•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Denis Coderre, 44e maire de Montréal

Les explications de Caroline Belley

L'ex-député libéral Denis Coderre est devenu dimanche soir le nouveau maire de Montréal en raflant 32 % du vote, contre 26,5 % pour sa plus proche rivale, Mélanie Joly, du Vrai Changement pour Montréal.

Le chef de Projet Montréal, Richard Bergeron, arrive en troisième place avec 25,7 % des voix, et Marcel Côté, de Coalition Montréal, termine la course avec 12,8 % des voix.

Denis Coderre devient par cette élection le quatrième maire de Montréal cette année après Gérald Tremblay, Michael Applebaum et Laurent Blanchard. Il est aussi le 44e maire de Montréal.

Discours de Denis Coderre

Devant ses partisans en liesse, Denis Coderre a prononcé un discours unificateur, où il a tendu la main à tous ceux et celles qui voudront oeuvrer avec son Équipe pour rendre à Montréal ses lettres de noblesse.

Montréal a besoin de se retrouver. Montréal a besoin d'avoir des hommes et des femmes qui ne seront pas dédiés dans une foulée partisane, mais dans la reconstruction de ce lien de confiance et de faire en sorte que Montréal puisse rayonner à nouveau.

Denis Coderre, maire de Montréal

Assurant avoir déjà parlé à certains ministres et à certains maires, Denis Coderre a affirmé leur avoir fait part de sa volonté d'assumer son leadership autant à Montréal que sur la scène régionale.

Le nouveau maire a poursuivi en déclarant que Montréal est une grande métropole, incontournable, et que ses citoyens allaient désormais se faire respecter comme tels.
Denis Coderre a enfin invité tous les citoyens qui ont leur ville à cœur et les employés de la Ville à travailler de concert avec son équipe à la réussite de la métropole.

Montréal deviendra par notre technologie [...] une ville intelligente, mais Montréal sera également une ville honnête.

Denis Coderre, maire de Montréal

Mélanie Joly là pour rester

Discours de Mélanie Joly

Joly bonne perdante

Loin d'être abattue par la victoire d'Équipe Coderre, Mélanie Joly s'est présentée tout sourire devant ses partisans réunis au Théâtre Plaza dans une ambiance festive où on célébrait la performance du Vrai changement pour Montréal, qui termine cette longue course à la mairie en deuxième place.

Enthousiaste et visiblement fière du travail accompli, Mélanie Joly, dont la colistière, Marie-Claude Johnson, n'a pas été élue dans l'arrondissement Côte-des-Neiges-Notre-Dame-de-Grâce, a expliqué qu'elle ne pourra pas siéger au conseil municipal, mais qu'elle comptait se présenter dès la prochaine élection d'un conseiller de ville pour tenter de faire son entrée à l'hôtel de ville.

Montréalais, nous avons entendu votre désir de changement et soyez assurés que je suis là pour rester! Pour continuer à incarner ce vrai changement pour Montréal et je m'engage d'ailleurs à me présenter au premier poste de conseiller de ville qui sera disponible.

Mélanie Joly, chef du Vrai changement pour Montréal

Richard Bergeron réfléchit à son avenir

Discours de Richard Bergeron

Dans un discours assez court, Richard Bergeron a souligné que Projet Montréal devenait l'opposition officielle à l'hôtel de ville. Il a tendu la main à Denis Coderre pour relancer Montréal.

« Nous ne serons pas une opposition d'opposition, puisque c'est stérile », a-t-il dit. Si M. Coderre veut aller dans le bon sens, nous l'aiderons à réaliser des projets ».

M. Bergeron, qui en était à sa troisième campagne électorale à la mairie, n'a pas encore décidé de son avenir politique. « J'ai gagné par une très courte avance par le biais de ma colistière dans Saint-Jacques. Pour ce soir, je n'en dis pas plus ».

Il a conclu en disant qu'il réfléchirait à toutes les options et qu'il en discuterait avec sa colistière, Janine Krieber. Sa décision sera connue d'ici 12 jours.

