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Alzheimer : l'histoire derrière le nom

Radio-Canada

Le neurologue et psychiatre allemand Aloïs Alzheimer décrivait il y a 107 ans ce qui constitue la base de nos connaissances sur la maladie qui porte aujourd'hui son nom.

C'était en 1906, lors de la 37e Conférence des psychiatres allemands. C'est le professeur Emil Kraepelin qui proposa par la suite de désigner ce type de démence par le nom de son collègue.

À l'époque, Alzheimer a mis en évidence, lors de l'autopsie d'une patiente, les deux types de lésions cérébrales caractéristiques de la maladie : dégénérescence fibrillaire et plaques séniles.

Aloïs AlzheimerAloïs Alzheimer

Dès lors, ce qui était jadis considéré comme de la « sénilité », et une partie normale du vieillissement, devenait une maladie distincte et l'une des principales préoccupations de la médecine contemporaine.

Chronologie d'une maladie

  • Ce n'est toutefois que dans les années 60 que l'ensemble de la communauté médicale reconnaît la maladie. C'est la découverte d'un lien entre la détérioration des fonctions cognitives et le nombre de plaques et d'écheveaux dans le cerveau qui amène les scientifiques à reconnaître la maladie d'Alzheimer en tant que maladie.
  • Les années 70 voient l'intérêt scientifique grandir. La maladie devient peu à peu un secteur d'intérêt pour les chercheurs.
  • En 1978, la Société Alzheimer du Canada voit le jour, et devient le premier organisme du genre au monde.
  • Dans les années 80, la recherche porte sur les plaques et les écheveaux. Les chercheurs examinent les interactions complexes qui détruisent les cellules nerveuses dans le cerveau de la personne atteinte de la maladie. Les conclusions de ces recherches ont contribué aux découvertes des années 1990 dans le domaine de la génétique.
  • Tôt dans les années 90, des équipes de scientifiques, comprenant plusieurs Canadiens, découvrent des liens génétiques à la maladie d'Alzheimer. Ces découvertes mènent à la création de souris génétiquement modifiées, qui permettent la réalisation d'essais jusque-là impossibles.
  • Il faut attendre en 1992 pour assister à une véritable percée. Un lien génétique de la maladie est alors identifié. Un gène muté est présent dans la majorité des cas de la forme familiale de la maladie d'Alzheimer, ce qui influe sur le risque pour une personne d'être atteinte de la maladie. Bien qu'il s'agisse d'une forme rare de la maladie (environ 7 % des cas de maladie d'Alzheimer), c'est une découverte importante.
  • Durant les années 90, d'autres liens génétiques sont découverts. Des scientifiques canadiens identifient le gène apoE dans le cerveau. Dès 1997, un premier traitement médicamenteux est disponible : l'Aricept entre alors dans le vocabulaire quotidien des personnes atteintes et de leurs proches.
  • Cet inhibiteur de la cholinestérase atténue, chez certaines personnes, les symptômes présents aux stades légers à modérés de la maladie d'Alzheimer. Suivront les Exelon et Reminyl dans les années suivantes.
  • En 1999, un premier vaccin est mis à l'essai sur des souris génétiquement modifiées. Les travaux de recherche sur les vaccins continuent d'être fort prometteurs.
  • Les années 2000 s'accompagnent de progrès technologiques dans le domaine de l'imagerie médicale, permettant aux chercheurs de mieux observer le cerveau vivant. Les images révèlent que des changements pourraient se produire bien avant que les symptômes de la maladie d'Alzheimer ne se manifestent.

Science