canada

L'exploitation du gaz de schiste a eu des retombées importantes en Pennsylvanie. Les prix se sont écroulés, mais l'État diversifie son utilisation de cette source d'énergie.

Le producteur laitier et préfet du comté de Tioga, Erick Coolidge, a un puits de gaz de schiste sur sa propriété. Il affirme que cette ressource va permettre aux prochaines générations de faire des choix que la sienne n'a pas eus. Il ajoute qu'il allait vendre la ferme pour financer sa retraite, mais qu'il n'a plus à le faire.

Ce puits est encore inactif et il ne sera en production que dans quatre à cinq ans. « C'est le prix qui va décider, ajoute M. Coolidge, si le prix du gaz remonte, les entreprises reviendront. »

Les Américains sont victimes de leur succès. Avec 7200 puits de gaz de schiste en Pennsylvanie seulement depuis 2008, ils ont produit plus de gaz qu'ils sont capables d'en vendre. Les prix se sont donc écroulés en cinq ans, passant d'environ 10 $ à 3 $ par 10 000 millions d'unités thermiques britanniques.

Le sénateur pennsylvanien Gene Yaw affirme que beaucoup de puits ont été forés et qu'ils n'ont pas été mis en production. Le réseau pipelinier et la capacité de stockage sont pleins, précise-t-il.

Le sénateur représente le nord-est de l'État. Près de la moitié des puits se trouvent dans ces comtés. M. Yaw affirme qu'il faut trouver un marché pour le gaz de cette région et qu'il se fait de la recherche actuellement pour développer le marché des stations distributrices de gaz.

Du gaz pour le transport et le chauffage

Daren Pysagr, résident de Williamsport, fait le plein avec du gaz de schiste provenant du gisement Marcellus. Il explique que cela coûte beaucoup moins cher que le pétrole. Avec 10 $, dit-il, il parcourt 225 km. C'est environ la moitié d'un plein. Il dit croire que l'on va voir de plus de ces stations distributrices de gaz.

Tom Murphy, codirecteur du centre de recherche Marcellus de l'Université de Pennsylvanie, explique que l'on compte de 30 à 40 stations distributrices de gaz à l'heure actuelle. Elles sont utilisées pour les voitures, les camions et la machinerie. Il y a aussi deux projets de centrales électriques qui reposeront sur le gaz qui proviendra du gisement Marcellus, souligne-t-il. L'investissement s'élèverait à 850 millions dollars pour chacun d'eux.

À l'Université de la Pennsylvanie, les bus utilisent le gaz de schiste extrait dans l'État. Selon l'économiste Tim Kelsey, le véritable développement est celui qui restera après le boom gazier. Il recommande la création d'un fonds pour les prochaines générations, de la diversification et de la valeur ajoutée. Des provinces comme le Nouveau-Brunswick, dit-il, doivent penser tout de suite à la façon dont elles veulent développer l'industrie du gaz et utiliser ses retombées à long terme.

PennsylvanieUne station distributrice de gaz pour le transport, en Pennsylvanie Photo : Nicolas Steinbach/Radio-Canada

On observe un nombre record de propriétaires qui convertissent leur maison au gaz pour le chauffage, ajoute Tom Murphy. C'est trois fois moins cher de chauffer au gaz, avec le prix actuel, qu'avec le pétrole.

Le sénateur Gene Yaw précise qu'à l'heure actuelle, seulement la moitié de la population de l'État peut bénéficier du gaz. Il veut agrandir le réseau pipelinier.

Terry Engelder est l'un des premiers intervenants à avoir calculé le potentiel du gisement Marcellus. Selon lui, construire des ports qui serviraient à l'exportation du gaz naturel liquéfié en Asie, où le prix du gaz est trois fois plus élevé, va changer la donne et faire monter les prix.

Cette course contre la montre a d'ailleurs commencé. Aux États-Unis, une dizaine de projets sont déposés pour convertir des ports d'importation de gaz naturel liquéfié en port d'exportation. Trois projets de plusieurs milliards de dollars sont aussi à l'étude à Saint-Jean, au Nouveau-Brunswick, ainsi qu'à Goldsboro et Guysborough, en Nouvelle-Écosse. Sur la côte ouest, on compte six projets d'usine de liquéfaction de gaz de schiste. Le premier est approuvé et il devrait être opérationnel à Kitimat en 2015. L'usine de Kitimat à elle seule pourrait rapporter 90 millions de dollars par an.

En attendant la remontée des prix, Erick Coolidge, comme des dizaines d'autres propriétaires terriens de la Pennsylvanie, se tient prêt. Il dispose d'un bassin de rétention, d'une plateforme et d'un puits. Il ne manque que le pipeline pour commencer.

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