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  • Exclusif
  • Pipelines : plus d'une centaine de fuites en Ontario

    Tronçon rompu de la conduite de gaz naturel de TransCanada près de Beardmore dans le Nord de l'Ontario
    Tronçon rompu de la conduite de gaz naturel de TransCanada près de Beardmore dans le Nord de l'Ontario Photo: Bureau de la sécurité des transports
    Radio-Canada

    Le Bureau de la sécurité des transports (BTS) a répertorié 114 fuites entre 2003 et juin 2013 dans les pipelines qui traversent l'Ontario. Ces chiffres sont tirés d'une base de données de l'agence fédérale, obtenue par Radio-Canada.

    Les pipelines visés sont ceux qui sont sous l'autorité du gouvernement fédéral parce qu'ils traversent la frontière de la province.

    La majorité de ces fuites sont survenues dans un gazoduc appartenant à la compagnie TransCanada dans le nord de la province.

    Il s'agit du pipeline que la compagnie espère convertir et remettre à neuf pour y transporter du pétrole entre l'Alberta et le Nouveau-Brunswick quand se concrétisera le projet Énergie Est.

    Dans trois cas, des explosions de gaz naturel ont créé des cratères dans les forêts ontariennes.

    Ces fuites majeures ont eu lieu de 2009 à 2011 près de Marten River, Beardmore et d'Englehart.

    Photo aérienne après l'explosion d'un pipeline près d'Englehart en 2009Photo aérienne après l'explosion d'un pipeline près d'Englehart en 2009 Photo : Bureau de la sécurité des transports

    La fuite la plus importante est survenue en 2009 près d'Englehart, alors que près de 3,5 millions de mètres cubes de gaz ont été libérés dans l'atmosphère, l'équivalent de 1368 piscines olympiques de gaz.

    Le gaz qui s'échappait d'une rupture du gazoduc s'était enflammé, ce qui a causé l'explosion. Celle-ci a créé un grand cratère et deux tronçons de conduite se sont détachés du réseau, l'une d'entre elles étant projetée à environ 150 mètres du lieu de la rupture.

    Rapport d'enquête du BTS sur l'explosion près d'Englehart

    En février 2011, six personnes ont aussi dû être évacuées après une explosion qui a ensuite provoqué un incendie près de Beardmore.

    Projet d'oléoduc Énergie Est de la pétrolière TransCanadaProjet d'oléoduc Énergie Est de la pétrolière TransCanada Photo : © Radio-Canada

    Au total, entre janvier 2008 et juin 2013, TransCanada a rapporté au BST 86 fuites sur la portion du gazoduc qu'elle veut convertir pour transporter du pétrole.

    La plupart des fuites ont eu lieu en Ontario (50 fuites). Les autres sont survenues en Saskatchewan (16) et au Manitoba (18).

    La base de données du BST révèle aussi qu'à l'échelle du pays, 1171 fuites ont été rapportées dans les pipelines nationaux de 2003 à juin 2013.

    Les produits relâchés incluent du pétrole brut, du gaz naturel, du gaz liquéfié et des produits raffinés.

    L'oléoduc Énergie Est aurait une longueur de 4500 kilomètres et transporterait environ 1,1 million de barils de pétrole brut par jour de l'Alberta et de la Saskatchewan vers des raffineries de l'est du Canada, selon TransCanada. Pour ce faire, la compagnie doit convertir un gazoduc existant en pipeline, en plus de construire de nouveaux tronçons de pipeline en Alberta, en Saskatchewan, au Manitoba, dans l'est de l'Ontario, au Québec et au Nouveau-Brunswick.

    Vers une amélioration

    Plusieurs pensent maintenant que le pipeline, qui a été construit dans les années 1970, doit subir une cure de jeunesse.

    Le maire de Greenstone, Renald Beaulieu, venait d'être élu au moment de l'importante explosion survenue dans le secteur de Beardmore.

    « Oui, il y a eu un gros accident à Beardmore. J'aimerais, maintenant qu'on va faire des projets, que les lignes vont être réaménagées, qu'on va pouvoir faire sûr qu'elles sont plus sécuritaires, » explique-t-il en faisant référence au projet Énergie Est.

    L'expert en la matière à l'Université Queen's, Warren Mabee, ne s'inquiète pas outre mesure. « La plupart des fuites étaient mineures », note-t-il. « Mais ça souligne le fait que c'est une infrastructure vieillissante. »

    TransCanada, pour sa part, n'a pas encore répondu à nos demandes d'entrevue. La compagnie s'est cependant engagée à le faire d'ici peu et affirme qu'elle a à cœur la sécurité du public.

    *Un dossier d'Annie Poulin

    Ontario

    Énergies renouvelables