Marcel Côté positif malgré tout

Discours de Marcel Côté

Dans un discours sans amertume, le chef de Coalition Montréal, Marcel Côté, a remercié ses partisans et son équipe sans aborder la victoire de son adversaire Denis Coderre. Se contentant de saluer le travail et le courage de tous ceux et celles qui se sont présentés, tous partis confondus, Marcel Côté n'a exprimé aucun regret et s'est dit malgré tout satisfait du travail accompli.

Je reste convaincu que Montréal a besoin d'une véritable révolution tranquille. Montréal doit se réformer jusque dans ses racines.

Marcel Côté, chef de Coalition Montréal

Son colistier ayant été battu dans l'arrondissement Côte-des-Neiges-Notre-Dame-de-Grâce, Marcel Côté ne pourra pas siéger à l'hôtel de ville.

La soirée a été particulièrement difficile pour Coalition Montréal. Le maire sortant, Laurent Blanchard, a notamment été battu dans le district Hochelaga, où il briguait un poste de conseiller de ville.

Même l'ancienne ministre Louise Harel, qui avait tenté sa chance à la mairie en 2009, a été défaite par la candidate de Projet Montréal dans le district Sainte-Marie (arrondissement de Ville-Marie), où elle tentait d'être élue conseillère. Mme Harel, qui devait se présenter à la mairie comme chef du parti Vision Montréal, avait fait le choix de céder sa place à Marcel Côté et de fonder avec lui le nouveau parti Coalition Montréal, dont l'avenir est aujourd'hui incertain.

L'autre cofondateur du parti, Marvin Rotrand, a néanmoins été réélu comme conseiller dans le district Snowdon.

La majorité échappe à Coderre

Denis Coderre ne pourra toutefois pas nécessairement compter sur une majorité au conseil municipal, puisque seulement 28 des membres de son parti y siégeront, contre 20 pour Projet Montréal, 6 pour Coalition Montréal, 3 pour Le Vrai changement à Montréal et 8 indépendants.

Or, les 8 indépendants, issus de formations politiques locales dans les arrondissements d'Anjou, d'Outremont, de LaSalle et de Lachine, sont assez proches de Denis Coderre et pourraient l'aider à gouverner.

Le conseil municipal compte 65 sièges. Il faut donc au moins 33 élus pour former une majorité.

La main mise sur les arrondissements

C'est également l'Équipe Denis Coderre qui devrait contrôler le plus grand nombre de mairies d'arrondissement, mais encore là, il n'aura pas carte blanche.

M. Coderre pourra compter sur huit arrondissements, soit Ahuntsic-Cartierville (Pierre Gagnier), Montréal-Nord (Gilles Deguire), Pierrefonds-Roxboro (Dimitrios Beis), Rivières-des-Prairies-Pointe-aux-Trembles (Chantal Rouleau), Saint-Léonard (Michel Bissonnet), Verdun (Jean-François Parenteau) et Villeray-Saint-Michel-Parc-Extenstion (Anie Samson).

Anjou (Luis Miranda), Outremont (Marie Cinq-Mars), LaSalle (Manon Barbe) et Lachine (Claude Dauphin) seront dirigés par des maires indépendants.

Coalition Montréal a gardé la main sur Mercier-Hochelaga-Maisonneuve (Réal Ménard), mais elle a aussi gagné dans Côte-des-Neiges-Notre-Dame-de-Grâce (Russell Copeman), l'arrondissement le plus populeux de la ville. Son candidat dans le Sud-Ouest, Benoît Dorais, pourrait également être réélu lorsque le comptage sera terminé; après le dépouillement de 203 boîtes sur 224, il n'avait que 8 voix d'avance sur son adversaire Jason Prince, de Projet Montréal.

Projet Montréal a réussi à conserver le Plateau-Mont-Royal (Luc Ferrandez) et Rosemont-La Petite-Patrie (François Croteau). Il a toutefois réussi à faire élire des conseillers dans plusieurs arrondissements où il n'était pas présent avant le 3 novembre, comme Outremont et Verdun.

Enfin, Le Vrai changement pour Montréal contrôlera la mairie de l'Île-Bizard-Sainte-Geneviève grâce à Normand Marinacci.

Luc Ferrandez, maire réélu sur le Plateau Mont-Royal

Grand Montréal

Politique