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Prostitution : des tournées au Bas-Saint-Laurent

Prostitution: une réalité au Bas St-Laurent
Radio-Canada

Sujet tabou, sujet caché, la prostitution dans les régions comme le Bas-Saint-Laurent, la Gaspésie, les Îles-de-la-Madeleine ou la Côte-Nord est bel et bien une réalité de chair et d'argent, multiforme, loin de celle plus visible des trottoirs urbains.

Les intervenants des services sociaux et communautaires rapportent la présence de proxénètes qui recrutent sur Internet et dans les bars, d'autres parlent de petits réseaux discrets.

Toutefois, la majorité des travailleurs et des travailleuses du sexe de l'Est-du-Québec ne feraient pas partie d'un réseau organisé.  Plusieurs sont de passage pour quelques jours seulement en région pour y rencontrer une clientèle souvent contactée sur Internet. 

C'est le cas de Marie-Ève, prostituée depuis sept ans, qui vit à Québec. Depuis l'été, elle se rend à Rivière-du-Loup afin d'y vendre des services sexuels. La journaliste Julie Tremblay l'a rencontrée.

Comment êtes-vous devenue prostituée?
Je faisais énormément de rencontres et je n'avais pas de boulot. Il y a quelqu'un qui m'a dit pourquoi tu ne fais pas ça? Je ne me sentais pas à l'aise au début. Mais c'était très payant, très, très payant. Tu te sors 2000 $, 3000 $ par semaine. Ça commence à être intéressant.

Est-ce que vous venez souvent à Rivière-du-Loup?
C'est la quatrième fois que je viens. Jusqu'à maintenant, ce sont de belles fins de semaine. C'est très payant. Savoir si je vais continuer, je ne le sais pas. L'hiver s'en vient. Je ne suis pas d'ici. Il y a les routes, des tempêtes qui peuvent arriver du jour au lendemain. Mais j'ai aimé l'expérience de venir ici, j'ai quand même une bonne clientèle. Vraiment. J'ai quelques clients réguliers qui se sont installés, qui m'appellent pour me demander quand je viens.

ProstitutionMarie-Ève se rend une fois par mois à Rivière-du-Loup

Comment avez-vous décidé de venir à Rivière-du-Loup?
Au départ, c'est un contact sur Internet qui m'a amenée ici. La personne m'a abordée. Il m'a dit pourquoi tu ne viens pas à Rivière-du-Loup, il y a beaucoup de monde que je connais qui aimerait ça en avoir. J'ai hésité un certain temps. Puis, j'ai mis des annonces sur Internet pour commencer. J'ai eu des réponses. J'ai publié une annonce dans le journal Le Portage.

La première fin de semaine, le premier vendredi, je dirais que ça se croisait quasiment dans la porte. C'était épouvantable. Grosse fin de semaine. Depuis ce temps-là, c'est quand même des fins de semaine assez achalandées.

Une fin de semaine à Rivière-du-Loup peut rapporter combien?
1600 $ pour deux jours.

Votre clientèle? Est-ce que vous avez une clientèle assez régulière?
Juste des hommes. Du monde de la place, des alentours. Je sais qu'il y a une autre fille qui vient, mais durant la semaine, du mercredi au vendredi.

J'ai quelques clients réguliers, mais me fier à ces clients-là? Je ne sais pas. Ça varie beaucoup. J'en ai quelques-uns qui reviennent chaque fois, ou presque, mais ce n'est pas assez. Là, je viens une fois par mois. Je trouve que c'est correct. Plus que ça, je ne sais pas si ça marcherait.

Vous avez déjà travaillé dans une agence, pourquoi êtes-vous devenue travailleuse autonome?
Dans une agence, première des choses, ils t'enlèvent la moitié du montant que tu fais. Il faut que la fille charge énormément d'extras pour réussir à se sortir un bon salaire.

Ils ne sont pas corrects dans la description des filles. Ils vont changer énormément l'âge, la taille de la personne. Quand tu es nouvelle dans une agence, ils vont passer davantage ceux qui sont déjà là que les nouvelles.

C'est plus straight. Tu rentres dans la chambre, le temps commence à compter à la minute jusqu'à l'autre minute. Si tu n'es pas sortie, ça cogne à la porte. Je ne suis pas aux cinq minutes près.

Est-ce que c'est dangereux?
Quand tu es toute seule, t'essaies d'éviter les drogues, c'est ta sécurité. Si tu consommes, je ne suis pas certaine que tu puisses te sécuriser.

Quand tu ne connais pas ça, que tu n'as jamais consommé, ce n'est pas facile. 
Ça ne me dérange pas que t'en prennes, mais moi je ne consomme pas.

Qu'est-ce qui vous pousse à continuer?
L'argent facile, c'est vraiment juste ça. Sinon, j'arrêterais. J'ai quand même une certaine clientèle établie à Québec. Il y a des gens qui me suivent depuis sept ans. Le monde le voit, quand tu donnes un bon service, ça leur donne le goût de revenir.

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