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La mastectomie préventive, un choix douloureux et très personnel

Nancy Poirier (à dr.) et sa mère Sylvette Cyr, de Gatineau, sont toutes deux porteuses du gène BRCA1 susceptible de causer un cancer du sein.
Radio-Canada

Cette semaine seulement, plus de 450 Canadiennes vont apprendre qu'elles sont atteintes du cancer du sein. Une femme sur neuf va en effet développer cette maladie au cours de sa vie. Certaines, qui sont particulièrement à risque, prennent les grands moyens pour l'éviter en choisissant la mastectomie préventive.

Nancy Poirier a subi l'ablation de ses deux seins à 35 ans, alors qu'elle était en parfaite santé. Cette travailleuse sociale de Gatineau était porteuse du gène responsable du cancer du sein, tout comme son arrière-grand-mère, sa grand-mère et sa mère.

« Comme au Monopoly, j'ai tourné une carte chance qui me dit : "Tu es porteuse du gène BRCA-1 et tes risques sont de 85 % à 90 % de développer un cancer du sein". Qu'est-ce que tu fais? », demande-t-elle.

Sa mère, qui a survécu à quatre cancers du sein, comprend la décision de sa fille. « Je n'aurais pas décidé pour elle. Mais c'est certain que si l'opportunité avait été là dans mon temps, je l'aurais prise », estime Sylvette Cyr.

Linda Morin d'Ottawa a écrit un livre pour raconter son expérience et aider les femmes qui traversent la même épreuve.Linda Morin d'Ottawa a écrit un livre pour raconter son expérience et aider les femmes qui traversent la même épreuve.

À Ottawa, Linda Morin a aussi choisi cette solution.

Après un diagnostic de cancer dans un sein, la mastectomie s'est imposée. Elle craignait que la maladie ne se propage et a réclamé l'ablation des deux seins.

« En dix jours, toute ma vie a changé », se rappelle-t-elle.

Il n'y a pas une femme au monde qui veut perdre ses seins. [...] La féminité est partie. Je ne veux pas les perdre, mais je ne veux pas mourir non plus.

Linda Morin

Si elle reconnaît avoir regretté sa décision dans les premiers temps après la chirurgie, elle est maintenant fière d'avoir vaincu le cancer et de voir grandir ses enfants, même si le cheminement ne fut pas facile.

« Pendant deux ans et demi, je ne me suis jamais regardée dans le miroir. J'avais honte de mon corps », note-t-elle.

La mastectomie reste un choix douloureux. Les deux femmes n'y sont pas allées de plein gré, mais elles ne regrettent pas leur décision. « Vivre et m'inquiéter chaque jour, je ne voulais pas vivre comme ça », conclut Linda Morin.

L'Hôpital d'Ottawa s'apprête à ouvrir une nouvelle clinique qui réduira le temps d'attente pour les femmes qui doivent subir une mastectomie préventive.

D'après le reportage de Pascale-Marie Dufour.

Pour en savoir plus sur la démarche de Linda Morin. (Nouvelle fenêtre)

Ottawa-Gatineau

Santé