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Exemption méconnue pour les travailleurs étrangers francophones 

Téléjournal/Midi, 29 avril 2010,

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2013 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le gouvernement canadien tente depuis quelques années d'encourager des travailleurs étrangers francophones à s'installer dans les communautés de langue officielle minoritaire hors du Québec. Il traite leur permis de travail d'une nouvelle façon.

D'habitude, le gouvernement n'accorde des permis de travail aux travailleurs étrangers temporaires que si l'employeur qui les fait venir peut démontrer qu'aucun citoyen canadien n'a pu pourvoir le poste.

Toutefois, les agents de l'immigration et des douanes qui traitent les permis disposent maintenant d'une nouvelle directive, le Bulletin opérationnel 429, ou « B.O. 429 ». Le B.O. 429 a la particularité d'être destiné uniquement aux immigrants francophones qui s'installent hors du Québec. Il a l'avantage d'éviter à un employeur la nécessité de prouver qu'aucun citoyen canadien n'a pu pourvoir le poste que vient occuper le travailleur étranger.

« Sa grande flexibilité, son grand avantage, c'est qu'il est dispensé de l'avis positif sur le marché du travail délivré par Service Canada, une procédure assez longue et coûteuse maintenant pour l'employeur », explique la conseillère en immigration Sophie Aubugeau.

Détenir une offre d'emploi

L'exemption vise les travailleurs recrutés par l'entremise des foires de l'emploi tenues par le gouvernement fédéral ou organisées conjointement avec les communautés minoritaires francophones. La condition pour obtenir un permis de travail temporaire est d'avoir en main une offre d'emploi pour un travail technique, spécialisé, en gestion ou de niveau professionnel.

Le poste n'a pas besoin d'exiger la connaissance du français, puisque selon le B.O. 429, « on s'attend à ce que le travailleur étranger temporaire participe à la société » francophone minoritaire.

Anthony Litaudon, citoyen français arrivé au Canada l'an dernier, peut maintenant rester deux ans de plus à Vancouver. « Mon patron [au Canada] voulait me garder », dit-il « Il m'a juste promu en tant que superviseur pour prouver que j'avais une offre d'emploi en rapport avec mon domaine de compétence », explique Anthony, qui a étudié la gestion et le marketing en France.

Renforcer le fait français en milieu minoritaire

La stratégie derrière ce nouveau permis est de favoriser la vitalité des communautés francophones minoritaires. Pour les immigrants, il permet de rester en sol canadien après l'expiration d'un permis délivré, par exemple, en vertu du Programme de vacances-travail (PVT).

En 2003, le gouvernement fédéral s'est donné un objectif ambitieux. Il prévoyait qu'en 2008, 4,4 % des immigrants à l'extérieur du Québec seraient francophones. Cependant, cet objectif n'a pas été atteint, et le fédéral a repoussé cette échéance à 2023.

Depuis janvier 2012, le fédéral a délivré plus de 500 de ces permis renouvelables, mais il se fait plutôt discret sur leur existence. « Sur le site de l'ambassade à Paris, ce n’est pas très mis de l'avant; donc les gens ne sont pas forcément informés par rapport à ça », témoigne Mme Aubugeau. Quatre-vingts francophones ont frappé à sa porte pour savoir comment obtenir le permis.

D'après un reportage de Samuel Danzon-Chambaud, à ne pas manquer au Téléjournal Colombie-Britannique/Yukon

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