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Violence conjugale: une première maison de seconde étape au Bas-Saint-Laurent

Journée de commémoration et d'action pour contrer la violence envers les femmes

Journée de commémoration et d'action pour contrer la violence envers les femmes

Photo : iStock Photo

Radio-Canada

D'ici quelque mois, les femmes victimes de violence conjugale dans la MRC de la Matanie pourront bénéficier d'une ressource supplémentaire.

La maison L'Entre-temps, un immeuble de six logements à loyer modique, offrira des services de transition aux femmes et aux enfants qui ont besoin de rebâtir leur vie.

Les appartements abordables pour les familles sont une denrée rare. L'Entre-Temps permettra aux femmes qui quittent leur conjoint dans un moment de crise, de se reloger rapidement en payant un loyer équivalant à 25 % de leurs revenus. Les femmes pourront y demeurer jusqu'à un maximum de deux ans.

Les femmes de la maison d'hébergement La Gigogne de Matane portent ce projet depuis trois ans.

Toutefois, ce ne sont pas seulement des logements que souhaite offrir La Gigogne. Comme dans la plupart des maisons du genre, les femmes doivent adhérer à des règles de vie, explique la directrice de La Gigogne, Guylaine Fournier. « Il y a, dit-elle, un engagement qui va être collé avec ça. Je m'engage pendant deux ans à cheminer avec une intervenante pour me sortir de la situation où je suis. »

Le but visé est d'aider la femme à retrouver son autonomie.

Ce soutien est d'ailleurs déterminant. Sophie, un nom d'emprunt, a quitté son mari violent il y a deux ans. Divorce, perte de repères, du cercle social, des revenus : le changement de vie a été total. Elle l'avoue, sans aide, elle n'y serait pas parvenue. « C'est certain que j'aurais pu retourner dans ce milieu-là. Ce n'était pas un milieu qui me convenait du tout, ni à moi, ni à mes enfants. »

Entraide, soutien et sécurité

De retour sur les bancs d'école, Sophie s'en est sortie avec le soutien constant des intervenantes de La Gigogne, qu'elle a pu joindre nuit et jour dans les moments de doute. En raison de ses contraintes budgétaires, elle aurait bien aimé à l'époque disposer d'un logement à prix modique. Partager ses angoisses avec d'autres femmes dans la même situation l'aurait aidée, croit-elle. « J'aurais senti que je n'étais pas seule, explique Sophie, quelque part cela m'aurait poussée à avoir une motivation encore plus grande. »

L'histoire de chaque femme est unique, rappelle Guylaine Fournier, mais les besoins pour une maison de seconde étape sont bien présents.

Une femmeAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Un refuge pour femmes victimes de violence conjugale (archives).

De plus en plus, les plus jeunes femmes victimes de violence conjugales sont ce que Guylaine Fournier appelle des femmes multiéprouvées. « Souvent, précise Mme Fournier, cela peut faire partie des impacts que la violence a eus sur elle, faire des dépressions, prendre des médicaments, ou développer les mêmes habitudes que le conjoint aussi. »

D'autres vont prendre régulièrement des drogues ou de l'alcool. « Assez pour que cela cause des problèmes aux enfants, ce qu'on voyait peut-être moins il y a quelques années », ajoute Guylaine Fournier.

D'autres ont besoin d'un endroit où elles se sentiront en sécurité. En matière de violence conjugale, 45 % des plaintes pour agression rapportées par la police mettent en cause un ex-conjoint, souligne la directrice de La Gigogne.

Services similaires dans l'Est du Québec

Le Québec compte encore très peu de maisons de seconde étape. Onze maisons sont membres de l'Alliance des maisons d'hébergement de seconde étape (Nouvelle fenêtre), dont la maison L'Émergence à Maria, en Gaspésie, et la maison Anita-Lebel, à Baie-Comeau.

Les maisons membres de l'Alliance, réparties dans plusieurs régions du Québec, offrent au total 100 logements, ainsi que des services spécialisés en violence conjugale postséparation.

En général, les séjours durent un an environ. C'est le cas à L'Émergence, en Gaspésie, qui en plus du centre d'hébergement d'urgence, compte 11 logements de seconde étape depuis une dizaine d'années. Il s'agit d'une des premières maisons au Québec à offrir ce type de service. La responsable de L'Émergence et présidente de l'Alliance, Nancy Gough, indique que la Société d'habitation du Québec finance bien ce type de projet pour construire et équiper les installations. Toutefois, ajoute-t-elle, l'argent tarde à venir pour développer des ressources. Ainsi la plupart des maisons de seconde étape ne disposent d'aucun financement récurrent pour assurer leur fonctionnement.

La maison L'Émergence répond aux besoins de femmes de partout en Gaspésie, mais principalement de la Baie-des-Chaleurs en raison de sa localisation. Elle répond aussi parfois aux demandes d'aide de femmes de l'extérieur de la région.

Campagne Papillon

À quelques mois de concrétiser son projet, l'organisation de La Gigogne a besoin de 350 000 $ pour s'entendre avec la Société d'habitation du Québec.  La recherche de financement, qui est toujours en cours, a permis d'amasser jusqu'à maintenant 200 000 $. La caisse Desjardins de Matane a récemment donné 50 000 $ sur deux ans et la Ville de Matane a accordé un crédit de taxes de 35 ans.  L'objectif de cette campagne devrait être atteint d'ici un an, estime la responsable et présidente du conseil d'administration de la Gigogne, Mimi Lavoie.

La première pelletée de terre de la maison L'Entretemps devrait se faire au printemps 2014.

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