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Augmentation de l'islamophobie, selon des groupes musulmans

Les représentants du Conseil musulman de Montréal et le Collectif québécois contre l'islamophobie en compagnie de Me Julius Grey.

Les représentants du Conseil musulman de Montréal et le Collectif québécois contre l'islamophobie en compagnie de Me Julius Grey.

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2013 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le Conseil musulman de Montréal et le Collectif québécois contre l'islamophobie dénoncent une augmentation importante des attaques contre la communauté musulmane au Québec depuis le lancement du débat sur le projet de charte des valeurs québécoises par le gouvernement de Pauline Marois.

Selon Adil Charkaoui, du Collectif québécois contre l'islamophobie, le nombre de plaintes déposées auprès de l'organisme pour dénoncer des actes, des agressions physiques ou des propos islamophobes a significativement augmenté au Québec ces derniers mois. Pour la période allant du 15 septembre au 15 octobre dernier, le Collectif affirme avoir reçu 117 plaintes, dont 114 concernaient des femmes contre 3 seulement qui visaient des hommes.

À titre de comparaison, le Collectif n'a enregistré que 25 plaintes pour islamophobie entre le 1er janvier et le 31 juillet dernier. Ce qui représente en moyenne 3,5 plaintes par mois, précise Adil Charkaoui. Ce qui est très peu comparativement aux 117 plaintes déposées de la mi-septembre à la mi-octobre, ajoute-t-il.

« J'ai des cas de femmes à qui on a arraché le foulard, le voile, devant leurs enfants. Une femme a reçu un coup de genou à sa poitrine. J'ai des personnes qui ont été licenciées, limogées, parce qu'elles ont dit sur leur lieu de travail qu'elles étaient contre la charte. »

— Une citation de  Adil Charkaoui, Collectif québécois contre l'islamophobie

Pour présenter leurs doléances, les deux groupes étaient accompagnés du constitutionnaliste Julius Grey, reconnu pour avoir défendu plusieurs causes concernant les droits de la personne.

L'avocat a fait valoir que l'islam était une religion qui comportait une infime minorité de fanatiques et des éléments de doctrine contestables, comme toutes les religions, mais que, dans l'ensemble, son apport à l'humanité dans l'histoire était inestimable.

Me Grey a cependant tenu à placer la situation québécoise en perspective, indiquant que l'islamophobie avait remplacé l'antisémitisme et ce, dans tous les pays occidentaux. « C'est une erreur de penser que nos médias sont pires que les médias d'un autre endroit ou que notre gouvernement est pire. Ce n'est pas vrai », a-t-il précisé.

« Je suis convaincu, par exemple, que notre gouvernement n'est pas islamophobe. C'est dans la société qu'il y a des attitudes [...] qu'il faut combattre. C'est une erreur de penser que le Québec est pire que les autres endroits. Pas du tout. »

— Une citation de  Me Julius Grey

Québec et certains médias montrés du doigt

Le Conseil musulman de Montréal et le Collectif québécois contre l'islamophobie accusent le gouvernement du Québec d'attiser les tensions et de ne pas jouer son rôle de protection des minorités au sein de la population.

« Le Collectif québécois contre l'islamophobie, qui était inconnu il y a quelques mois, reçoit aujourd'hui des plaintes de Gatineau, de Sherbrooke, de Saguenay, de Québec, même des régions. À Montréal c'est pire. Plusieurs vidéos circulent d'attaques islamophobes dans des Tim Hortons, dans des métros, dans des bus... »

— Une citation de  Adil Charkaoui, Collectif québécois contre l'islamophobie

Selon M. Charkaoui, cette flambée de l'islamophobie est alimentée par le débat sur la Charte des valeurs québécoises lancé par le gouvernement québécois. Il dénonce également de nombreux dérapages et propos vindicatifs proférés contre les musulmans dans certains médias privés québécois.

À ce chapitre, le Collectif québécois contre l'islamophobie a reçu 146 plaintes pour dénoncer des propos islamophobes. Selon Adil Charkaoui, à eux seuls, les journalistes et animateurs Richard Martineau, Benoit Dutrizac et Paul Arcand sont l'objet de la majorité de ces plaintes.

Les deux organismes promettent des poursuites devant les tribunaux contre les auteurs de ces actes et les journalistes qui ont multiplié, selon eux, les attaques islamophobes dans leur média respectif.

La charte des valeurs, un débat de société
Avec les informations de La Presse canadienne

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